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La Coalition des Organisations et Militantes Féministes de Côte d’Ivoire (Comfeministes‑CI) a appelé à la reconnaissance juridique du féminicide en Côte d’Ivoire, lors d’une conférence de presse tenue le samedi 7 mars 2026 à Abidjan-Cocody.
Organisée en marge de la Journée internationale des droits des femmes, cette rencontre visait à sensibiliser l’opinion et les décideurs sur la nécessité d’intégrer cette notion dans la législation nationale afin de mieux lutter contre les violences extrêmes faites aux femmes.
Pour la militante féministe Marie‑Paule Okri, le féminicide correspond au meurtre d’une femme en raison de son genre et mérite une reconnaissance juridique spécifique. « Le féminicide désigne simplement le meurtre d’une femme en raison de son genre. Reconnaître le féminicide dans nos textes de loi, c’est reconnaître que le sexe de la victime est une circonstance aggravante non pas parce que sa vie vaudrait plus, mais parce que sa mort procède d’une haine de sa personne qui doit être nommée, condamnée et combattue en tant que telle », a‑t‑elle déclaré. Elle a regretté que ce crime demeure encore insuffisamment reconnu dans plusieurs systèmes judiciaires. « Les femmes disparaissent deux fois : une première fois dans la violence et une seconde fois dans les statistiques », a‑t‑elle affirmé. Selon elle, l’absence d’une qualification juridique claire empêche d’évaluer l’ampleur réelle du phénomène et de mettre en place des politiques publiques adaptées. Au nom de la coalition, elle a également interpellé les parlementaires pour l’adoption de mesures fortes : sanctions exemplaires contre les auteurs de féminicides, production et diffusion de statistiques nationales, intégration de l’éducation aux droits humains dans les programmes scolaires et formation des forces de sécurité et des acteurs judiciaires sur les violences basées sur le genre.
De son côté, Tènin Traoré, spécialiste en communication pour le plaidoyer et membre de la coalition, a évoqué plusieurs cas récents d’agressions graves et de meurtres de femmes souvent liés à des refus de relation, à des jalousies ou à des conflits conjugaux : « Je souhaite une prison à vie ou une peine de mort pour les auteurs de féminicides». Pour elle, reconnaître juridiquement le féminicide constitue une avancée majeure dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
Selon des analyses d’organisations féministes, plus de 400 cas de féminicides auraient été recensés entre 2022 et 2024 à partir de recherches indépendantes et d’analyses médiatiques.
Mamadou Ouattara avec A. Traoré
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