LETTRE DE L’IA – PAR WAKILI ALAFÉ Infantino recule, Renard revient : le football est en mouvement en Côte d’Ivoire et ailleurs

83

Dernère publication

Aujourd’hui, mercredi 5 août 2026, à quarante-huit heures de la fête nationale de notre pays, je vais encore parler de football. Doublement.

D’abord, je reviens sur un projet avorté : celui du président de la FIFA d’ouvrir au privé vingt pour cent du capital de la FIFA Forward Enterprise (FFE), une nouvelle entreprise à créer pour gérer tout ce qui est lié à la Coupe du monde.

Dans un groupe WhatsApp, j’avais plaisanté : que les 20 % ne soient pas déjà réservés aux plus riches, et qu’il y ait la possibilité d’avoir des actionnaires individuels dans chaque pays membre. J’envisageais même de prendre des parts dans ce qui pouvait devenir l’une des plus grosses entreprises commerciales au monde. Finalement, la FIFA a retiré son projet. Gianni Infantino a renoncé le 1er août 2026. Quatre jours plus tôt, le média britannique The Times révélait le projet FFE : une société commerciale logeant droits télés, sponsoring, billetterie et organisation du Mondial. Vingt pour cent ouverts à des investisseurs minoritaires, une valorisation à vingt milliards de dollars. Et J.P. Morgan à la manœuvre, aux côtés d’un fonds fondé par le frère du gendre de Donald Trump.

Le recul est réel, mais il n’est pas rassurant.

Rien dans le droit du sport n’a arrêté ce projet. Ni les statuts, ni le Tribunal arbitral du sport (TAS). Ce qui l’a arrêté, c’est la menace de boycott de l’UEFA. C’est la démission d’un conseiller. C’est une coalition de fédérations humiliées d’avoir appris la nouvelle par communiqué. Le football s’est défendu en politique, faute de pouvoir se défendre en droit.

Voilà la première faiblesse du dossier. Elle est structurelle.

Le TAS ne protège pas ce que l’on croit. Il juge les sanctions sportives et les contentieux contractuels. Il ne juge ni le pénal, ni la concurrence, ni les paris. La corruption se plaide à Berne et à New York, pas à Lausanne. Les droits médias relèvent des autorités de concurrence. La manipulation des matches relève de la Convention de Macolin. Plus la FIFA devient un opérateur économique, plus la part de son activité échappe à sa propre justice.

Et cette justice-là est déjà fissurée. Le 1er août 2025, la Cour de justice de l’Union européenne a tranché dans l’affaire Seraing. Les clubs et les joueurs ont droit à un contrôle juridictionnel effectif des sentences du TAS. Trois semaines plus tôt, la Cour européenne des droits de l’homme condamnait la Suisse dans l’affaire Semenya. L’arbitrage forcé exige désormais un examen particulièrement rigoureux. L’autonomie du sport ne disparaîtra pas par abrogation. Elle disparaîtra par contournement.

L’argument des règles n’est pas fantaisiste

Un fonds qui investit quatre milliards de dollars n’achète pas un droit de vote. Il achète un rendement. Or l’assiette du rendement, ce sont les Lois du Jeu. Une mi-temps de trente minutes vaut mieux que quinze. Trois tiers-temps valent mieux que deux périodes. Des remplacements illimités multiplient les coupures, donc les écrans publicitaires. La pause fraîcheur, introduite en 2014 pour la santé des joueurs, est devenue une fenêtre commerciale. Personne ne l’avait votée pour cela.

Le verrou existe pourtant. Il s’appelle l’IFAB. Huit voix, dont quatre à la FIFA, une par fédération britannique. Six voix sont requises pour modifier une règle. La FIFA ne peut donc rien seule. Mais elle n’est qu’à deux voix de tout.

L’Afrique, dans cette affaire, mérite d’être entendue sans procès d’intention. La CAF a été la première grande confédération à ne pas fermer la porte. Vingt millions de dollars par fédération, cela ne pèse pas le même poids à Abidjan et à Nyon. Nos ligues manquent de pelouses, de centres de formation, d’arbitres formés. Refuser l’argent au nom de la pureté serait une posture de riches. Mais accepter un chèque sans lire le contrat serait pire.

C’est précisément ce qui manque : le contrat.

Infantino et ceux qui croient à ce projet ont encore le droit de mieux expliquer le dossier. L’opinion sportive mondiale a besoin de connaître le périmètre exact de l’initiative, la gouvernance, les clauses de sortie, les garde-fous opposables sur les règles du jeu.

Le football est encore au menu avec la grande actualité marquée par le retour de Hervé Jean-Marie Roger Renard  à la tête des Éléphants.

Interrogé sur ce retour lors de NCI 360 du dimanche 2 août 2026, j’ai dit : « Moi, national ou expatrié, je n’ai pas de problème avec ça. Ce que je veux dire, c’est qu’après la Côte d’Ivoire, Renard a beaucoup tourné. Il a eu de grands pays, il a eu des postes prestigieux. Apparemment, il n’a pas connu le succès qu’il a connu en Côte d’Ivoire. Et je sais aussi que tout se joue sur un détail. J’ai un peu l’impression que c’est avec la Côte d’Ivoire qu’il aura eu, seulement et toujours, la chance s’il devait revenir. Parce qu’il a eu beaucoup d’autres chances, beaucoup d’autres opportunités qui n’ont pas abouti, et son plus grand succès reste ivoirien, après le même succès avec la Zambie malgré un CV très fourni. »

Hier, sur WhatsApp et X (anciennement Twitter), j’ai aussi écrit ceci : « Succès à Hervé Renard qui, comme Zidane rêvant de l’équipe de France, n’a jamais perdu l’obsession de revenir en #CIV225. Le tour du monde fait, c’était pour mieux se préparer à revenir chez les #Éléphants. Pourvu que ça lui réussisse après le peu de succès rencontrés ailleurs. »

Le décor est planté. Le temps nous en dira plus.

AFRIKIPRESSE
https://afrikipresse.com/lintelligentpdf/ocwiTbmMJzvi8e7vGMDP

PAYMALLCI
https://paymallci.com/go/ZR9J

PRESSECOTEDIVOIRE
https://www.pressecotedivoire.fr/titrologie/all

ABIDJANNET
https://news.abidjan.net/titrologie

Commentaire

PARTAGER

Commentez cet article