Lettre du Mondial 2026 by Ange Kouadio:Philadelphie, la ville où l’Amérique et l’Afrique se rencontrent

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Cela fait maintenant cinq jours que j’ai foulé le sol américain avec pour camp de base Philadelphie, dans l’État de Pennsylvanie.

Au fil de mes déplacements, j’ai découvert une ville chargée d’histoire, de culture et de symboles sportifs que j’aimerais partager avec vous. Quelques repères, en somme, pour mieux connaître la cité qui accueille les Éléphants à l’occasion de cette 23e édition de la Coupe du monde.

Philadelphie n’est pas une ville américaine comme les autres. Elle est considérée comme le berceau de la nation américaine. C’est ici que tout a commencé pour les États-Unis, qui célèbrent cette année les 250 ans de leur indépendance.

Le 4 juillet 1776, la Déclaration d’indépendance y fut adoptée. Quelques années plus tard, en 1787, la Constitution américaine y fut rédigée. La ville abrite encore aujourd’hui l’Independence Hall, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ainsi que la célèbre Liberty Bell (la Cloche de la Liberté), devenue un symbole universel de liberté et d’émancipation.

Nos Éléphants disputent donc leurs matchs dans une ville qui a contribué à écrire l’histoire politique du monde moderne.

Avec près de 1,6 million d’habitants, Philadelphie est la sixième ville la plus peuplée des États-Unis. Située à environ 150 kilomètres au sud-ouest de New York, elle est facilement accessible en train, en bus ou en voiture. Les habitants la surnomment affectueusement « Phily». La ville est réputée pour son dynamisme culturel, ses universités de renommée internationale, notamment l’University of Pennsylvania et Temple University, ainsi que pour sa riche scène artistique.

Autre particularité : sa forte diversité. La population afro-américaine représente près de 44 % des habitants, faisant de Philadelphie l’une des grandes métropoles américaines où l’héritage africain est particulièrement visible et valorisé.

Sur le plan sportif, l’un des symboles majeurs de la ville est le stade retenu pour la Coupe du monde. Rebaptisé « Philadelphia Stadium » par la FIFA durant la compétition, il est plus connu localement sous le nom de Lincoln Financial Field, ou plus simplement « The Linc ».

D’une capacité de plus  69 000 places, cette enceinte inaugurée en 2003 accueille habituellement les Philadelphia Eagles, franchise de football américain évoluant en NFL. C’est dans ce stade que la Côte d’Ivoire a affronté l’Équateur hier 14 juin 2026 et qu’elle retrouvera Curaçao le 25 juin 2026.

Philadelphie, ce n’est pas seulement l’histoire et le sport. C’est aussi une ville profondément marquée par les migrations.

Elle abrite l’une des plus importantes diasporas africaines de la côte Est des États-Unis. Les communautés originaires du Nigeria, du Ghana, du Liberia, de la Sierra Leone et de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest y sont particulièrement présentes, notamment dans les quartiers de West Philadelphia et Southwest Philadelphia. C’est d’ailleurs dans ce dernier quartier que j’ai posé mes valises.

Au détour des rues, on découvre des restaurants africains, des salons de coiffure spécialisés, des épiceries proposant des produits du continent et une vie communautaire bien ancrée. Plusieurs établissements servent de l’attiéké, de l’alloco, du poulet braisé ou encore différents plats ouest-africains qui rappellent instantanément les saveurs d’Abidjan.

À des milliers de kilomètres de la Côte d’Ivoire, il n’est pas rare de retrouver un peu de chez soi. Et c’est peut-être cela aussi, la magie d’une Coupe du monde : voyager loin tout en retrouvant des repères familiers.

Depuis cinq jours, Philadelphie me révèle progressivement ses multiples visages. Une ville historique, sportive, multiculturelle et profondément attachante.

Une ville de symboles qui est pour quelques jours  encore, la maison des Éléphants et de la Côte d’Ivoire.

 

 

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