Dernère publication
Du lundi 12 au jeudi 15 octobre 2026, le département de M’Bengué a été au centre d’une opération de sensibilisation contre l’orpaillage illégal, conduite par le préfet de la région du Poro, Traoré Karim. Elle a donné lieu à la signature d’un acte d’engagement en dix points par les forces vives, puis à la destruction des équipements d’un site clandestin et à sa réhabilitation. Le député-maire Ali Kader Coulibaly a pris part à la tournée.
Tout a commencé le lundi 12 octobre 2026, à 10 h 30, dans à M’Bengué. Autour du préfet de la région du Poro, préfet du département de Korhogo, Traoré Karim, et de la préfète du département de M’Bengué, Mme Dadié née Dago Félicité, se trouvaient les responsables sécuritaires, le député-maire Ali Kader Coulibaly, les cadres et l’ensemble des forces vives. Après l’exposé du préfet de région sur les enjeux de la lutte et les actions à mener pour éradiquer le phénomène, les populations ont pris « solennellement » l’engagement de tourner le dos à l’orpaillage clandestin.
Chefferie, élus, femmes, jeunes, chefs de terre, mutuelles de développement : toutes les composantes du département ont apposé leur signature sur le même document.

Un constat partagé
Les signataires se disent conscients des effets dévastateurs de cette activité sur les terres, les eaux, les forêts, la santé, la scolarisation des enfants et la cohésion sociale. Ils réaffirment leur attachement à l’autorité de l’État, à la paix et au développement durable, et saluent l’action de l’administration et des Forces de défense et de sécurité.
Dix engagements, une priorité : la terre
Le premier engagement porte sur le respect du moratoire de six mois décidé par le gouvernement. Les autres touchent directement à la vie des villages. Les populations promettent de refuser de céder leurs terres aux orpailleurs, de dénoncer toute activité illégale aux autorités et de sensibiliser leurs communautés. Elles s’engagent aussi à accompagner l’administration et les forces de sécurité, à privilégier des activités légales et respectueuses de l’environnement, et à protéger terres agricoles, forêts, cours d’eau, faune et flore.
Le dernier point est le plus concret : les signataires se mettent à la disposition des autorités préfectorales pour la création de comités de veille dans tous les villages du département.
Quatre localités, six composantes
Le document porte les signatures des représentants de M’Bengué, Katogo, Katiali et Bougou. Pour la chefferie, on y trouve le chef de canton de M’Bengué, Coulibaly Benogo, et les chefs des villages concernés. Pour les élus, le député siégeant, Traoré Soungalo, le vice-président du Conseil régional du Poro, Coulibaly Aboudramane, et le maire résident, Coulibaly Benogo. Les présidentes des femmes, les présidents des jeunes, les chefs de terre et les présidents des mutuelles de développement de chaque localité ont également signé.
La présence des chefs de terre a une portée particulière, car ce sont eux qui gardent la terre : leur adhésion conditionne en grande partie l’efficacité de l’engagement n°3, le refus de céder des parcelles aux orpailleurs.
Du papier au terrain
L’engagement n’est pas resté à l’état de déclaration. Dès 15 heures, le même lundi, la délégation s’est rendue sur le site d’orpaillage illégal de Katiala. Le mercredi 14 et le jeudi 15 octobre, de 8 h 30 à 18 heures, les équipements trouvés sur le site ont été détruits. Le site a ensuite fait l’objet d’une réhabilitation, une opération présentée par les organisateurs comme une première en Côte d’Ivoire. Là où l’orpaillage clandestin laisse d’ordinaire des fosses béantes et des terres stériles, M’Bengué tente de rendre le sol à son usage.
Le texte signé se termine par ces formules fortes : M’Bengué s’engage, M’Bengué protège, M’Bengué dit non à l’orpaillage illégal. Depuis Abidjan et au-delà, la Côte d’Ivoire observe ce qui se joue à M’Bengué, à travers l’engagement du député-maire Ali Kader Coulibaly.
Charles Kouassi




