Gardé à vue pendant plus de 24 heures: Ludovic Branger alias Blanc Goudé libéré sans renoncer à son combat contre Bolloré et CMA-CGM

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Un litige oppose Ludovic Branger à une multinationale française depuis 2003. Invité à la tribune de « L’infodrome », l’opérateur économique, qui a été gardé à vue pendant plus de 24heures avant d’être relaxé, a menacé les sociétés Bolloré et CGM.

« J’étais l’un des plus gros clients de SAGA, après les événements de 2002, sur le transport de conteneurs de matières premières pour l’alimentation de mes usines de rechapage d’Abidjan et de San-Pedro. Une procédure a été engagée, sur la base d’une expertise arrêtée en 2003, qui était estimée à l’époque à 214 millions de FCFA, qui a été mise dans une procédure normale au tribunal, que j’ai gagnée, le 17 juin 2004. En 2020, cela faisait seize (16) ans, j’ai eu enfin en face de moi M. Vincent Bolloré qui se croit tout-puissant, mais qui ne l’est pas parce qu’il ne respecte pas ses engagements. Il a déposé son dossier à la présidence de la République de Côte d’Ivoire, sous le Président Alassane Ouattara, comme il l’avait fait sous les Présidents Bédié, Guéi et Gbagbo. J’ai reçu des courriers de leurs directeurs de cabinet, me disant que M. Bolloré allait me payer, mais il ne l’a jamais fait. J’ai effectué la première saisie du navire de CMA-CGM au Port de San-Pedro en 2017, qui a été libéré le 25 août 2017, sans aucun document. J’ai fait une deuxième saisie pour prouver qu’on peut faire les choses légalement (…) Le Port autonome a fait son travail, mes avocats ont fait leur travail. J’ai eu une réquisition signée par le procureur général qui m’autorise à faire cette saisie. CMA-CGM se plaint aujourd’hui que ces saisies sont abusives. Un rapport d’expertise a été demandé et élaboré à mes frais, dans lequel il écrit que la société Delmas devra me rembourser à hauteur de 60 millions de FCFA du coût de l’expertise qui a été déposée à la Cour de cassation. En fin de compte, ils ne veulent pas payer les 660 millions de FCFA, parce qu’ils estiment que celui qui va payer les 660 millions de FCFA, CMA-CGM ou Bolloré, devra payer tout le reste. Le plus important, ce n’est pas la question financière, parce que je peux combattre Bolloré pendant dix ans encore, mais il y a 360 salariés qui ont été mis à la rue, j’ai dû payer 1, 200 milliard Fcfa de dommages. J’ai payé tout le monde, donc moralement, physiquement je tiens le coup », a expliqué Ludovic Branger. Ce combat qu’il mène depuis des années à un objectif, selon lui : « C’est pour remettre en place la Justice, que les choses s’effectuent dans les règles. Je suis prêt à aller jusqu’à ce que le Droit soit établi, que les Ivoiriens soient fier d’avoir quelqu’un comme moi pour les défendre. Ce qui m’arrive arrive à beaucoup d’autres, mais qui n’ont pas les mêmes finances que moi (…) En 2007, je suis allé voir le Président Ouattara qui était président du RDR, à l’époque. Il m’a conseillé d’aller toujours dans le sens de la négociation et depuis 16 ans, je négocie, je tends la main. Mais, saisir des navires, c’est plus simple ». C’est dans le cadre de ce combat qu’il a fait l’objet d’une interpellation sur plainte des mis en cause par lui. Celui qui se fait appeler Blanc Goudé en référence à Ble Goudé, mais pour prôner la paix et l’esprit d’ouverture de la Côte d’Ivoire où il est né, ne compte pas abandonner son combat , malgré les intimidations et les humiliations. N’empêche, Ludovic Branger continue de croire en la justice ivoirienne.

OD

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