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Depuis 2020, les investissements chinois au Sahel s’inscrivent dans une phase de recomposition. Moins spectaculaires qu’au cours des années 2010, ils n’en demeurent pas moins déterminants, par leur nature et par leurs effets géopolitiques. La Chine privilégie désormais une approche plus ciblée, centrée sur les infrastructures, la sécurité et l’influence politique.
« Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant », dit un célèbre proverbe chinois. La Chine n’a cessé depuis le début du millénaire d’investir, notamment dans les ressources naturelles primaires (or, terres, rares, uranium…) pour assurer et sécuriser une croissance économique nationale très dynamique. En effet, le produit intérieur brut du pays a été multiplié par 16 en 25 ans, passant d’environ 1 200 milliards de dollars (Md$) en 2000 à 19 600 Md$ en 2024. En 2025, le stock d’investissements directs à l’étranger (IDE) chinois en Afrique était estimé à environ 42 milliards de dollars, soit une part modeste des IDE mondiaux, mais en hausse de + 20 % par rapport à 2024. Surtout, la Chine identifie mieux les placements qui pourraient lui rapporter. Au Sahel, Pékin concentre ses efforts sur les infrastructures, qui constituent le cœur de sa stratégie. Des entreprises chinoises participent à la construction de routes, de réseaux électriques ou encore de bâtiments publics au Mali, au Niger ou au Burkina Faso. Ces projets, souvent financés par des prêts d’institutions chinoises, permettent d’ancrer durablement la présence économique de Pékin tout en répondant à des besoins immédiats de développement. À l’échelle du continent, plus de 20 milliards de dollars ont été investis récemment par des entreprises chinoises, générant plus de 100 000 emplois directs.
Équipements militaires
Le désengagement des forces occidentales du continent a ouvert un espace que la Chine exploite avec pragmatisme. Elle propose des partenariats sans condition politique, ce qui séduit les régimes militaires arrivés au pouvoir au Mali (2020), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023). Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large où les investissements étrangers en Afrique repartent à la hausse, atteignant 97 milliards de dollars en 2024. La Chine s’affirme comme le premier investisseur sur le continent. Parallèlement, la Chine élargit son action au domaine sécuritaire et militaire, marquant un tournant majeur. Entre 2020 et 2024, elle est devenue le deuxième fournisseur d’armes en Afrique, avec 18 % des importations, derrière la Russie. Au Sahel, cela se traduit par des accords de coopération, des livraisons d’équipements militaires et des projets de formation. Au Mali, par exemple, un partenariat avec l’entreprise Norinco prévoit la fourniture d’équipements (armes, blindés, artillerie, véhicules militaires…) et un transfert de compétences, illustrant une stratégie de long terme. En définitive, depuis 2020, la présence chinoise au Sahel repose sur un paradoxe : des flux financiers relativement modestes, mais une influence croissante et multidimensionnelle. En combinant infrastructures, coopération sécuritaire et diplomatie économique, la Chine s’impose progressivement comme un acteur incontournable dans une région en pleine recomposition stratégique.
Suppression des droits de douane sur les importations africaines
Depuis le 1er mai 2026, la Chine a supprimé tous les droits de douane appliqués en provenance des 53 pays africains, à l’exception de l’Eswatini. En effet, ce dernier a reconnu Taïwan comme État indépendant. A travers cette initiative, Pékin veut offrir au continent africain un accès sans entrave à une large gamme de produits. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique qui étaient de 10 milliards de dollars (Md$) en 2000 a dépassé les 100 Md$ en 2010 pour atteindre 348 Md$ en 2025. La Chine a ainsi exporté 225 Md$ de marchandises l’an dernier et le continent africain 123 Md$. 69 % des exportations africaines vers la Chine sont constituées de pétrole, d’or, de cuivre, d’aluminium et de minerai de fer. Ces échanges commerciaux fructueux ne sont cependant pas sans conditions. L’Eswatini est le premier exemple du chantage imposé par la Chine à ceux qui pourraient critiquer sa vision du monde.
Constantine
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