Pôle pénal économique et financier: La victime retire sa plainte, le parquet maintient les charges 

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 Successions, cybercriminalité et détournements au rôle. (Photo : DR)

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Une émotion a marqué l’audience du Pôle pénal économique et financier (PPEF), le jeudi 16 avril 2026, avec le dossier de quatre prévenus ayant entre de 18 et 20 ans, et comparaissant pour des faits d’atteinte à l’intimité de la vie privée et de tentative d’extorsion de fonds.

Selon les éléments du dossier, les mis en cause ont tenté, courant 2025 de faire chanter K. Samia, une camarade de classe, après la réception et le partage entre eux, d’une vidéo intime sans son consentement. À la barre, ils ont reconnu les faits, tout en apportant des précisions sur leur rôle.

L’un d’eux a déclaré : « On lui a demandé 50 000 FCFA, sinon la vidéo allait être diffusée sur les réseaux sociaux. » Un autre a ajouté : « Elle a dit qu’elle n’avait pas d’argent. On lui a proposé d’avoir des rapports sexuels en échange, elle a refusé. »

Dans la salle d’audience, une proche de la victime ne peut contenir ses larmes. Elle est consolée par une proche d’un prévenu.

La pression sur la victime a duré près d’un mois. Elle a finalement alerté un proche, qui l’a encouragée à porter plainte.

Face au tribunal, la victime, constituée partie civile, a surpris en sollicitant la clémence : « Je ne veux pas d’amende, je veux qu’ils sortent de prison, c’est pourquoi j’ai retiré ma plainte. »

La présidente a rappelé : « Vous pouvez retirer votre plainte, mais c’est le parquet qui décide de poursuivre l’affaire ou non. »

Prenant la parole, le procureur a interrogé les prévenus : « Vos parents sont-ils dans la salle ? Quand vous les regardez, est-ce que vous êtes fiers de vous ? Votre victime est là, que pouvez-vous lui dire ? »

Tour à tour, les jeunes, qui ont passé plus d’un an en détention, ont présenté leurs excuses, certains en larmes : « Nous nous sommes laissé emporter, nous avons beaucoup appris de nos erreurs en prison. Ça ne va plus se répéter. »

Le parquet a requis 12 mois de prison et 500 000 FCFA d’amende contre chacun des prévenus.

Avant de mettre l’affaire en délibéré au 30 avril 2026, la présidente a mis en garde : « Il n’y a pas d’argent facile, ni rapide à gagner. Il faut travailler pour gagner son argent. 50.000 FCFA, c’est une injure à la dignité de la victime. »

Olivier Dion

 

 

 

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