Le centre national de recherche agronomique attaqué,Boueunan Bruno,directeur de département : “Tout est détruit et arrêté pour un problème avec des Ébrié”`

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Le Centre national de recherche agronomique (Cnra) a été attaqué dans ses fondements le dimanche 24 novembre 2019 par des vandales pour une affaire de terre.

Le site d’expérimentation agricole a subi la furie des inconnus. Tous les abris servant à l’expérimentation des plants ont été détruits. Les installations hydro-agricoles alimentant ces plants n’ont pas échappé à la furie des vandales. Selon Kotchi Kopré Maxime, vigile en poste ce jour-là, huit hommes sont arrivés dans cet après-midi du dimanche avec un gradaire. Il raconte la scène : « À 5heures 30, j’étais assis sous le hangar et j’ai entendu un bruit. Je me suis précipité pour voir ce qui se passait. Quand je suis arrivé, j’ai vu un Caterpillar avec des gens. Ils sont venus et ont commencé à foncer dans la plantation. Je me suis approché pour leur demander qui leur a autorisé cela . Ils m’ont dit que le Cnra est au courant, et qu’ils ont leur papier et que le Cnra aussi a le papier. Donc, qu’ils ont droit à venir faire ce qu’ils veulent. Je leur ai dit : « dans ce cas, présentez-moi les papiers qui prouvent. Parce que je suis seul ici. Attendez du moins un jour ouvrable et là, vous venez travailler. Ce n’est pas comme ça, on fait. Ne faites pas ça !!! Attendez lundi, là, vous allez venir travailler ». Je demande leur nom et le numéro, ils refusent de me les donner. Ils avaient un papier en main. Ils appelaient ça ‘’ la grosse’’. J’ai foncé et j’ai pris. Ils voulaient résister. Je me suis dépêché et je les ai laissés. Après, je suis revenu. C’est là qu’ils ont fait tous ces dégâts que nous voyons. C’est tout ce que j’ai vécu ici ».

Recherches au Cnra suspendue

Pour Pokou Désiré, directeur laboratoire du central, biotechnologies du Cnra, tout le travail fait, depuis 6 mois, en amont est détruit en aval. Les activités de recherches seront suspendues. Les vandales, dit-il, ont détruit les cultures in vitro, entre autres les plants de cacao (cacao-Mercedes), de manioc, d’aubergine, de canne à sucre et du plantain. Le directeur laboratoire fait des précisions : « Nous conduisons des activités en culture in vitro qui permettent aux laboratoires de multiplier en masse et de façon identique des variétés développées. Nous avons des collaborateurs extérieurs qui sont aussi des centres de recherches. Nous menons nos recherches avec le centre international de recherches en agroforesterie (Ciraf) dont le siège est en Nairobi. C’est avec eux que nous avons installé deux serres, l’une de 600 m2 et l’autre de 400m2. La serre de 400 m2 a été complètement rasée. C’est le vigile qui nous a informé le dimanche 24 novembre 2019».

[ Crime contre l’agriculture ivoirienne ]

Boueunan Bruno, responsable Département infrastructures et moyens généraux de Cnra, a qualifié cet acte de terrorisme contre l’agriculture ivoirienne et de l’État de Côte d’Ivoire : « Je suis le technicien indiqué pour vous en parler. Les chercheurs qui ont conçu ce système sont à pied d’œuvre pour nous sortir tout le coût de l’investissement. D’abord, au plan végétal toutes nos plantes détruites, sont de différentes espèces. La construction des ombrières, le système d’irrigation lui-même, est une rivière artificielle. Elle fonctionne comme une rivière qui est en marche tous les jours pour envoyer l’eau aux plantes. Mais l’eau est envoyée avec des doses étudiées. La station métrologique avec ses composantes est un système très moderne et une fois, le besoin des plantes est estimé, les ordinateurs qui sont connectés à tout cela sont automatiquement alertés et le dosage est fait. Toutes ces installations sont en attente maintenant. Nous expérimentons tout ce que la Côte d’Ivoire produit aujourd’hui. Tout est détruit maintenant avec le graddaire pour un problème foncier avec les Ebrié. Le CNRA a arrêté les recherches en ce moment parce que c’est trop grave. Ce qui s’est passé est un crime. En fait, je ne voudrais pas qu’on en parle comme si on parlait d’une affaire de terrain banal. C’était trop facile. C’est un crime contre l’humanité, c’est un crime contre la recherche, c’est un crime économique, c’est trop grave ce qui vient de se produire. Pour que le chercheur reprenne tout ça, peut être que nous allons attendre une dizaine d’années. Si d’aventure, ils n’ont pas d’autres éléments qui sont déjà stockés quelque part, il faut reprendre à zéro.»
Le Cnra a décidé d’ester en justice pour destruction de biens publics.

M. Ouattara

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