Covid 19 – Niamien Kouadjo Hermann, SGA du Bureau national de la Chambre nationale de métiers de Côte d’Ivoire: “Voici les difficultés auxquelles le secteur de l’artisanat est confronté”

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Niamien Kouadjo Hermann, Secrétaire général adjoint (SGA) chargé de la communication et porte-parole du Bureau national de la Chambre nationale de métiers de Côte d’Ivoire (CNMCI) donne dans cet entretien accordé à l’IA , les premiers signes dévastateurs de la crise du Coronavirus sur le secteur artisanal qui est, de loin, le plus gros employeur en Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui avec le coronavirus, tout est à l’arrêt. Alors comment vit le secteur ?

D’abord, je voudrais commencer par dire qu’est considérée comme activité artisanale, toute activité d’extraction, de production ou de transformation de biens et/ou de prestations de services à l’exclusion de toute activité agricole, de pêche, de transport, d’achat et de revente ou spécifiquement intellectuelles. Pour répondre donc à votre question, je voudrais dire que tout le secteur économique en lui-même tourne au ralenti à une vitesse réduite. Le secteur de l’artisanat est deux fois plus touché parce que les mécanismes qui doivent assurer sa modernisation ne sont pas encore fonctionnels. Je veux parler de la mise en place d’un système de financement adapté au secteur de l’artisanat et le soutien à la commercialisation des produits et services du secteur de l’artisanat.

Dites-nous, quels sont les secteurs de l’artisanat qui sont les plus touchés par cette crise ?

Les secteurs de l’artisanat les plus touchés, selon moi, sont les secteurs de l’agro-alimentaire, alimentation et la restauration. Et je suis désolé de vous dire que la situation va aller de mal en pire avec les nombreuses hésitations qu’on constate çà et là. Mais avec les mesures de couvre-feu et de limitation des mouvements de personnes, d’autres secteurs vont s’ajouter à la liste.

Est-ce qu’aujourd’hui, on peut affirmer sans se tromper que le secteur de l’artisanat qui emploie plus d’Ivoiriens est le plus touché par cette crise sanitaire ?

Oui on peut l’affirmer sans se tromper parce que l’artisanat représente plus de 60% de la population active dans nos villes et communes. Personne n’est censée ignorer que le confinement va provoquer le dysfonctionnement des approvisionnements et perturber l’équilibre fragile du secteur de l’artisanat.

Alors, à combien peut-on estimer le manque à gagner au bout d’un mois après la mise en vigueur par le gouvernement des mesures restrictives pour lutter contre cette pandémie ?

Je ne voudrais pas m’hasarder dans les chiffres et me perdre dans des indicateurs macro et micro-économique. Mais ce que je peux dire est que le secteur de l’artisanat va payer le plus lourd tribut des mesures restrictives du gouvernement. Ce sont plusieurs milliards de francs de perte. Il est clair que toute l’économie va se voir toucher dans tout son ensemble.

Avez-vous des suggestions à faire ? Autrement dit quel est l’appel que vous lancez à l’endroit de l’État ?

Je voudrais que l’État prenne la vraie mesure des effets dévastateurs de cette pandémie sur le secteur de l’artisanat. Mais surtout au-delà de ce qui pourrait être fait pour le secteur, il faut que le gouvernement règle une bonne fois la question du cadre juridique par la prise des différents décrets pour rendre applicable le code de l’artisanat. Que des mesures allant dans le sens de la mise sur pied d’un système de protection sociale des acteurs du secteur de l’artisanat soient prises. Mais surtout qu’un mécanisme clair de relance des activités du secteur de l’artisanat soit mis sur pied au sortir de cette crise sanitaire pour soutenir la promotion et la commercialisation des produits et services du secteur de l’artisanat. Il faut un vrai plan Marshall pour le secteur de l’artisanat.

Interview réalisée par Ahou Moayé

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