Franck Lutté : « Il n’y a pas d’adversaires de la réconciliation, mais des gens opposés sur les démarches devant y aboutir »

2041

Le président du mouvement diaspo pour la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire, Franck Lutté, a prononcé une conférence de presse, le vendredi 12 Janvier 2018, au siège de l’Agence Totem Communication à Cocody-Angré.

Il a partagé ses ambitions en faveur d’une Côte d’Ivoire réconciliée. Selon le natif de Duékoué, cela passe par des concessions mutuelles. Pour ce pro-Gbagbo, il y a eu des manquements de part et d’autre. C’est pourquoi, il a invité les Ivoiriens à fraterniser à nouveau, en faisant taire leur égo: « Il n’y a pas d’adversaires de la réconciliation en Côte d’Ivoire, il n’y a que des gens opposés à des démarches devant aboutir à la réconciliation. On ne fera pas la réconciliation avec des préalables en disant que tant que Paul n’a pas fait ceci, moi je ne fais pas cela, les préalables appartiennent aux syndicalistes. Nous faisons de la politique, et en politique on négocie. Je ne demande pas aux gens de venir demander pardon, on se pardonne parce que nous sommes tous victimes et tous coupables. Il n’y a pas quelqu’un qui ait fait plus mal que l’autre, il n’y a pas quel qu’un qui ait souffert de la crise que l’autre. (…) J’ai écouté les Ivoiriens, et je ne fais que porter leur ambition non dévoilée, ils ne demandent que le pardon(…). Il y’a un pouvoir en place, nous ne pourrions pas obtenir ce que nous voulons sans l’approbation de ce pouvoir. On ne peut pas dire qu’on obtient la libération parce que nous avons réclamé leur libération, non ! On doit les libérer parce que l’État de Côte d’Ivoire sera pour leur libération . On ne pourra rien faire sans l’État, mais l’État est incarné par un chef et ce chef c’est le président Alassane Ouattara », a-t-il souligné. Pour mener à bien son projet, l’ex-membre fondateur de la jeunesse du Pdci-Rda à Paris, veut croire à la bonne volonté des autorités actuelles. Au premier chef, le président de la République Alassane Ouattara pour faire mentir les pessimistes. « Les gens me disent, ‘‘mais Franck tu vas aller parler de réconciliation avec Ouattara, toi un homme de Gbagbo comme cela. Est-ce que le président Ouattara t’a dit qu’il est pour la réconciliation ? Parce que s’il est pour la réconciliation, il doit libérer les prisonniers’’. Je dis à tous mes amis que le président Ouattara est pour la réconciliation. Ce n’est pas dans son intérêt qu’il n’y ait pas de réconciliation en Côte d’Ivoire. Sinon au finish cela va lui ‘’peter’’ à la figure, donc il est pour la réconciliation mais comment y aboutir ? Est-ce avec les préalables qu’on va y arriver ? Moi je dis non. Nous devons aller vers les autres, c’est pourquoi je tends la main au pouvoir en place pour leur dire qu’il faut qu’on se pardonne », a-t-il plaidé.

La réconciliation en Côte d’Ivoire ne se limite pas à la crise au Fpi,

S’agissant de la crise au Fpi considérée un frein au processus de réconciliation, le conférencier a demandé de ne pas faire d’amalgame : « Le président Gbagbo est pour la paix, il est pour la réconciliation. Et la crise au Fpi est une crise de positionnement. Le président Gbagbo a d’autres soucis, il est en détention. Il y’a des gens qui croient que Gbagbo Laurent est dans un hôtel de quatre étoiles où ils vont le voir et prendre du café. (…) C’est la politique qui a envoyé Laurent Gbagbo en prison, et c’est la politique qui va le sortir de là. Ce n’est pas autre chose, donc que les gens acceptent qu’on se parle, qu’on se pardonne. Gbagbo a tort, Ouattara a tort et Bédié a tort donc on fait quoi alors ? Parce que ces trois ont à la fois raison et tort. Le peuple doit-il les accompagner dans cela ? Nous disons non ! La réconciliation en Côte d’Ivoire ne se limite pas à la crise au Fpi, la Côte d’Ivoire a d’autres problèmes ». Dans les jours à venir, Franck Lutté et ses camarades promettent aller écouter les différents protagonistes, et de sillonner les quatre coins du pays pour porter le message de pardon et de la réconciliation nationale.

TAB avec MS

PARTAGER