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Le président de la Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG), Epiphane Zoro Bi Ballo, a révélé que 27 dossiers d’assujettis ayant refusé de se conformer à l’obligation de déclaration de patrimoine ont été transmis au pôle pénal économique et financier (PPEF), après épuisement des procédures légales de mise en demeure.
Cette annonce a été faite le jeudi 4 juin 2026 à Abidjan-Plateau, lors de la deuxième édition de la tribune « Grands rendez-vous » de l’Agence ivoirienne de presse (AIP), dont il était l’invité autour du thème : « Bonne gouvernance et lutte contre la corruption : quels leviers pour renforcer la confiance des citoyens et des investisseurs en Côte d’Ivoire ? »
Selon le président de la HABG, la bonne gouvernance constitue un facteur essentiel de développement économique, de cohésion sociale, de confiance citoyenne et d’attractivité des investissements.
Abordant la question de la déclaration de patrimoine, l’un des principaux instruments de prévention de la corruption, Epiphane Zoro Bi Ballo a rappelé qu’il s’agit d’une obligation constitutionnelle et légale imposée aux agents publics exerçant certaines responsabilités ou gérant des ressources publiques.
« La déclaration de patrimoine permet de prévenir les détournements de deniers publics et l’enrichissement illicite. Elle vise à établir la situation patrimoniale de l’agent avant sa prise de fonction et à vérifier, au fil de l’exercice de ses responsabilités, si l’évolution de son patrimoine est justifiée par ses revenus légaux », a-t-il expliqué.
10 000 déclarations enregistrées
Le président de la HABG a indiqué qu’à ce jour, l’institution a enregistré près de 10 000 déclarations de patrimoine.
« Depuis 2023, nous avons engagé l’application effective des sanctions prévues par la loi à l’encontre des assujettis défaillants. Aujourd’hui, nous enregistrons un taux de conformité de 90 %. Cela signifie que 10 % des personnes concernées restent récalcitrantes », a-t-il souligné.
Pour ces derniers, des mesures coercitives sont engagées à travers des exploits de commissaires de justice.
« Ces procédures sont appliquées sans distinction de statut. À l’issue des mises en demeure restées sans effet, la loi nous autorise à saisir le pôle pénal économique et financier. Ainsi, 27 dossiers ont été transmis à cette juridiction après épuisement des procédures légales », a-t-il précisé.
Une hausse significative des dénonciations
Epiphane Zoro Bi Ballo a également présenté le bilan des activités de la HABG en matière de lutte contre la corruption.
Entre 2023 et 2026, l’institution a enregistré 1 540 saisines, contre 1 190 sur l’ensemble de la période 2014-2022.
« Cette évolution traduit la confiance croissante des populations dans les mécanismes mis à leur disposition pour dénoncer les faits de corruption », a-t-il affirmé.
Selon les statistiques présentées, 75 % des saisines concernent des dénonciations et 24 % des plaintes. Les secteurs les plus fréquemment cités sont ceux qui entretiennent un contact régulier avec les usagers, notamment l’Intérieur et la Sécurité, la Santé, la Construction, l’Éducation nationale, l’Enseignement supérieur et la Défense.
53 enquêtes ouvertes et 25 procès-verbaux transmis à la justice
Le président de la HABG a indiqué que, sur la période considérée, le Conseil de l’institution a examiné 92 dossiers ayant conduit à l’ouverture de 53 enquêtes.
Ces investigations ont permis la transmission de 25 procès-verbaux d’enquête au pôle pénal économique et financier ainsi que l’interpellation et le déferrement de 30 personnes impliquées dans des faits présumés de corruption.
Il a rappelé que les missions de la HABG couvrent notamment l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, la conduite d’enquêtes sous l’autorité du procureur du pôle pénal économique et financier, la réception des déclarations de patrimoine, la sensibilisation des populations ainsi que la coordination des actions des différents acteurs engagés dans la prévention et la lutte contre la corruption.
Une progression dans les classements internationaux
Évoquant les performances de la Côte d’Ivoire en matière de gouvernance, Epiphane Zoro Bi Ballo a annoncé une amélioration notable du positionnement du pays dans les classements internationaux.
Selon lui, la Côte d’Ivoire est passée du 136e rang sur 180 pays en 2013 au 76e rang sur 180 pays en 2025, traduisant les progrès accomplis dans la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance.
Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement était y présent pour apporter le soutien gouvernemental.
Mamadou Ouattara





