LETTRE DE L’IA – PAR WAKILI ALAFÉ: Fabrice Sawegnon , l’alassanisme, Sidiki Bakaba  et la marche qui continue

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Dernère publication

Il y a près de deux mois, au début des vacances judiciaires, j’étais au palais de justice . Hier encore, j’y étais. Je ne compte pas parler de l’affaire qui m’y a conduit pour le moment.

Par contre, je parle de ce qu’il s’est passé avec un agent de la police du District qui a arrêté mon véhicule hier et a demandé les pièces. L’ami qui m’accompagnait a demandé si cela fait partie des prérogatives de la police du District, alors qu’un policier en tenue violet et à moto était à 100 mètres de lui, et que nous l’avons dépassé sans qu’il veuille vérifier les pièces. Face à la question de mon ami , le policier nous a demandé de poursuivre notre chemin. Personne n’échappe à ce type de situation. Je suis en règle, et les contrôles ne constituent pas un souci pour moi, toutefois les agents de police autorisés ou non , devraient faire leur travail dans le respect des lois et des règles.

L’échange sur Fabrice Sawegnon

S’il y’a sujet qui a mobilisé la toile ces jours-ci, c’est la sortie de Fabrice Sawegnon. Il avait voulu exalter le talent individuel, ce petit plus, ce petit coup de génie qui fait la différence. D’autres ont entendu qu’il dénonçait la formation et l’école ivoirienne. L’ISTC a été citée et a trouvé des défenseurs, alors que cette école n’était pas concernée. Sans avoir écouté exactement ce qu’il a dit, beaucoup sont “tombés” sur lui. J’ai passé du temps à faire de la pédagogie dans des groupes WhatsApp, où le débat courtois reste encore possible.

Voici ce qu’il a dit exactement : « Il y a un vrai problème de talent ! Et ça, c’est pas lié aux formateurs, c’est pas lié aux écoles ! C’est individuel, chacun… » Il n’a pas attaqué la formation ni l’école. Il a dit que ce n’est pas une affaire d’école ni de formateurs, mais de talent individuel. On peut avoir une bonne formation, un bon diplôme, et même un emploi, sans avoir un talent individuel. Tous les enseignants enseignent la même chose, le même programme, mais chacun avec son style et son talent. Parmi 300 ou 400, il n’a pas trouvé le talent qu’il cherchait. Ce talent ne se trouve pas à l’école ou dans la formation. Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres. Pour faire de bons débats, il faut en saisir les contours.

L’alassanisme

Cela m’a rappelé ce qu’il m’était arrivé il y a un an, lorsque j’avais dit : « Nous sommes tous alassanistes. » J’avais précisé : « Nous tous alassanistes en ce moment, comme nous fûmes gbagboïstes, bédiéistes, guéistes et houphouétistes, et comme assurément nous pourrons être thiamistes demain s’il arrivait à être président, parce que nous sommes sous l’emprise et l’autorité du Président Ouattara. L’alassanisme, ce n’est pas forcément aimer Alassane Ouattara ou soutenir sa politique, c’est déjà la subir d’une manière ou d’une autre , la supporter . » Des gens n’ont pas lu ni écouté. Ils ont entendu ce qu’ils voulaient entendre.

Et moi , je devais payer pour leur légèreté discursive.

Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j’ai bougé. La marche continue. Tout comme elle continue pour le talentueux Sidiki Bakaba, dont l’hommage à Cheick Hamidou Kane, après celui à Georges Taï Benson, reste digne d’intérêt. Son projet de rediffusion de l’adaptation cinématographique de “L’Aventure ambiguë” m’intéresse et devrait nous intéresser tous. Nous en reparlerons.

Excellente suite de semaine, et rendez-vous vendredi pour la prochaine lettre de l’IA, et surtout pour le gala de Children Of Africa.

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