Dernère publication
Aujourd’hui, je parle du nouvel organe électoral, ou plutôt du modèle d’organisation des élections à mettre en place en Côte d’Ivoire. Comme nous le savons tous, le Président de la République a dissous la CEI. À la suite de cela, le Premier ministre, chef du gouvernement a annoncé la mise en place d’une nouvelle architecture avec trois structures, ou trois têtes. Les détails n’ont pas été totalement donnés, et dans le même temps l’opposition a commencé à faire des propositions.
Deux grandes options sur la table
De ce qui ressort de l’opposition, on distingue deux types de propositions, pendant ce temps la société civile, elle, ne parle pas beaucoup et ne se fait pas entendre, comme si les élections ne concernaient que les partis politiques d’une part, et d’autre part alors que la société civile, les acteurs économiques et les corps constitués sur qui les partis politiques, ont besoin de se faire entendre. Une partie de l’opposition ( le FPI, le MGC, Simone Gbagbo, l’ADCI, Côte d’Ivoire souveraine de Don Melo), semble proposer une entité à deux têtes : une structure opérationnelle et une structure de supervision. Le PPA-CI n’a pas signé les conclusions de cette proposition car il ne semble pas d’accord avec l’idée d’exclure les partis politiques.
Haut conseil électoral, commission nationale électorale, ou autre, les noms de baptême varient, mais l’idée est la même : passer d’une structure unique qui faisait tout à deux ou trois structures distinctes. Le gouvernement, lui, a parlé de trois. Le PDCI semble hésiter entre deux et trois.
Le PPA-CI s’est dit ouvert à la discussion sans a priori.
Peut-être que dans dix ou quinze ans, quand la confiance reviendra, on reviendra à une seule structure, ou à l’administration comme autrefois.
Des inquiétudes exprimées
Le débat en cours et les propositions déjà entendues ne satisfont pas certaines personnes qui m’ont approché et ont fait savoir leur inquiétude ou insatisfaction. Selon elles, il ne sert à rien de dissoudre la CEI – qui a compté, selon les années, 10 à 25 personnes – pour créer une nouvelle CEI, pratiquement la même chose, avec deux structures ou trois structures dont une avec encore des partis politiques et une autre avec uniquement des experts crédibles, une autre avec uniquement l’administration, à qui tout le monde ferait confiance. Faire confiance en trois structures contre une seule auparavant.
Des structures qui vont se faire face, une qui supervise l’autre. Quand une structure est indépendante, en quoi a-t-elle besoin d’être supervisée ou contrôlée ? À quel moment la supervision interviendra par rapport à des experts indépendants, sans affiliation à qui l’on ferait confiance ? Pourquoi contrôler et superviser une structure indépendante à qui l’on fait confiance ? Les personnes qui m’ont contacté ne sont pas du tout d’accord et expriment leurs inquiétudes.
Pour elles, soit on remet l’ancienne CEI en l’état et on se bat pour savoir qui va être dedans, sans les partis politiques, soit on confie le processus à l’administration. Créer trois nouvelles structures, ou une architecture à deux ou trois niveaux – une structure opérationnelle, une structure de contrôle, ou une autre structure – leur paraît vraiment compliqué. Elles estiment qu’il faut soit confier les élections à l’administration, soit revenir au schéma de l’ancienne CEI, tout simplement.
La demande initiale de l’opposition
L’opposition, en réalité, ne demandait pas expressément de dissoudre la CEI. Elle demandait de la reformuler, de la refonder. Donc, quand le Président la dissout, elle peut bien rester sur ses revendications : une CEI, peu importe le nom – haut conseil électoral ou autre – sans membres de partis politiques. C’était la vision d’une partie de l’opposition d’avoir une CEI sans partis politiques. Toutefois, il est évident que cette vision n’est pas partagée par ceux que l’on peut considérer comme les grands partis. Le PDCI, le FPI, le PPA-CI n’ont pas peur d’être dans la CEI. Et même le FPI, qui soutient que les partis ne doivent pas y siéger, y a ses responsables et ses cadres.
Voilà où nous en sommes. Ces préoccupations, qui m’ont été confiées, me semblent recevables. J’espère que des députés auront la capacité, même s’ils sont du RHDP, de prendre une initiative et de faire entendre leur voix dans ce sens. Je termine en souhaitant un excellent week-end, et surtout une somptueuse soirée aux invités de Children Of Africa, ce soir au Sofitel Hôtel Ivoire !
AFRIKIPRESSE
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PAYMALLCI
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