Frontière Mali- Mauritanie : victimes, accusations et exode

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Les relations entre la Mauritanie et le Mali continuent de se détériorer. Après la mort de plusieurs Mauritaniens près de la frontière, les deux gouvernements s’échangent accusations et menaces, tandis que le Mali peine à maîtriser ses zones frontalières, entraînant un exode de ses habitants vers la Mauritanie.

Depuis le début de l’année 2025, les deux pays s’accusent mutuellement de manquements sécuritaires. Le ministère mauritanien de l’Intérieur a fermement condamné ce lundi soir, les «attaques meurtrières» contre ses ressortissants sur le territoire malien, appelant à un respect strict des consignes de déplacement. Ce vendredi 20 mars, deux éleveurs mauritaniens ont été tués au Mali. Leurs corps, retrouvés calcinés près du village de Yakna, portaient des blessures par balle à la tête et au dos. La Mauritanie a indiqué que les victimes, venues paître leurs troupeaux, avaient été arrêtées par une unité militaire malienne composée de cinq véhicules et vingt motos. Les accusations ne se limitent pas aux pertes humaines. Bamako a accusé la Mauritanie de «servir de base arrière à des groupes terroristes», évoquant même la détention d’otages maliens dans un camp de réfugiés situé sur le sol mauritanien. La Mauritanie a catégoriquement rejeté ces allégations, les qualifiant d’«infondées» et a proposé d’accueillir une commission d’enquête, voire d’impliquer l’Alliance des États du Sahel, pour rétablir la vérité face à ses accusations qu’elle juge infondées.

Dans le sillage de ces échanges, les deux États ont affiché une volonté de désescalade. Le ministre mauritanien des Affaires étrangères a reçu l’ambassadeur malien à Nouakchott, et le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a été reçu à Bamako, les deux parties évoquant le renforcement de la coopération bilatérale. Cependant, les déclarations restent prudentes et les mesures concrètes, comme le déploiement de forces le long de la frontière, demeurent limitées.

Une frontière en crise

Le même conflit a renforcé l’afflux de populations maliennes vers la Mauritanie. Un camp de réfugiés établi à Mbera, sur le territoire mauritanien, accueille des civils fuyant l’insécurité grandissante et les activités terroristes du nord du Mali. Cette dynamique souligne l’incapacité du Mali à sécuriser son territoire et à protéger ses citoyens, renforçant le sentiment d’insécurité parmi les populations locales. Les opérations militaires menées par les forces armées maliennes dans les zones frontalières, notamment la neutralisation d’une quarantaine de combattants jihadistes près de Kayes, illustrent la pression sécuritaire, mais exposent également les civils à des risques accrus. Ces opérations ont également été le prétexte a des incursions de l’armée malienne sur le sol mauritanien, amplifiant les tensions existantes. Les autorités mauritaniennes, conscientes de la porosité de la frontière, ont mis en place des circulaires interdisant le pâturage au-delà de la zone prescrite, créé des comités de vigilance villageois et renforcé les moyens de communication pour une alerte précoce. Ces mesures visent à éviter d’autres incidents et protéger les populations de rencontres malencontreuses dans cette région soumise à l’instabilité. Le maintien du dialogue entre les deux gouvernements parait essentiel pour y parvenir.

Constantine

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