Enseignement supérieur :Le SYNESUP  dénonce l’impasse du dialogue social et appelle à des réformes urgentes

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Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SYNESUP), officiellement reconnu en Côte d’Ivoire depuis le 14 octobre 2025, entend s’imposer comme la voix des enseignants-chercheurs et des chercheurs confrontés aux nombreuses difficultés qui affectent le secteur universitaire. 

Son secrétaire général national, Dr Kouadio Landji, enseignant-chercheur au Département des Sciences des Structures de la Matière et Technologie (SSMT) de l’Université Félix Houphouët-Boigny, selon une note d’information reçue, a dressé un tableau préoccupant de la situation, évoquant un dialogue social « en panne » et appelant à des réformes urgentes.

Selon lui, la création du SYNESUP répond à une nécessité : celle de doter les universitaires d’une organisation syndicale « forte, indépendante et unitaire ». « Les canaux traditionnels de dialogue ne produisent plus de résultats concrets pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs », affirme-t-il.

Le responsable syndical déplore notamment la stagnation des discussions engagées avec les autorités sur plusieurs dossiers majeurs. Parmi ces questions figurent la revalorisation salariale, les primes de recherche et les voyages d’études, le statut de l’enseignant-chercheur ainsi que les conditions d’exercice de l’enseignement et de la recherche. « Les réunions se succèdent sans engagement concret », regrette Dr Kouadio Landji.

Le SYNESUP pointe également plusieurs difficultés structurelles qui fragilisent l’enseignement supérieur ivoirien. Il s’agit notamment de la faiblesse des rémunérations face à l’inflation, des retards dans les avancements de carrière, de l’insuffisance des infrastructures universitaires et du manque de financement de la recherche scientifique. À cela s’ajoute, selon le syndicat, une gouvernance universitaire qui laisse peu de place aux enseignants-chercheurs dans les processus de décision.

Face à cette situation, l’organisation syndicale a défini cinq priorités. Elle réclame notamment un plan immédiat de revalorisation salariale, le respect des textes régissant les carrières universitaires, un investissement massif dans les laboratoires et les infrastructures pédagogiques, la mise en place d’un dialogue social contraignant et une meilleure reconnaissance du statut de l’enseignant-chercheur.

Pour renforcer sa capacité d’action, le SYNESUP a rejoint l’Unité d’Action Syndicale (UNAS), une plateforme regroupant plusieurs organisations syndicales. Le syndicat prévoit également de lancer des campagnes d’information et des pétitions afin de sensibiliser l’opinion publique sur les difficultés rencontrées dans l’enseignement supérieur.

Toutefois, si le blocage persiste, le SYNESUP n’exclut pas de recourir à des actions plus fermes, notamment le dépôt d’un préavis de grève.

Dr Kouadio Landji a appelé le gouvernement ivoirien à renouer rapidement avec un dialogue constructif. Il souhaite que les autorités reviennent à la table des négociations avec « des propositions concrètes et un calendrier précis », afin d’améliorer durablement les conditions de travail des enseignants-chercheurs en Côte d’Ivoire et de garantir la qualité du système universitaire.

Olivier Dion avec Gerard Batoua et sercom

 

 

 

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