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Réunis en conseil d’administration le mercredi 18 mars 2026 à Abidjan (Cocody), autour de leur président, Siaka Diakité, les membres de l’Organisation interprofessionnelle agricole café-cacao (OIA) ont dressé un constat préoccupant de la filière, marqué par des difficultés persistantes dans l’enlèvement des stocks de cacao.
Au cœur des échanges : les stocks résiduels, dont une part importante demeure immobilisée dans les magasins des coopératives, alimentant la grogne des producteurs et perturbant l’écoulement de la production.
Le 3ᵉ vice-président de l’OIA, Blondé Doua Obed, a détaillé la situation :
« Depuis le début de l’opération, 37 774 tonnes ont été effectivement enlevées. Environ 13 000 tonnes font l’objet de connaissements déjà émis, mais ne sont pas encore déchargées dans les ports. Sur un total de 100 000 tonnes inventoriées, près de 56 000 tonnes restent en attente d’enlèvement. Cela explique les tensions au sein des coopératives, qui conservent encore d’importants volumes dans leurs magasins. »
À ces lenteurs logistiques s’ajoute une problématique structurelle liée à la captation de stocks par certains opérateurs privés.
« Une partie des stocks a été récupérée par des opérateurs commerciaux en dehors du dispositif initial. Par exemple, un exportateur a capté 15 000 tonnes, un autre 30 000 tonnes. Si ces volumes bénéficiaient réellement aux producteurs, la situation serait différente. », a-t-il expliqué.
Face à ces dysfonctionnements, l’OIA privilégie le dialogue institutionnel. Une rencontre avec des députés s’est tenue le 17 mars afin d’alerter les pouvoirs publics.
« Nous avons sollicité l’appui des députés pour que l’Exécutif soit informé et que les stocks recensés soient orientés vers les véritables bénéficiaires. L’OIA n’est pas un syndicat de confrontation ; nous privilégions les voies légales. », a déclaré le 3è vice-président de cette organisation.
L’OIA café-cacao appelle à la restitution des stocks indûment captés et à leur réaffectation aux coopératives. Elle rappelle également que l’opération d’enlèvement, subventionnée par l’État à hauteur de 291 milliards de FCFA, reste inachevée.
Concernant le prix bord champ fixé à 1 200 FCFA/kg, l’OIA a salué les efforts du gouvernement.
« Si les producteurs percevaient strictement 60 % du prix CAF, le kilogramme serait autour de 947 FCFA. », a conclu Blondé Doua Obed.
Olivier Dion





