Pôle pénal économique et financier: Orpaillage clandestin et escroquerie au cœur des audiences

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 Successions, cybercriminalité et détournements au rôle. (Photo : DR)

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Au Pôle pénal économique et financier (PPEF), les audiences du vendredi 17 avril 2026 ont été dominées par des affaires d’orpaillage clandestin et d’escroquerie, révélant en filigrane des réalités sociales préoccupantes et des parcours de vie souvent marqués par la précarité. Parmi les dossiers examinés, deux cas d’exploitation illégale d’or ont particulièrement retenu l’attention.

Arrêtés le 4 décembre 2025, les nommés Magui Zagbo Blaise, Djibril et Niaré comparaissaient pour exploitation illégale d’or dans la forêt classée de Taï, sans autorisation préalable. À la barre, les prévenus ont reconnu les faits, tout en tentant d’expliquer les circonstances les ayant conduits sur ces sites interdits.

Niaré, se présentant comme pêcheur de profession, a relaté un parcours difficile. Selon lui, la maladie de son père a contraint la famille à mobiliser toutes ses ressources financières pour les soins, le poussant à chercher des revenus alternatifs. C’est dans ce contexte qu’il aurait été introduit dans le milieu de l’orpaillage, où il se contentait de ramasser des pierres.

De son côté, Magui Zagbo Blaise a indiqué qu’il occupait la fonction de cuisinier au sein de l’équipe, tandis que Djibril affirmait être « raccordeur » sur le site. Le parquet a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement ferme contre les trois prévenus. L’affaire a été renvoyée au 8 mai 2026 pour les réquisitions définitives du ministère public.

Dans une autre procédure, Coulibaly F. était poursuivie pour escroquerie portant sur un montant supérieur à 3 millions de francs CFA. Selon les faits exposés à l’audience, la prévenue entretenait depuis plus de six ans une relation commerciale avec la plaignante, à qui elle fournissait des marchandises supposément importées de France.

La collaboration entre les deux femmes se serait détériorée lorsque la cliente a exprimé le souhait de devenir grossiste. Coulibaly F. lui aurait alors proposé de lui livrer des marchandises en échange d’un paiement de trois millions de francs CFA. Incapable de mobiliser immédiatement cette somme, la cliente aurait procédé par versements échelonnés. Cependant, après plusieurs mois de cotisations, aucune livraison n’a été effectuée.

À la barre, la prévenue a reconnu avoir utilisé les fonds à des fins personnelles, affirmant toutefois être en mesure de restituer un million de francs CFA. En l’absence de la plaignante à l’audience, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 8 mai 2026, avec possibilité pour la mise en cause d’effectuer un remboursement partiel d’ici là.

Une autre affaire d’orpaillage clandestin dans la même forêt classée de Taï impliquait Zongo Ange et Ndry Jean-Luc. Zongo a expliqué s’être engagé dans cette activité dans l’espoir d’un gain rapide à l’approche des fêtes, évoquant une promesse de 50 000 francs CFA pour 72 heures de travail.

Au-delà des faits eux-mêmes, ces différentes affaires révèlent un constat préoccupant : la jeunesse des prévenus. La moyenne d’âge des personnes entendues au cours de cette audience tourne autour de 23 ans. La majorité sont des Ivoiriens, mais l’on note également la présence de ressortissants de pays de la sous-région, notamment du Mali, du Burkina Faso et du Bénin, particulièrement dans les dossiers liés à l’orpaillage clandestin.

Ces audiences, au-delà de leur dimension judiciaire, interpellent sur les défis socio-économiques auxquels fait face une frange importante de la jeunesse, souvent tentée par des activités illégales faute d’opportunités durables.

Olivier Dion avec Gérard Batoua

 

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