Seth Koko, candidat déclaré à la présidentielle 2020 : « J’ai un budget de 17 milliards Fcfa pour remporter l’élection le 31 octobre 2020 »

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Seth Koko, candidat déclaré à l’élection présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire

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Dans un entretien virtuel avec une plateforme des journalistes sur WhatApps le vendredi 10 juillet 2020, Seth Koko, candidat déclaré à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, a donné les raisons de sa candidature, exposé ses projets pour la Côte d’Ivoire et expliqué les raisons pour lesquelles il a collaboré avec les ex-présidents Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

«Je pense que je suis le candidat idéal pour le renouveau en Côte d’Ivoire. Je suis ivoirien, un enfant du terroir. J’ai vécu et je vie les réalités de la vie ivoirienne. Comme certains le disent, j’ai flirté avec Bédié, Gbagbo et Ouattara. Je voudrais préciser à ce sujet que j’ai fait mon travail comme tout prestataire. Et en la matière, lorsqu’un prestataire fait bien son travail, il est clair qu’il sera mis en lumière. Cela ne veut pas dire que je suis membre de gouvernement et que je participe aux prises de décisions. J’ai eu à faire des prestations pour ces différents gouvernements. Et cela est plutôt à mon avantage, puisqu’en les fréquentant, j’ai appris à les connaître et à connaître leurs méthodes de travail, lorsqu’il s’agit des intérêts de la Côte d’Ivoire ou de leurs intérêts personnels. Je suis un candidat jeune. Le candidat du renouveau qui peut rassembler les ivoiriens. C’est cela ma vision. Du temps du président Houphouët-Boigny, les ivoiriens étaient unis. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. J’ai vécu cette belle époque. Mais depuis bientôt 30 ans, tout cela a changé. La Côte d’ivoire a fait une grosse mutation qui est en train de tout désorganiser. Je suis pour le retour à cette belle ambiance où nous vivions dans la paix, la concorde et l’union. J’ai décidé de revenir sur les idéaux autrefois prônés par Félix Houphouët-Boigny. C’est à dire la paix, le dialogue permanant et l’unité nationale », a expliqué l’homme d’affaire de 44 ans.

Entre autres projets, Seth Koko dit vouloir faire de la Côte d’Ivoire, un pays débarrassé de la corruption. Pour ce faire, il ambitionne de mettre en place, en cas de victoire au soir du 31 octobre 2020, une Inspection générale d’Etat, et nouvelle vision, qui sera un organe spécial de police.

« Nous avons prévu de lutter farouchement contre ce fléau. Dans les soucis de l’éradiquer, il sera créée l’Inspection générale de l’Etat (IGE). Elle sera différente de celle qui existe actuellement et qui est une Inspection des fonctionnaires », précise-t-il.

« Nous allons mettre sur pied cette IGE qui sera vraiment un organe spécial de police, équivalant du FBI aux Etats-Unis. Elle aura un statut de service secret, sous la supervision directe de la présidence de la République. Elle rassemblera les meilleurs fonctionnaires de l’Etat. Près de 2000 agents qui auront tous le statut d’agents spéciaux et d’inspecteurs. Elle disposera d’une unité spéciale d’intervention, d’une section d’infiltration de la population et de tous les secteurs d’activité du pays. Je détaillerai la mission exacte de cette IGE, lors de ma prochaine conférence publique. Mais, disons qu’un numéro vert sera mis à la disposition des ivoiriens. Il y aura également une boite à suggestions. Une tour comme celle de la CCIA sera réquisitionnée pour abriter le siège de cette Inspection. Tous les ivoiriens pourront s’y rendre pour dénoncer tout abus dont ils auront été victimes. Nous allons éradiquer la corruption », a-t-il prévenu.

[ « Pas moins 17 milliards F CFA pour ma campagne » ]

Outre la corruption, Seth Koko a également son plan pour lutter contre le chômage. Il envisage, dès son élection, créer un fichier central du travail qui lui permettra d’avoir le nombre précis de chômeurs et de personnes en quête d’un premier emploi. « C’est ce qui se fait en Europe », dit-il. Ce fichier central sera géré par une agence qui sera dénommée “Agence nationale pour l’emploi (ANPE)“. Le candidat déclaré précise que cette agence sera chargée de répertorier toute la population en âge de travailler et résidant sur le territoire national. « Il impliquera les sans emplois, les chômeurs et les travailleurs, à commencer par le Chef de l’Etat, jusqu’au dernier demandeur d’emploi. Toute la population aura obligation d’actualiser sa situation professionnelle dans ce fichier central du travail. Une carte nationale du travail sera délivrée à tous les citoyens. Elle sera obligatoire pour toute la population. Chacun aura un numéro unique national. Ce numéro sera demandé dans certains cas de démarches administratives. Cela permettra une maitrise du baromètre du taux de chômage, afin d’y apporter une réponse solide », fait-il savoir.

Une fois élu, Seth Koko prévoit lancer l’industrialisation de la Côte d’Ivoire. À cet effet, 12 industries seront « urgemment » créées dans 12 régions du pays.

« Nous allons régionaliser l’industrialisation en fonction de la production agricole de la localité, afin que dans chaque région, il y ait des industries spécifiques », a-t-il expliqué.

Seth Koko croit dur comme fer en sa victoire au soir au 31 octobre 2020. Il s’est voulu rassurant au sujet des moyens financiers pour sa campagne : « Je n’ai pas de soucis avec mon budget de campagne. De toutes les façons, il n’est pas moins de 17 milliards F CFA. Donc, peu importe ce qu’ils feront, nous sommes prêts à aller à cette élection. Et nous allons la gagner », a-t-il répondu à une question de savoir ce qu’il pensait d’une éventuelle limitation des budgets de campagne. Il a par contre exprimé son inquiétude sur la fiabilité de la Commission électorale indépendante (Cei). Une Cei qu’il dit être trop inféodée au pouvoir en place. « Après notre élection, nous allons règlementer la question électorale à travers le Conseil Constitutionnel. Nous allons procéder à la mise en place d’une CEI à laquelle le gouvernement ne participera même pas », a-t-il prévenu.

En attendant, il dit avoir lancé un appel à la France, aux Etats-Unis, à l’ONU et l’Union Africaine « qui ont activement participé à l’accession au pouvoir du président Ouattara », afin qu’ils s’impliquent dans le processus électoral en cours, pour que la présidentielle du 31 octobre, selon ses termes, n’ait pas une issue dramatique. « S’ils ne font rien, ils seront comptables de tout ce qui pourrait advenir », a-t-il prévenu.

J-H Koffo

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