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Vingt-trois ans après la fermeture de CORA S.A., les anciens employés réclament toujours le paiement de leurs droits. Réunis en conférence de presse, ils appellent le président Alassane Ouattara à l’aide pour obtenir le dénouement d’un dossier qu’ils jugent interminable.
Le président du bureau du Collectif des ex-employés de CORA S.A., N’Guessan Kouakou Bernard, a animé une conférence de presse, le samedi 25 juillet 2026, dans un hôtel d’Abidjan-Plateau, pour appeler le chef de l’État à intervenir en faveur des 163 anciens travailleurs de l’entreprise.
« Familles disloquées, divorces, enfants déscolarisés, chômage et précarité. » C’est ainsi que le porte-parole du Collectif résume les conséquences de la fermeture de CORA S.A. sur la vie de ses anciens collègues.
S’adressant aux journalistes, il a expliqué l’objectif de cette rencontre.
« Nous vous avons invités afin que vous puissiez relayer nos souffrances, nos angoisses et notre amertume auprès du gouvernement de notre pays. »
Un dossier hérité de la fermeture de CORA S.A.
Le président du Collectif rappelle que CORA S.A. était une société américaine, dont les activités ont cessé en octobre 2003 à la suite d’un conflit opposant les actionnaires américains au regretté Alexandre Galley, actionnaire ivoirien.
Selon lui, cette fermeture a failli conduire à l’exclusion de la Côte d’Ivoire du programme américain AGOA (African Growth and Opportunity Act).
« Beaucoup se demandent pourquoi, pour une société privée, c’est l’État de Côte d’Ivoire qui devrait indemniser les travailleurs. Cette question est légitime », a-t-il reconnu.
Il explique qu’en février 2006, un protocole d’accord signé à Washington prévoyait l’indemnisation des actionnaires américains. En contrepartie, ces derniers devaient transférer les actifs de CORA S.A. à l’État de Côte d’Ivoire, devenu de fait propriétaire de l’entreprise et chargé de sa liquidation.
« Cette liquidation n’a toutefois pas été menée. C’est en 2018 que nous nous sommes constitués légalement en collectif afin de défendre nos intérêts », a-t-il précisé.
Des démarches sans aboutissement
N’Guessan Kouakou Bernard affirme que le Collectif a multiplié les démarches auprès des ministères des NTIC, du Patrimoine de l’État, ainsi que du Budget et des Finances, depuis novembre 2022.
En septembre 2023, le gouvernement a créé, par arrêté interministériel, le Comité de liquidation de CORA S.A. et nommé l’expert-comptable Tiémoko Koffi en qualité de liquidateur.
« En raison de la complexité du dossier, le liquidateur a sollicité l’appui de l’Inspection du travail de Cocody 1 pour le calcul de nos droits. Après plusieurs séances de travail, nous avons signé, le 11 août 2025, un procès-verbal de conciliation », a-t-il indiqué.
Selon lui, les conclusions du liquidateur ont été remises, mais le processus est aujourd’hui au point mort.
« Le 23 mars 2026, à la suite de l’intervention de notre avocat, Me Yao Hyppolite, le ministère du Patrimoine nous a informés avoir transmis le dossier au ministère du Budget et des Finances. Depuis cette date, nous sommes sans nouvelles. »
La CNPS également interpellée
Le président du Collectif déplore également les difficultés rencontrées auprès de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS).
« Beaucoup d’entre nous ont atteint l’âge de la retraite. Pourtant, la CNPS nous réclame des certificats de travail et des bulletins de salaire, alors que plus de vingt ans se sont écoulés. Elle affirme ne disposer d’aucune donnée sur CORA S.A., malgré les documents que nous lui avons transmis lors d’une séance de travail en octobre 2024. »
Il précise que les certificats de travail doivent être établis par le liquidateur, lequel attend encore les moyens nécessaires de l’État pour achever sa mission.
Un appel au chef de l’État
Pour le Collectif, toutes les étapes techniques ayant permis l’évaluation des droits des anciens employés ont été franchies.
« Nos droits ont été calculés et transmis au Comité de liquidation. Nous demandons au gouvernement de procéder au paiement de nos droits légaux et d’envisager une mesure d’accompagnement après 23 années de galère. Si le Président de la République n’avait pas voulu réparer cette injustice, il n’aurait pas donné d’instructions pour mettre en place les mécanismes de liquidation de cette société. Nous restons ouverts au dialogue afin de parvenir à un dénouement heureux de ce dossier en cette célébration de l’AN 66 de l’indépendance de la Côte d’Ivoire», a conclu N’Guessan Kouakou Bernard.
Le Collectif des ex-employés de CORA S.A. regroupe 163 anciens travailleurs, dont 14 sont aujourd’hui décédés.
Mamadou Ouattara
AFRIKIPRESSE
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