Restauration écologique des jardins publics :Marie Solange Tiébré expose les enjeux

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Professeure titulaire de botanique à l’Université Félix Houphouët-Boigny, Marie Solange Tiébré est également directrice du Centre national de floristique et coordonnatrice scientifique du projet FONSTI ODD 2024 intitulé : « Ville durable : co-construction de mécanismes de restauration écologique des jardins publics pour la résilience verte et l’amélioration du cadre de vie des populations du District autonome d’Abidjan ».
À travers cette initiative, elle pilote un ambitieux programme visant à faire des espaces verts de véritables leviers de résilience urbaine, en associant étroitement collectivités et populations. Dans cet entretien, transmis à l’IA par le Centre national de floristique, elle revient sur les enjeux, les objectifs et les retombées attendues de ce projet structurant pour la capitale économique ivoirienne.

Pourquoi avoir initié ce projet ?

Le projet est né d’un constat préoccupant. Abidjan, qui compte 13 communes, est confrontée à plusieurs défis liés aux changements globaux : changement climatique, urbanisation rapide, pollution atmosphérique et perte de biodiversité. Les rares jardins publics existants ne sont pas toujours aménagés ou gérés de manière à remplir pleinement leurs fonctions écologiques et sociales.

Quel est l’objectif principal ?

Notre ambition est de co construire, avec les collectivités territoriales et les populations riveraines, des mécanismes de restauration écologique durable des jardins publics. L’idée est d’impliquer les citoyens dans la gestion de ces espaces afin qu’ils deviennent de véritables leviers d’amélioration du cadre de vie.

Quels résultats attendez-vous ?

Une analyse spatiale réalisée dans le District d’Abidjan a permis d’identifier environ 155 jardins. Nous allons distinguer les jardins publics des jardins privés afin de retenir 50 jardins publics présentant un potentiel de restauration.

Le projet prévoit également la conception de cinq initiatives pilotes de restauration écologique, élaborées avec les populations et les collectivités territoriales, dans une logique d’économie circulaire.

Enfin, un jardin public pilote sera restauré pour servir de modèle reproductible dans d’autres communes d’Abidjan et, à terme, dans d’autres villes du pays.

Quels sont vos partenaires ?

Le projet est mené en collaboration avec l’Université Félix Houphouët-Boigny et le District autonome d’Abidjan, avec l’appui financier du Fonds pour la Science, la Technologie et l’Innovation (FONSTI).

Comment se déroulera sa mise en œuvre ?

Le projet se déploiera en trois phases : Diagnostic : inventaires écologiques et enquêtes auprès des populations pour identifier les jardins prioritaires ;

Renforcement des capacités : formation des riverains aux notions d’économie circulaire, de biodiversité et de gestion durable des espaces verts ;

Phase pilote : aménagement d’un jardin public modèle, conçu avec un partenaire privé et les populations locales.

Quels bénéfices pour les populations ?

Les retombées seront économiques, environnementales et sociales. Le projet contribuera à réduire les coûts de gestion pour les collectivités, à améliorer le microclimat urbain et à renforcer la biodiversité. Ces jardins publics offriront également des espaces de détente, de loisirs et de sport, favorisant la cohésion sociale.

Quel message souhaitez vous adresser aux populations ?

Nous invitons les citoyens à s’approprier ce projet. Leur implication est essentielle pour réussir la restauration écologique des jardins publics et ramener durablement le végétal en ville.

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