Cei : les révélations de Williams Ateby sur les propositions de l’opposition (Côte d’Ivoire)

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Dans le cadre de la rubrique « Le Rédacteur en chef de la semaine », de la version papier du quotidien « l’intelligent d’Abidjan », Williams Ateby, vice-président du Fpi, également représentant d’Affi N’guessan au sein de la plateforme de l’opposition, relativement à la question de la commission électorale indépendante, a fait des révélations sur la question. Extrait.

« La première chose, c’est que le pouvoir ou la coalition au pouvoir va designer ses représentants à la Cei. Certains disent 2, 3, pour comprendre que des gens seront issus du pouvoir ou de la coalition au pouvoir. L’opposition va designer ses représentants à la Cei. Est-ce les partis représentés à l’Assemblée nationale, ou est-ce les partis ayant déjà participé à une élection ? Mais, l’opposition aura ses représentants. La société civile aura ses représentants. Au sein de la société civile, il y aura une particularité pour les associations dirigées par les femmes. Elles auront leurs représentantes.

Il y a donc trois pieds : le pouvoir, l’opposition, la société civile. Ces trois entités vont faire partie de ce qu’on va appeler la Commission centrale de la Cei. C’est l’organe politique de la Cei. Elle va lancer un appel à candidature comme cela se fait. Elle définit le profil de la personne dont elle a besoin.

Quelqu’un qui est rompu aux questions de droit et d’administration, qui connaît le cadre électoral et institutionnel, qui a tel niveau de culture, qui n’a jamais été condamné, qui a encore ses droits civiques.

Il y a un profil qui est défini et on le remet à un cabinet pour dire qu’en Côte d’Ivoire, voilà le profil qu’on recherche. C’est diffusé partout et c’est précisé qu’il ne doit pas être issu d’un parti politique.

Moi, qui suis vice-président du Fpi, je ne peux pas faire acte de candidature. Ceux qui ne sont pas candidats pourront faire acte de candidature. Ils iront devant le cabinet pour entretien et test.

J’ai été Directeur d’Amnesty International en Côte d’Ivoire. Pour être recruté, on était une cinquantaine, chacun d’entre nous est passé devant un jury et c’est après qu’ils ont appelé pour dire monsieur Ateby, c’est vous qui avez été retenu. De 50, on est passé à 3. C’est le même processus sauf que cette personne qui est élue de cette façon-là, son indépendance sera de mise parce qu’elle ne devra à aucune formation politique sa présence à la tête de la structure. Cela ne s’arrête pas là.

Les grandes directions de la Cei, il y aura un secrétaire général, certains préfèrent un secrétaire exécutif qui va gérer l’administration, le personnel et qui est aussi recruté par appel à candidature et maintenant il y a tous les autres. Il y aura un responsable de liste électorale, peut-être un ingénieur-informaticien, un responsable du jour du scrutin, du fichier électoral, de la logistique.

Chaque département aura un responsable et ils seront tous recrutés par appel à candidature. C’est une administration qui sera dépolitisée en privilégiant la dimension, l’expérience technique et non des considérations politiques. Voilà, le schéma et la façon », a-t-il souligné.

L’ex député qui avait porté les habits de journaliste, et de rédacteur en chef s’est dit étonné que le gouvernement dise non à une telle proposition : « Cela veut dire même qu’un Ivoirien qui est aux États-Unis, qui a fait de grandes études, qui voit un tel profil et qui est intéressé, il peut venir à Abidjan pour postuler, être élu. Il sera plus facilement prouvé qu’il est à équidistance d’un parti politique que quelqu’un qui a eu un passé de militant dans un parti politique. Ces exemples ont payé ailleurs. Il n’y a pas d’institution qui soit en tant que tel universel.

En France, c’est le ministère de l’Intérieur qui organise les élections. Il n’y a pas de commission électorale, mais ils sont arrivés à un tel niveau que même quand le ministre de l’Intérieur est candidat, c’est lui-même qui annonce sa défaite. On n’en est pas encore-là. C’est même parce que cela a échoué qu’on est allé.

Je me rappelle que quand j’étais encore étudiant, c’est le grand Ipaud Lago qui annonçait les résultats. On racontait des histoires pour dire qu’on le voyait gommer quelques noms.

En tout état de cause, c’est la faillite de l’organisation des élections par le ministère de l’Intérieur qui a fait venir la commission nationale électorale à l’époque, la commission chargée du référendum, transformée en CNE(NDLR/Commission nationale électorale) et aujourd’hui c’est devenu CEI(NDRL/Commission électorale indépendante).

Nous pensons que le pouvoir devrait accepter les principes de cette nouvelle CEI. Je vous parle d’un cabinet pour organiser, mais certains ont voulu que ce soit la commission elle-même. Soyons plus techniques, confions cela à un cabinet.

Quand une entreprise veut recruter quelqu’un et elle veut se débarrasser de toutes les pressions sociales, elle prend attache avec un cabinet. Vous venez voir le directeur, il vous dit oui, c’est vrai mais ce n’est pas moi qui recrute, il y a un cabinet qui s’occupe de ça.

Vous lui en voulez moins puisque vous avez la conviction que c’est lui pouvait vous aider et il n’a pas pu, vu qu’il n’est pas en charge du recrutement. Quand on externalise ce genre de compétence, on donne non seulement du crédit à la façon dont la personne arrive. Mais, on se donne les moyens de faire venir les meilleures personnes »

À son équipe de journalistes, le rédacteur en chef de la semaine, a partagé sa vision : « La page Youssouf Bakayoko , nous souhaitons qu’elle soit tournée le plus tôt possible. D’ailleurs, nous souhaitons que Youssouf Bakayoko parte avec sa CEI, et que la nouvelle CEI ait un nouveau nom, et un nouveau responsable parce que c’est sa façon de gérer cette institution qui a entraîné des catastrophes dans ce pays.

On n’oubliera jamais qu’il s’est retrouvé au Golf hôtel pour annoncer les résultats provisoires de l’élection présidentielle hors-délai. Il faut une nouvelle CEI qui prend en compte les aspirations des Ivoiriens.

Quand les partis politiques de l’opposition disent qu’ils ne veulent plus un Président de la CEI issu d’un parti politique, reconnaissez cela quand même.

Choisissons quelqu’un de la société civile. C’est aussi une manière de rendre hommage à la société civile parce que, c’est à travers elle que l’APDH a saisi la Cour africaine des droits de l’homme, et c’est à la suite de cette saisine que le gouvernement ivoirien a été condamné à modifier la loi sur la CEI ; parce que cette loi ne remplissait pas les conditions des standards internationaux des commissions électorales . C’est cela qui a fondé la nécessité de la réforme de la CEI » .

La rédaction

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