Derniers instants de Kéké Kassiry : sa compagne Koné Saly Agathe explique ce qu’il s’est passé

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Koné Saly Agathe (femme de Kéké Kassiry) Le ministère nous a demandé de constituer un dossier médical pour une prise en charge. Nous en étions là, lorsqu'il est décédé" (Ph IA)

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Malgré la douleur, Koné Saly Agathe (49 ans) a accepté de nous parler. Celle qui durant 17 ans a partagé la vie de Kéké Kassiry nous dévoile sans détour, les derniers instants de la star du « Gnama-Gnama », décédé le samedi 4 avril 2026, à l’âge de 72 ans, dans une clinique à Abidjan. Il ne cessait de me répéter « je suis fatigué bébé »
 
 
Forcément que la douleur est grande ?
 (sanglots). Il était prévu qu’on parte en Europe… (sanglots) pour que je fasse désormais mes propres affaires et il est parti comme ça (sanglots). Il ne cessait de me répéter qu’il est fatigué : « bébé, je suis fatigué » (sanglots)… « je suis fatigué », « je suis fatigué ». Et je lui disais : « mais tu ne peux pas me laisser-si tu me laisses, que vais-je devenir » (Pleurs)
(….)
Le dernier jour ( le jour du décès : Ndlr), nous étions chez nous à la maison le vendredi (3 avril 2026 : Ndlr), il était endormi et lorsqu’il s’est réveillé, il m’a demandé de repasser ses habits et de repasser également les miens pour qu’on parte faire une prestation , parce que son deuxième danseur n’est pas là. Il m’a dit : « il ne faut pas avoir honte ». Et j’ai dit : « oui ». J’avais l’espoir. Je me suis dit qu’il allait se lever et je me suis endormie.  Très tôt le lendemain (le samedi 4 avril 2026 : Ndlr), je me suis réveillée et lorsque je repassais nos habits, j’ai vu mon mari en train de s’agiter. C’est là que j’ai fait appel aux jeunes qui habitent dans les baraques à notre arrière-cour pour m’aider à le conduire à la clinique du quartier. Parce que très souvent, lorsque je devais faire des courses pour ses soins ( ministère, rapport médical etc), je faisais appel à ces jeunes pour rester auprès de lui. Une fois à la clinique, j’ai appelé ma tante qui m’a dit que mon mari était en train de me dire adieu. Nous avons trop souffert.
 
Vous parliez de prester ensemble. Etes-vous également une artiste ?
Non, je ne suis pas une artiste.  Mais comme il traversait des moments difficiles, Je lui ai donné une idée, depuis Marcory où on était. J’ai proposé qu’il réduite le nombre de ses danseurs, de deux à un seul. Et j’ai remplacé celui qui est parti pour réduire les dépenses. (…) La première fois, nous avons eu un grand « gombo » en zone 4C, dans un grand bar et j’ai assuré. C’est comme cela que c’est parti ; petit à petit.
 

Combien d’années avez-vous passé ensemble ?

Cette année, ça nous ferait 17 ans.

Avez-vous toujours été à son chevet,

Bien-sûr ! Où vouliez-vous que j’aille. J’étais à la fois sa femme, sa petite sœur, sa maman, sa camarade, sa cousine, son tout. Lui-aussi pareil pour moi. Où vais-je aller. Je suis auprès de lui. Je grille des galettes. J’ai un kiosque où je fais du spaghetti et autres. Tout cela pour lui venir en aide.

Dès l’annonce du décès, nous sommes arrivés dans la cour familiale pour recueillir le sentiment des uns et des autres. Pourquoi Gbai Marie Kéké, la cadette de Kéké Kassiry a refusé qu’on vous donne la parole ?

Franchement, je ne sais pas pourquoi elle a réagi de la sorte. Je ne sais pas ! Sinon avec sa première femme, celle avec laquelle il était, lorsqu’il était encore plus jeune, que j’appelle affectueusement « tantie Jeanne », il n’y a pas de problème. Elle ressemble d’ailleurs à ma mère. Elle est sympa avec moi. Et je suis aussi sympa avec elle.  Ils se sont séparés il y a plusieurs années. Ensuite, il a connu la grande sœur Tina (Logbo Valentine, alias Tina Spencer : Ndlr) et il m’a croisé après. Donc si aujourd’hui, on estime que je ne suis pas sa femme et que c’est elle (Jeanne Lahiri : l’ex-épouse de l’artiste, la première, qui était aux côtés des parents du défunt : Ndlr), il n’y a pas de problème. Moi, je ne suis pas dans le débat d’être sa femme ou pas. Ce que je sais, qu’ils fassent tout le nécessaire pour enterrer mon homme. Nous avons vécu 17 ans ensemble.  Et tout le monde sait que je suis sa femme.

Effectivement, nous avons appris qu’il vous avait promis un mariage à quatre, s’il se rétablissait ?

Oui, c’est vrai. Il m’avait même dit que s’il guérit, on allait commencer à faire les démarches rapidement. Il a effectivement parlé de ça.

De quoi souffrait-il exactement ?

Du palu, d’itère doublé d’une anémie sévère. Voilà ce dont il souffrait.

Ses dernières paroles ?

Avant de me demander de repasser nos habits, il ne cessait de me répéter : « bébé, tu es très courageuse » ; « mais bébé, il ne faut pas pleurer, je suis fatigué » ; « je suis fatigué ». Et je lui répondais : « mais tu ne peux pas me faire ça ». Et je lui ai demandé s’il voulait boire de l’eau et il a répondu « oui ». Et il a commencé à me toucher. Il a même dit que j’ai maigri. Bon, on causait comme s’il allait se tenir debout le lendemain. J’ai mis tous ses sons dans mon téléphone portable. Il y a l’une de mes « filles » qui dansait et il se moquait d’elle. Je lui ai demandé de boire de l’eau parce qu’ il y a des heures auxquelles il doit boire. Même lorsque je m’absente pour des courses, je demandais aux jeunes dont j’ai parlé plus haut de lui donner à boire à des heures précises. Ce jour-là, je l’ai forcé à boire. Il m’a dit « mais tu es têtue hein. Pourquoi tu es têtue comme ça. Donne-moi je vais boire un peu »

Qu’est-ce qui a été décidé pour les obsèques ?

Rien n’a encore été décidé parce que la maison n’est pas encore bien finie.  Ils sont en train de tout terminer et lorsque tout sera prêt, les choses vont être décidées. Moi mon souci aujourd’hui, c’est de faire doucement, doucement, pour qu’ils aillent  « cacher » mon mari. Voilà ça un peu.

Il nous a été rapporté que vous avez approché le ministère de la Culture. Que sent-il passé là-bas ?

Le ministère nous a donnés 500. 000 francs (Cinquante cent mille francs) pour les premiers soins et autres. Ils ont demandé un rapport médical pour une prise en charge totale. Nous étions très heureux. Je courrais par-ci-par-là, pour constituer ce rapport médical et c’est dans ça qu’il est décédé.

Vous avez lancé un appel à l’aide ?

Oui ! C’est d’ailleurs à la suite de la vidéo d’appel en aide que les choses ont commencé à bouger petit-à-petit. Parce qu’il y a eu la réaction de ses amis et frères qui sont en Europe qui nous sont venus en aide. J’ai également envoyé une vidéo à Bilé Didier et autres. C’est comme cela que les gens ont commencé à réagir. Parce que lorsque lui-même il appelle pour dire qu’il est malade, personne ne le croit. Quelqu’un comme lui qui a la main sur le cœur, qui a aidé beaucoup de personnes dans la vie et dans le milieu des artistes est en train de mourir à petit feu, sans soutien, je me suis dit mais ce n’est pas possible. C’est alors que j’ai lancé un appel à l’aide pour lui. Les gens ont finalement réagi.

C’est là que ses amis et frères ont commencé à envoyer de l’argent. Les gens ont commencé à réagir, la ministre aussi a donné 500 mille francs. C’est comme cela que c’est parti. Sinon au début, j’avais voulu qu’on appelle  à l’aide. Il ne voulait pas au début. Il a attendu, on dirait un mois. Lorsque nous sommes rentrés dans le deuxième mois, il s’est levé, et il a dit : « Ah bébé, ce que tu as dit là, c’est vrai. On va appeler des personnes mais je vais aviser Tina » (…) Et c’est à la suite de toutes ces démarches qu’il a été évacué à la clinique où il a passé 5 jours. Et durant ces 5 jours, comme c’est la vieille mère Tina qui était auprès de lui, il m’a demandé de rester à la maison pour qu’il n’y ait des histoires. Après les cinq jours , il est rentré à la maison et m’a expliqué les choses. Il m’a même présenté des photos prises à la clinique là-bas. J’étais très contente. On était donc là, il était sous traitement. Et un jour, il a rechuté.  C’est là que je l’ai conduit en clinique. Mais avant d’y aller, j’ai lancé les nombreux appels dont je vous parlais avec photos à l’appui pour qu’on sache que c’est vraiment sérieux. Tout le monde a réagi. Y compris ceux qui sont en France. Lui-même m’a demandé qui a lancé cet appel avec sa photo. Je lui ai dit « C’est moi, bébé. Si je ne le fais pas, comment ferai-je pour te soigner. Je fais comment. Je suis seule ici. Le temps d’attendre la fin du mois que tu puisses aller chercher de l’autre côté, nous avons des factures à payer, il y a la petite servante qu’on doit payer, même tu dois manger. L’argent ne suffit pas. Je fais comment. Le commerce aussi que je fais ne marche pas. J’étais donc obligé de balancer des photos » Il m’a dit : « ok, tu as bien fait mais il fallait m’aviser d’abord ». Et je lui ai dit : « si je t’avisais, tu allais me dire non. Alors que nous sommes dans les problèmes ». Donc voilà un peu.

Pour terminer, permettez-moi de remercier, dans l’ensemble, ceux qui m’ont aidée financièrement et moralement.

Il y’a son petit frère, Kéké Lorougnon Charles, ainsi que son dernier petit frère, Kéké Camille. Il m’a toujours dit que ce dernier est son « fils ».

Il y’a aussi sa fille, Kéké Armande, qui est à Londres et qui m’a beaucoup aidée financièrement.

Je remercie également son ex, Anne-Marie Matin, ainsi que sa fille Aude, qui sont à Paris. Elles m’ont soutenue moralement et surtout financièrement.

Il y’a sa fille chérie, Kéké Mickaela. Elle aussi m’a aidée financièrement et moralement. Elle venait régulièrement me rendre visite pour voir son père.

Du côté des garçons, il y’a Kéké Gilles-Aimé, qu’on appelle son jumeau. Le jour où on devait le transférer à la clinique où il est décédé, j’étais seule avec lui.

Je n’oublie pas non plus le soutien des jeunes de l’arrière-cour.

Pour le transfert de son corps, c’est mon « fils » qui courait partout. De la clinique à la morgue, il y’avait Gilles-Aimé, Mickaela et moi-même, ainsi que Koné Agathe, Oussou Ahmed et Monsieur Pascal.

Je voudrais également dire merci à Messieurs Gnaly et Kouao.

Claude Dassé

 

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