Exclusif – Vers la liberté totale pour Laurent Gbagbo et Blé Goudé ?: Décryptage de l’audience du 6 février 2020 avec l’un des avocats de l’État ivoirien, Jean Paul Benoit

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Jean-Paul Benoit l’un des avocats de l’État ivoirien

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Dans cette interview exclusive accordée à l’Intelligent d’Abidjan, Jean-Paul Benoit l’un des avocats de l’État ivoirien parle de l’audience du 6 février 2020 à la Cpi, de la visite officielle du président français Emmanuel Macron en Côte d’Ivoire et dit ce qu’il pense des actions menées par le président Ouattara en Côte d’Ivoire.

Vous avez participé à l’audience du 6 février ; quel est votre pronostic quant au jugement qui sera rendu ?

La justice internationale n’est pas une partie de poker. Je ne fais pas de pronostic. L’audience conduite par le président de la Chambre d’appel avec autorité et compétence a permis à toutes les parties de s’exprimer.
Pour leur part, les avocats de la Côte d’Ivoire ont marqué leur attachement à une justice indépendante et impartiale. La CPI répond à cette préoccupation. Il était important qu’à ce stade de la procédure les avocats de la Côte d’Ivoire énoncent leur point de vue.
J’ai toujours souhaité que la procédure aille à son terme après l’appel afin que la légitimité de la décision qui sera rendue ne soit pas contestable. C’est une nécessité pour garantir la paix civile, la réconciliation et l’ordre public international. Nous avons développé tous ces aspects dans un mémoire remis à la Cour, et lors de nos interventions à l’audience.
Pays signataire du Statut de Rome, l’Etat ivoirien a toujours coopéré loyalement avec la CPI, et pris acte de ses décisions.

On a remarqué que vous avez salué Laurent Gbagbo.

J’ai salué mon confrère et Laurent Gbagbo qui était à ses côtés. Je préfère la politesse et la courtoisie à la vindicte permanente que pratiquent un certain nombre de partisans de Laurent Gbagbo à l’égard de la Cour pénale et des avocats. La justice ne se rend pas par des tweets, et autres publications sur les réseaux sociaux. Le respect de l’autre et la sérénité sont pour moi des obligations impératives.

Comment jugez-vous la situation politique en Côte d’Ivoire et notamment avec « l’affaire Soro» ?

Je me tiens à un devoir de réserve strict. Je n’ai pas à m’exprimer sur la politique intérieure ivoirienne.

Vous avez participé à la visite officielle du Président Macron en Côte d’Ivoire. Quel est votre sentiment sur cette visite?

Les relations bilatérales entre la France et la Côte d’Ivoire sont excellentes. La Côte d’Ivoire est un partenaire important pour la France et la France un partenaire important pour la Côte d’Ivoire. En dehors des relations bilatérales, il existe un respect et une considération mutuels entre les deux Chefs d’État.
La réforme du Franc CFA et la création de l’ECO, pour laquelle le Président Ouattara a joué un rôle déterminant, fut une annonce symbolique majeure. De plus, le recueillement, à Bouaké, des deux présidents en souvenir des victimes, fut un moment d’émotion et d’union entre les deux pays.

Depuis de nombreuses années vous connaissez le Président Ouattara et vous êtes l’avocat de l’État ivoirien, comment, en un mot, définissez-vous son action?

Je sépare toujours les relations personnelles et professionnelles. Dans le cas présent, mon sentiment rejoint l’appréciation de ses pairs et de la communauté internationale. Alassane Ouattara est un président respecté qui s’est attaché au développement de son pays et à la construction d’une société civile apaisée. On peut dire que le Président Houphouët-Boigny, que j’ai eu l’immense honneur de connaître, fut le Père de la Nation et le bâtisseur de la nation ivoirienne ; Alassane Ouattara est le bâtisseur d’une nation émergente, démocratique et moderne, confrontée à de nouveaux défis qu’elle est mesure de relever.

Par Wakili Alafé, avec la collaboration de Charles Linari et CG

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