Roman : à travers « Au-delà de la vengeance », Kadio Nestor Angaman invite chacun à se surpasser pour pardonner

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 La couverture du roman « Au-delà de la vengeance » illustre le message de pardon

Dernère publication

Publié en 2026 à Abidjan par KNG Éditions, le roman « Au-delà de la vengeance », de Kadio Nestor Angaman, compte 118 pages. À travers le destin bouleversant de l’abbé Adjron, l’auteur met en lumière les ravages de la vengeance et la force du pardon. Il livre ainsi un message de paix, de cohésion sociale et de réconciliation familiale dans une société marquée par les violences et les blessures du passé.

L’intrigue se déroule à Angansalékro, un village fictif où plusieurs événements mettent à l’épreuve les valeurs humaines. Tchèfonlé, une femme bossue, est victime d’un viol commis par un homme encagoulé alors qu’elle fait la sieste sous un arbre après des travaux champêtres. Neuf mois plus tard, elle donne naissance à son fils unique, Adjron. Élevé dans des valeurs d’intégrité et de foi, l’enfant se distingue par son sérieux, ses résultats scolaires et son engagement au service de l’Église. Malgré l’intérêt qu’Abigaël, considérée comme la plus belle fille du village, lui porte, Adjron reste fidèle à sa vocation religieuse. Il devient prêtre et part en mission au Rwanda.

Un drame qui embrase le village

Pendant son absence, un nouveau drame survient. Croyant apercevoir un animal dans les herbes, Akangni tire dans sa direction. En s’approchant, il découvre qu’il a mortellement blessé Tchèfonlé, la mère de l’abbé. Pris de panique, il se réfugie chez le chef du village, qui décide de l’éloigner avec sa famille afin d’éviter des représailles. Malgré l’information des proches de la victime et des habitants, cette décision ne calme pas les esprits. Soupçonnant le chef de vouloir dissimuler l’identité du meurtrier, un jeune homme décide de se faire justice lui-même. La résidence d’Akangni et celle de ses parents sont incendiées. Des maisons, des boutiques et des abris pour animaux partent également en fumée. Le village sombre alors dans les violences et les destructions, contraignant plusieurs habitants à fuir la bourgade.

Le pardon face à la vérité

Informé du drame, l’abbé revient à Angansalékro, accompagné d’autorités administratives, policières et religieuses, ainsi que de représentants des sages musulmans. Il demande que les obsèques de sa mère soient organisées avant de retourner au Rwanda, tout en promettant de revenir pour son inhumation. Lors de la messe de requiem, un événement inattendu bouleverse l’assistance. Tourmenté, Habié finit par révéler un secret longtemps enfoui : trente-cinq ans auparavant, il avait violé Tchèfonlé, devenant ainsi le père biologique d’Adjron. Face à cette vérité douloureuse, le prêtre aurait pu céder à la colère et réclamer vengeance. Pourtant, avant l’inhumation de sa mère, il choisit de pardonner à Habié et de le reconnaître comme son père biologique. Ce geste brise le cycle de la haine et ouvre la voie à une reconstruction familiale. Le lendemain des obsèques, la visite de ses frères et sœurs biologiques permet à Adjron de découvrir une famille élargie et de se sentir pleinement entouré.

Reconstruire le vivre-ensemble

Trois jours après les funérailles, le prêtre et son amie d’enfance Abigaël lancent une campagne pour encourager le retour des habitants ayant fui les violences. Au terme de trois jours de festivités célébrant le retour des exilés, le prêtre célèbre une messe et exhorte la population à privilégier le pardon, à dépasser les rancœurs et à renoncer aux représailles.

À travers ce dénouement, l’auteur souligne que la réconciliation exige du courage et une responsabilité collective. Si la vengeance entretient les divisions, le pardon peut restaurer les liens familiaux et sociaux et favoriser une paix durable.

À dominante bleue, la couverture représente une famille réconciliée en méditation, avec un homme de Dieu en arrière-plan. Plus loin, une femme souriante regarde celui qui l’a agressée, désormais en prison. Ces images illustrent les thèmes de la foi, du pardon, de la justice et de la reconstruction humaine.

Au-delà de la vengeance, Kadio Nestor Angaman propose une œuvre de sensibilisation à la tolérance, au pardon et à la cohésion sociale. Le parcours de l’abbé Adjron rappelle que la paix devient possible lorsque les individus choisissent de dépasser les blessures du passé.

Mamadou Ouattara

 

AFRIKIPRESSE

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