Impacts du coronavirus 2019: Du virtuel de notre vécu au sens réel de la vie

506

Dernère publication

La pandémie de coronavirius 2019 n’épargne aucune région du monde. Tel un feu de brousse qui se délecte de la sécheresse, elle avance et consume de l’être humain. Ce qui oblige les gouvernants à prendre des mesures vigoureuses, notamment le confinement, pour briser la chaîne de la contagion et éviter des situations incontrôlables et ingérables. Du coup, le quotidien des populations s’en trouve impacté voire bouleversé. Cette nouvelle situation auparavant inimaginable en ce 21ème nous sort de la bulle de notre vécu et nous ramène au sens réel de la vie.

Premièrement, l’universalité et la concomitance de cette crise sanitaire, nous fait comprendre que les hommes, en dépit des différences raciales, sociales, religieuses, forme un corps unitaire. Les inventions idéologiques ségrégationnistes et ultranationalistes auxquelles de nombreuses personnes s’accrochent pour voir en l’autre l’ennemi, ne font plus sens. A preuve, leurs défenseurs sont quasiment aphones face à cette mobilisation mondiale. Car, la façon dont se joue actuellement des frontières le covid-19 bat en brèche le fondement de leurs idéologies.
Deuxièmement, depuis le 18èmesiècle avec la révolution industrielle et le triomphe du capitalisme, plus tard de l’ultralibéralisme, on assiste à la célébration tous azimuts du tout économique, du matérialisme et de l’individualisme. La publicité autour du classement annuel des plus riches du monde en est l’illustration la plus parfaite. Ce qui nous éloigne des humanités de nos sociétés traditionnelles qui donnent sens à la vie et resserrent les liens interpersonnels capables de nous offrir une certaine sécurité existentielle.
Par exemple, parce que bénéficiant d’un confort matériel, de nombreuses femmes et d’hommes n’éprouvent aucune inquiétude à vivre seuls. Mais à l’heure du confinement, que d’angoisses n’éprouvent-ils pas ? Heureusement que nous sommes à l’heure de l’internet qui permet d’être en contact avec des amis et proches en temps réel.
La présente situation démontre bien la virtualité de notre vécu. Un monde construit sur le principe sacrosaint de la suprématie de la matérialité. Or, avec les faits actuels on s’aperçoit de sa vulnérabilité, voire de sa périssabilité. En Afrique, l’adage ne dit-il pas : « l’Homme est mieux que l’argent !».
Troisièmement, cette crise est une sorte de révolte de la nature contre la marche humaine effrénée vers un idéal matérialiste toujours réinventé et sans limite. Tout se passe comme si la nature disait à l’Homme : « ouste ! assez de ton inconscience et de tes abus !» En effet, avec le confinement obligé, on assiste à une hibernation totale des habitudes du mode productiviste libéral, qui sous-tend notre vie.

Pendant au moins un mois on aura moins de gaz carbonique produit, moins de bruit, moins de consommation, moins de mobilité incessante… La nature reprend le dessus, elle va respirer, l’humanité sera au repos. Cela, en dépit des annonces des gouvernants sur l’injection de milliards de dollars pour soutenir l’activité économique quasiment à l’arrêt.
Confinés, les parents auront plus de temps pour leurs enfants, leur raconter des histoires comme dans l’ancien temps… Les familles apprendront à renouer les fils de la communication. Nul doute que les enfants ne regretteront pas cette pause forcée. Bref, les hommes apprendront à redécouvrir le sens originel de la vie. A savoir, construire des intelligences émotionnelle et sociale qui fondent le vivre ensemble, la vie communautaire.
Quatrièmement, c’est une certitude. Les Chinois nous le démontrent. Le monde viendra à bout du covid-19. Mais, au sortir de cette épreuve planétaire, qu’en retirerons-nous ? Il serait irresponsable que l’humanité fasse comme si rien ne s’était passé. L’ultralibéralisme, ce modèle de vie célébré jusqu’à présent, aura vécu. En plus d’avoir créé la fracture entre les strates de la société et les zones géographiques du monde, on voit bien que ce modèle est essentiellement fragile. En conséquence, il serait erroné d’y refonder de façon absolue le principe sacrosaint de la vie, dans la quête du bonheur auquel aspire l’humanité.

Nurudine OYEWOLE
Expert-consultant
en communication
onurudine16@gmail.com

Commentaire

PARTAGER