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À l’occasion de la célébration de la Fête du Travail, des organisations syndicales du secteur privé ont dénoncé la dégradation continue des conditions de vie des travailleurs en Côte d’Ivoire. Réunis le vendredi 1er mai 2026 dans la zone industrielle de Yopougon, plusieurs représentants syndicaux ont dressé un constat alarmant : « Le travailleur du privé ne vit plus, il survit ».
Au cœur des préoccupations, la cherté du coût de la vie, aggravée par la hausse des loyers, souvent fixés « au gré des ambitions des bailleurs ». Les syndicalistes pointent également les inégalités de traitement entre salariés. « Alors que certains cadres bénéficient de la prise en charge de leurs charges (loyer, eau, électricité) par leurs employeurs, la majorité des travailleurs, avec des salaires souvent inférieurs à 100 000 FCFA, doit assumer seule l’ensemble de ses dépenses courantes », a déclaré Koudou Gnahoua Ambroise, secrétaire général de la Centrale syndicale honnête du collectif des secrétaires généraux et délégués du personnel du secteur privé de Côte d’Ivoire (CSH-CESEGEDEP-CI).
Au-delà des difficultés économiques, les intervenants ont également critiqué le cadre juridique du travail. Selon eux, le Code du travail, notamment la loi n°2015-532 du 20 juillet 2015, présente des insuffisances face aux réalités actuelles. Ils relèvent des contradictions entre certaines dispositions légales et les conventions collectives, ouvrant la voie à des interprétations favorables aux employeurs.
La gestion des ressources humaines dans les entreprises a aussi été pointée du doigt. Les syndicats dénoncent le recrutement de directeurs des ressources humaines et de conseillers juridiques ne disposant pas toujours des qualifications requises ou soumis à des influences, au détriment du respect du droit du travail. Cette situation entraînerait notamment des défaillances dans la déclaration des travailleurs à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), souvent tardive ou incomplète.
Face à ces dérives, les travailleurs formulent plusieurs propositions de réformes. Ils recommandent, entre autres, l’adoption d’un décret sanctionnant les employeurs qui maintiennent un salarié en contrat à durée déterminée (CDD) au-delà de 24 mois ou qui procèdent à sa réembauche sous ce même statut après cette période, une pratique jugée abusive.
Les syndicats plaident également pour la mise en place de profils de carrière avec des évolutions tous les deux ans, afin de garantir une meilleure progression professionnelle. Ils appellent en outre à un soutien accru de l’État aux centrales syndicales, à travers l’octroi de subventions, ainsi qu’à l’instauration d’assesseurs auprès des inspecteurs du travail pour renforcer l’équité dans le traitement des litiges, notamment en matière de licenciement de travailleurs protégés.
À travers ces revendications, les acteurs du secteur privé entendent interpeller les autorités sur l’urgence d’améliorer non seulement la quantité, mais surtout la qualité des emplois en Côte d’Ivoire.
Olivier Dion, avec Gérard Batoua





