Dernère publication
Le président de la CEI révèle devant des étudiants les raisons pour lesquelles la Cei ne veut pas entièrement informatiser le processus électoral, mettant en avant les dangers que peuvent faire peser les NTICS et l’intelligence artificielle sur l’intégrité du processus électoral.
Présent à l’École nationale d’administration (ENA), le mercredi 12 juin 2024 pour le lancement officiel d’une campagne nationale d’éducation civique et électorale, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, président de la Commission électorale indépendante (CEI),a explique pourquoi son institution n’a pas encore informatisé tout son dispositif de travail, en faisant savoir que la technologie peut être une menace qui exige beaucoup de moyens pour s’en prémunir, comme le font les banques par exemple.
Les enjeux de la campagne lancée
La campagne lancée se déroulera dans deux mois, dans le cadre du prochain cycle électoral. Il s’agit d’une d’éducation à la matière électorale sur l’étendue du territoire, avant le lancement des opérations électorales, notamment la révision de la liste électorale et le scrutin proprement dit en 2025.
« Nous avons lancé ce jour l’opération de sensibilisation de la masse. Nous avons commencé ici à l’ENA pour permettre aux auditeurs de comprendre la matière électorale, pour être le porteur auprès des populations. (…) Selon l’Article 2 de la loi portant organisation de la Commission électorale indépendante, la commission a pour mission de sensibiliser la masse en matière électorale. C’est ce que nous faisons aujourd’hui. Soyez des plénipotentiaires de la CEI où que vous serez. Parlez de la paix, le fondement de toutes les actions », a-t-il dit.
Réponses aux étudiants
Entre autres sujets évoqués avec les énarques, le président de la CEI a expliqué les notions de population, d’électeur, la perte du titre d’électeur, la notion de candidat. Il a surtout expliqué qu’une élection ne saurait être un moment de conflits. Étant donné que, selon lui, c’est une occasion où le peuple, seul détenteur du pouvoir, le passe à qui il veut. Il a appelé les auditeurs à aider la CEI dans sa campagne qui vise à expliquer au peuple, le rôle qui est le sien dans ce processus. « Soyez pénétrés de la matière électorale afin de leur dire de faire bon usage du pouvoir qu’ils ont entre les mains. Si le pouvoir brûle, c’est que vous avez choisi le mauvais grain. S’il ne brûle pas, et que c’est la paix, c’est que vous avez fait le bon choix. Continuez de faire ce bon choix. Dites partout que, l’élection, ce n’est pas la guerre. L’élection, c’est la paix », a-t-il dit.
Le président de la CEI a répondu à plusieurs préoccupations des étudiants de l’ENA. Entre autres, les raisons pour lesquelles elle hésite à entièrement informatiser le processus électoral. « La nouvelle technologie a l’avantage d’aller vite, mais l’inconvénient est que, c’est par les Ntic que passent les personnes malveillantes pour mélanger le processus. Quand vous voyez l’argent que les banques utilisent pour sauvegarder leurs données bancaires, il faut en être une pour pouvoir le faire. J’ai même l’impression que c’est notre manque de présence accrue dans les Ntic qui nous permet d’être un peu crédible. Parce que, avec l’intelligence artificielle, les gens sont capables de vous faire voter là où vous n’avez pas voté. Vous aurez souhaité qu’on aille plus rapidement, mais nous préférons y aller doucement et en sécurité », a dit Coulibaly-Kuibiert.
J-H Koffo





