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En conférence de presse le vendredi 24 janvier 2025 à la mairie d’Adjamé, la Coopérative des Marchés Gouro d’Adjamé Roxy (Comagoa), par la voix de son directeur général, Youan Bi Alexis, entouré de ses collaborateurs et de commerçants, a annoncé la résiliation du contrat de bail de construction liant la coopérative au promoteur Dipimo, chargé de la construction du nouveau marché.
La construction du nouveau marché Gouro d’Adjamé Roxy rencontre des difficultés. Ce marché moderne, qui selon les membres du conseil d’administration de Comagoa devait être livré en janvier 2024, n’enregistre pas d’avancées significatives dans les travaux. Selon le directeur général, Youan Bi Alexis, cela est dû au non-respect des engagements de la société Dipimo. Ainsi, il a révélé que le conseil d’administration a pris la décision de résilier le contrat et de saisir la justice ivoirienne.
« Nous ne pouvons plus continuer avec cette entreprise. Au lieu de respecter ses engagements, l’opérateur préfère multiplier les promesses et organiser des conférences de presse avec seulement huit femmes sur les 43 membres de notre coopérative », a-t-il déploré.
Le secrétaire administratif de Comagoa, Irié Bi Bartez, a rappelé que la construction d’un marché moderne avait été confiée à Dipimo le 21 août 2021, pour une durée de deux ans. L’entreprise s’était engagée à verser 1 milliard F CFA à la coopérative pour son fonctionnement et à réaliser le marché avec deux sous-sols, selon les termes du contrat.
« À ce jour, Comagoa n’a rien reçu. De plus, même le premier sous-sol n’est pas achevé. Nous ne pouvons plus continuer », a-t-il affirmé.
[Des souscripteurs en colère]
Des souscripteurs en colère ont partagé leur expérience concernant cette affaire. Thou Diakité, vice-présidente du marché Petit Lomé et représentante des souscripteurs, a déploré le préjudice considérable subi par les commerçants. « Grâce à notre aide, plus de 2 milliards F CFA ont déjà été versés à Dipimo par des commerçants. À travers mon seul canal, j’ai mobilisé 485 millions F CFA via plusieurs femmes. Aujourd’hui, nous sommes harcelés par les commerçants ayant souscrit à ce projet. Lorsque nous demandons le remboursement des sommes mobilisées, l’opérateur affirme être d’accord, mais ne parvient pas à le faire », a-t-elle expliqué.
Léonie Coulibaly, présidente du Forum des marchés, a également exprimé son amertume. « Dans leur quête de magasins, les commerçants n’ont pas hésité à verser des pas-de-porte s’élevant à 16 millions F CFA et plus. Pour le vivrier, les pas-de-porte sont à 600.000 F CFA. De nombreux commerçants ont déboursé des montants considérables. Aujourd’hui, nous réalisons que nous avons été trompés », a-t-elle dénoncé.
[La Fenacci en soutien à la Comagoa]
Présent à la conférence, Karim Sanogo, directeur général de la Fédération nationale des acteurs du Commerce de Côte d’Ivoire ( Fenacci) , a exprimé son soutien aux commerçants de Comagoa et a assuré qu’il ne les abandonnerait pas dans cette épreuve. « La Fenacci prendra toutes les mesures nécessaires pour que justice soit rendue aux commerçants victimes de cette situation », a-t-il affirmé.
[Des éléments de réponse de Dipimo]
Pour sa part, Koffi Yao Richard, directeur général de Dipimo, a expliqué lors d’une conférence de presse le 6 janvier 2025 que les travaux avaient pris du retard pour diverses raisons, notamment à cause du déplacement du réseau d’assainissement de la Sodeci, qui a duré plusieurs mois. Il a également précisé que Comagoa avait refusé de remettre le dossier technique à l’entreprise et que celle-ci avait intenté une action en justice contre Dipimo, entraînant une perte de confiance de leur partenaire financier initial. Koffi Yao Richard a assuré que l’entreprise avait désormais un nouveau partenaire financier et que les travaux avançaient.
Ange Kouadio





