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Le jeudi 16 avril 2026 , dans une déclaration rendue publique par son directeur de la communication, Ahilé Fernand dit Léo Côte d’Ivoire, le Dr Ahoua Don Mello, vice-président du PPA-CI et candidat à la présidentielle 2025 , a salué l’adoption par le gouvernement en Conseil des ministres du mercredi 15 avril 2026 de la création du Fonds souverain stratégique pour le développement de la Côte d’Ivoire (FSDI), qu’il considère comme une avancée majeure vers la souveraineté économique, tout en mettant en garde contre les risques liés à la gouvernance de cet instrument.
Lors de la campagne présidentielle de 2025, Ahoua Don Mello avait placé la souveraineté économique au cœur de son programme, plaidant pour la création d’un fonds souverain fondé sur l’autonomie financière et la transformation locale des ressources. L’objectif affiché , selon le Directeur de communication était de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des marchés extérieurs et des bailleurs internationaux, tout en utilisant les revenus issus du cacao, des mines et des hydrocarbures pour soutenir l’industrialisation.
Le FSDI, désormais acté par le gouvernement, s’articule autour de trois piliers : un fonds dédié au financement des infrastructures stratégiques, un mécanisme de stabilisation économique destiné à amortir les chocs extérieurs, notamment les fluctuations des prix des matières premières, et un fonds de placement à long terme à vocation intergénérationnelle. Selon les autorités, ce dispositif sera alimenté par une quote-part des revenus tirés de l’exploitation des ressources minières et énergétiques.
Malgré des divergences idéologiques entre la vision d’Ahoua Don Mello, favorable à un retour de l’État dans les secteurs stratégiques, et celle historiquement défendue par le président Alassane Ouattara, davantage orientée vers le libéralisme économique, l’ancien ministre estime qu’un consensus technique émerge aujourd’hui sur la nécessité de mieux capter la rente des ressources naturelles. Il voit dans cette initiative « un exemple de convergence entre les propositions de l’opposition et les impératifs de gestion de l’État ».
Toutefois, le responsable politique alerte sur plusieurs risques majeurs, notamment ceux liés à la gouvernance, à la politisation et à l’opacité des investissements. Il met en garde contre la possibilité que le fonds devienne une « caisse noire », en particulier s’il est alimenté par des ressources extractives et si les nominations à sa tête reposent sur des considérations politiques. Dans un tel cas, prévient-il, les investissements pourraient privilégier des projets à court terme à visée électorale, au détriment de la rentabilité et de la durabilité.
Pour renforcer l’efficacité du dispositif, Ahoua Don Mello propose d’élargir la base de financement du fonds en y intégrant les réserves du secteur café-cacao. Il recommande également l’adoption des Principes de Santiago, qui encadrent la transparence, la redevabilité et la gestion indépendante des fonds souverains à l’échelle mondiale.
Au-delà du FSDI, il plaide pour un ensemble de réformes structurelles visant à moderniser le système financier ivoirien et à attirer les capitaux. Parmi les mesures avancées figurent l’adoption d’une législation sur les crypto-actifs pour permettre la tokenisation des ressources, la création d’une zone franche financière, ainsi qu’une révision des accords monétaires avec la France afin de mobiliser davantage de réserves en or et en devises.
Ahoua Don Mello considère le fonds souverain comme un levier stratégique, mais insiste sur la nécessité de l’inscrire dans un écosystème financier cohérent. « Le FSDI peut être le moteur de l’autonomie économique, mais sans réformes structurelles, il risque de ne pas produire les effets escomptés », souligne-t-il.
Touré Abdoulaye





