Dernère publication
Unir les forces contre le terrorisme
Face à l’extension des violences venues du Sahel vers le littoral, le Bénin et la Côte d’Ivoire ont franchi une étape opérationnelle dans leur coopération sécuritaire. Après une première session tenue à Abidjan en juillet 2025, une rencontre s’est déroulée à la caserne de Togbin, à Cotonou, réunissant autour du général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi les généraux Lassina Doumbia (Côte d’Ivoire) et Fabien Mandon (France) pour transformer des échanges stratégiques en actions coordonnées. Les priorités annoncées sont le partage du renseignement, la lutte contre les engins explosifs improvisés (IED), la formation conjointe et la mutualisation des capacités. Ces domaines répondent directement aux attaques qui ont touché le nord du Bénin en 2025, dont les offensives ont été revendiquées par des groupes affiliés au djihadisme sahélien (JNIM). Les chefs d’état-major ont insisté sur la nature transfrontalière des menaces (terrorisme, criminalité organisée, menaces hybrides) et sur la nécessité d’impliquer désormais des responsables politiques, « Les militaires échangeront entre eux, mais les discussions ne resteront pas cantonnées aux états‑majors», ont déclaré les délégations. L’objectif affiché est d’améliorer la réactivité face à des attaques de plus en plus mobiles et de créer un «front commun» capable d’agir sur des axes allant du Sahel au Golfe de Guinée.
Des partenaires diverses pour une coopération multidimensionnelle
La France apparaît comme un partenaire pivot mais transformé avec une réduction visible de bases et un maintien d’un appui ciblé. En 2025 Paris a engagé une reconfiguration de sa présence en Côte d’Ivoire, notamment via la rétrocession de sa base d’Abidjan, tout en continuant des actions de formation, d’appui logistique et de partage de renseignement. Sur le plan international, l’UE et d’autres partenaires ont déjà engagé des aides spécifiques comme la mesure d’assistance de l’Union européenne à la Côte d’Ivoire, avril 202. La combinaison d’un renforcement régional comprenant partage d’informations, lutte contre les IED, exercices conjoints et d’un appui international calibré vise à remporter des gains rapides en capacité opérationnelle. Cette synergie permettra une lutte efficace contre une pression terroriste toujours plus pressante en provenance de l’AES. Reste la difficulté politique : concilier souveraineté nationale, présence étrangère et action concertée contre des réseaux mobiles et hybrides qui exigent, selon les acteurs réunis à Togbin, une coordination étroite entre états‑majors et décideurs politiques.
Constantine




