Lettre du Mondial 2026 by Ange Kouadio:Comment « America First » est en vedette 

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« America First ». C’était le slogan de campagne de l’actuel président des États-Unis, Donald Trump.

Au-delà du slogan électoral, « America First » est devenu une doctrine politique. Elle repose sur un principe simple : défendre prioritairement les intérêts des citoyens, des travailleurs et des entreprises américaines avant ceux des autres nations. En d’autres termes, l’Amérique d’abord.

Depuis mon arrivée aux États-Unis dans le cadre de la Coupe du monde 2026, j’ai le sentiment que cette philosophie dépasse le cadre politique. Cette conception s’invite et s’impose dans cette coupe du Monde.

Avant chaque coup d’envoi, un rituel attire particulièrement l’attention. Bien avant l’entrée des joueurs sur la pelouse, le public est invité à se tenir debout et à entonner l’hymne national américain, The Star-Spangled Banner (« La Bannière étoilée »). Une séquence solennelle qui rappelle que, même si la Coupe du monde est un événement universel, elle se déroule avant tout sur le territoire américain.

À travers cette mise en scène, les États-Unis affirment leur identité et leur attachement à leurs symboles nationaux.

Cette présence américaine ne se limite pas à l’hymne. Tout au long des animations d’avant-match, la culture du pays est mise en valeur. Les playlists diffusées dans les stades font la part belle aux artistes américains. Les écrans géants, les animations commerciales et les différentes séquences de divertissement reflètent également l’influence de l’industrie culturelle américaine.

Même les pauses fraîcheur deviennent des moments de spectacle à l’américaine. Entre musique, animations visuelles et interactions avec le public, chaque interruption est transformée en opportunité de divertissement.

Le sport spectacle, marque de fabrique des ligues américaines, s’invite ainsi dans l’univers du football.

Cette approche peut surprendre les observateurs habitués aux grandes compétitions organisées en Europe ou en Afrique, où l’accent est souvent davantage mis sur l’identité propre des équipes et des supporters. Ici, le match s’inscrit dans une expérience globale où le divertissement occupe une place centrale.

À travers cette Coupe du monde, les États-Unis ne se contentent pas d’accueillir la planète football. Ils en profitent également pour exposer leur savoir-faire organisationnel, leur puissance culturelle et leur capacité à transformer un événement sportif en vitrine nationale.

Une manière, peut-être, de rappeler au monde que le football est invité en Amérique, mais que l’Amérique entend rester au centre du spectacle.

Et à chaque coup d’envoi, le message est subtilement rappelé : « America First ».

 

 

 

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