Dernère publication
À la veille de l’Assemblée générale ordinaire de la Fédération ivoirienne de Football ( FIF ) du samedi 30 mai 2026, les rapports d’activité et financiers transmis aux clubs affichent des indicateurs globalement positifs au terme de la saison 2024-2025, malgré des questions en matière de contrôle interne et de manque de détails sur les revenus de sponsoring.
Satisfecit sur le plan sportif
Sur le plan sportif, la saison a été marquée par le sacre du Stade d’Abidjan en Ligue 1 et celui du FC San Pedro en Coupe nationale. L’US Tchologo et l’ES Agboville ont été promus en Ligue 1.
La sélection nationale senior s’est qualifiée pour la CAN 2025 au Maroc avant de s’arrêter en quarts de finale. En revanche, les campagnes du beach soccer et du CHAN 2025 se sont soldées par des échecs.
Le football féminin continue, lui, sa progression. L’Asec mimosas a dominé le championnat féminin de Division 1 avec un bilan de 25 victoires en 26 rencontres, tout en représentant la Côte d’Ivoire en Women’s Champions League.
Des projets d’infrastructures ont également été lancés avec la pose de la première pierre du futur siège de la fédération et la réhabilitation du centre technique national de Bingerville.
Ce qui n’a pas marché
Le rapport d’activité relève des interruptions de matches liées aux violences ou aux intempéries, des forfaits de clubs pour défaut administratif, ainsi qu’un accident mortel impliquant un joueur U20.
Certains championnats de jeunes ont été interrompus faute d’infrastructures adaptées.
Une santé financière bénéficiaire… mais
Sur le plan financier, la fédération annonce des ressources globales de 19,359 milliards FCFA. Le résultat net atteint 890,7 millions FCFA, soit une progression de 26 %.
Cette progression concerne les revenus issus du sponsoring et du mécénat. Ceux-ci bondissent de 445 %, passant à 4,358 milliards FCFA et représentant désormais 22,5 % des ressources de la FIF. Les ventes de maillots ont également progressé de +113% grâce à l’effet CAN 2025.
Malgré un flux opérationnel positif supérieur à 6 milliards FCFA et un bénéfice net en hausse, la trésorerie disponible chute de 5,388 milliards à 1,507 milliard FCFA. Une baisse de plus de 3,4 milliards FCFA non détaillée dans les documents financiers.
De plus , les créances de la fédération augmentent de 40 %, pour atteindre plus de 6 milliards FCFA, sans précision détaillée sur leur ancienneté ni sur les risques de non-recouvrement.
Le rapport révèle aussi une hausse des charges de personnel de +15,5 % sans données précises sur les effectifs ni l’organisation administrative de la fédération.
Le commissaire aux comptes valide les comptes mais
Le cabinet d’audit Uniconseil a certifié les comptes “sans réserve”. Il estime qu’ils sont réguliers et conformes aux normes OHADA. Cette validation constitue un point rassurant pour la gouvernance fédérale.
Toutefois, le commissaire aux comptes note également des “insuffisances dans la mise en œuvre des procédures de contrôle interne”. Une lettre séparée devrait être adressée à la direction de la FIF, à cet effet.
Cette mention signifie que certaines procédures de contrôle des dépenses, des achats ou des recettes présentent des fragilités pouvant exposer la fédération à des irrégularités, dans le cadre d’un audit approfondi de gouvernance.
Des questions ouvertes
Le rapport soumis aux clubs ne détaille ni les conventions ayant permis la hausse des revenus de sponsoring, ni l’utilisation précise des subventions FIFA Forward. Les recettes de billetterie apparaissent également particulièrement faibles, suscitant aussi des questions.
Des observateurs assurent néanmoins que le comité exécutif de la FIF devrait obtenir le quitus pour sa gestion, sans que cela ne préjuge de quoi que ce soit.
Ange Kouadio





