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La Côte d’Ivoire engage une nouvelle étape dans la coordination de sa politique nutritionnelle. Réunis les jeudi 8 et vendredi 9 octobre 2026 dans un hôtel d’Abidjan-Cocody, les membres du Comité de coordination du Conseil national pour l’alimentation et la nutrition (CONANUT) examinent le projet de révision des Directives nationales de nutrition. L’objectif est de parvenir à un référentiel commun, adapté aux réalités du pays et aux évolutions scientifiques, afin de renforcer la lutte contre les différentes formes de malnutrition.
Cette rencontre fait suite à un atelier technique organisé du 17 au 20 août 2026 à Grand-Bassam. Les travaux avaient permis de préparer un projet actualisé des directives, en remplacement du référentiel de 2017. La réunion actuelle doit permettre aux différents secteurs concernés d’examiner le document, d’y apporter leurs amendements et de rechercher un consensus avant sa validation officielle et sa diffusion à l’échelle nationale.
À l’ouverture des travaux, la docteure Patricia Yoboué N’Goran, conseillère à la Présidence de la République et présidente de la réunion, a rappelé la nécessité de renforcer les efforts collectifs face à la persistance de la malnutrition sous ses différentes formes. Le retard de croissance, les carences en micronutriments, la malnutrition aiguë, le surpoids et les maladies non transmissibles liées à l’alimentation demeurent, selon elle, des défis qui exigent une réponse coordonnée.
« Nous devons désormais passer de la multisectorialité institutionnelle à la multisectorialité opérationnelle », a-t-elle insisté. Pour la responsable, aucun ministère ni programme ne peut, à lui seul, relever ce défi. Les politiques alimentaires, l’accès à l’eau, à l’assainissement, aux soins de santé, à l’éducation et à la protection sociale participent tous à l’amélioration de l’état nutritionnel des populations.
La révision des directives vise ainsi à préciser les responsabilités de chaque secteur, les interventions à mener, les populations prioritaires, les normes à respecter et les indicateurs permettant de mesurer les progrès. Le secteur de la santé est notamment appelé à intégrer la nutrition dans toutes les étapes du parcours de soins, de la prévention au dépistage et à la prise en charge. L’agriculture et les ressources animales doivent, pour leur part, contribuer à la disponibilité d’aliments diversifiés, sains, nutritifs et accessibles.
L’éducation, la protection sociale, l’eau et l’assainissement, la communication, le secteur privé, la recherche ainsi que les collectivités territoriales sont également concernés. L’enjeu est de faire de la nutrition une responsabilité partagée, plutôt qu’un domaine réservé aux seuls professionnels de la santé.
« La nutrition n’est pas un secteur parmi les autres », a rappelé la docteure Patricia Yoboué N’Goran, soulignant son rôle transversal dans le développement du capital humain. Elle a appelé les participants à s’approprier les directives et à traduire leurs orientations en actions concrètes dans leurs politiques, programmes et interventions respectifs.
La démarche s’inscrit dans le cadre du Plan national multisectoriel de nutrition (PNMN) 2024-2027 et de la coordination assurée par le CONANUT, créé par le décret n° 2025-53 du 16 janvier 2025 sous l’autorité de la Vice-Présidence de la République.
Durant les deux jours de travaux, les participants procèdent à l’examen technique du document en commissions, avant des restitutions et une harmonisation des amendements en plénière. Au terme de la rencontre, les résultats attendus portent sur l’intégration des observations, la validation des Directives nationales de nutrition et l’adoption d’une feuille de route pour leur diffusion et leur mise en œuvre.
Au-delà de l’adoption du document, le défi sera désormais de garantir son appropriation par les différents acteurs et son application effective sur le terrain. Car, comme l’a souligné la présidente de la réunion, l’amélioration durable de la nutrition nécessite que chaque secteur contribue, à son niveau, à une même ambition : une population mieux nourrie, en meilleure santé et plus résiliente.
Mamadou Ouattara avec Kérène Kahimian
AFRIKIPRESSE
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