Sport au féminin en Côte d’Ivoire :  22 mille jeunes filles bénéficiaires du programme FEF-OSC

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Plus de 22 mille femmes et jeunes filles de 40 localités de la Côte d’Ivoire ont pu s’initier au sport pour certaines et pour d’autres renforcer leur pratique grâce au programme FEF-OSC « Sport au féminin ». Le mercredi 3 juin 2026,  l’Agora de Koumassi à Abidjan a abrité la cérémonie de clôture de ce programme porté par l’ambassade de France en Côte d’Ivoire. Doté d’une enveloppe d’un million d’euros, ce projet d’envergure nationale a profondément transformé le quotidien de milliers de jeunes filles à travers le pays.

Porté par le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, le Fonds Équipe France – Organisation de la société civile (FEF-OSC) s’est donné pour mission d’utiliser le sport comme un outil d’émancipation, de cohésion sociale et de lutte contre les stéréotypes de genre. Lancé en 2024 et déployé dans plus de 40 localités de 17 régions de la Côte d’Ivoire, le programme a investi des milieux communautaires, scolaires et carcéraux pour initier ou renforcer la pratique du sport chez les femmes et les jeunes filles.

Un levier d’inclusion sociale, du milieu scolaire au milieu carcéral

L’un des aspects les plus marquants de cette initiative réside dans son action au cœur du milieu carcéral. Des activités physiques adaptées ont été introduites dans cinq établissements pénitentiaires du pays. Les impacts sur le quotidien des détenues sont concrets : réduction notable de l’anxiété et du stress liés à l’incarcération, favorisant la santé mentale et le bien-être des femmes.

Les témoignages d’Abi Soro, adjointe au chef de l’établissement pénitentiaire de Toumodi, mettent en avant une pacification de la détention et une baisse de l’agressivité verbale et physique. Le sport s’est ainsi imposé comme un vecteur de dignité, illustré par la présence à la cérémonie de deux femmes récemment libérées.

« Le sport dépasse largement le cadre de la performance sportive. Il est devenu un outil d’émancipation, un facteur de cohésion sociale, un levier d’inclusion et un espace privilégié pour combattre tous les biais de genre. », a déclaré Nathalie Dupont, conseillère de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France.

De la thérapie motrice aux sommets du Taekwondo africain

Le programme a également offert un appui sur mesure à des profils très divers, allant de la prise en charge du handicap à l’élite sportive.

Le cas de la petite Mariam, atteinte d’une infirmité motrice cérébrale (IMC), est une illustration parfaite de l’impact positif du programme sur la vie des bénéficiaires. Grâce au projet, elle a pu bénéficier de séances régulières de kinésithérapie et de massage. Sa grande sœur, Fanta Kamissoko, témoigne des progrès spectaculaires. « Mariam parvient désormais à se tenir droite, à marcher de manière plus équilibrée, à s’exprimer et à participer aux tâches ménagères et scolaires. », a-t-elle révélé, plaidant pour un financement complémentaire.

Sur le plan de la performance, l’appui financier et logistique du FEF-OSC a permis à des athlètes ivoiriennes de briller sur la scène internationale. Mariam Cissé, récemment sacrée vice-championne d’Afrique de taekwondo, a partagé son émotion. Grâce au programme, elle a pu non seulement accumuler les points nécessaires sur le circuit mondial pour viser les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, mais aussi financer ses études en Master d’audit et contrôle de gestion.

Le programme a également propulsé d’autres championnes, tant chez les seniors que chez les juniors, notamment lors de compétitions au Nigeria.

Briser les barrières culturelles à l’intérieur du pays

Développer le sport féminin implique de se heurter à des barrières socioculturelles. À Odienné, dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire, la pratique du football par les filles était initialement très mal perçue par les populations. « Chez nous à Odienné, les filles, leur place c’était déjà la cuisine et les travaux ménagers. Grâce au projet, elles ont développé leur leadership et leur confiance en soi. », a souligné M. Traoré, coach de football.

Le projet a radicalement changé la donne. Les équipes féminines participent désormais aux championnats de l’OISSU (Office ivoirien des sports scolaires et universitaires). Quatre jeunes filles d’Odienné ont été formées et diplômées en arbitrage. Elles officient aujourd’hui sur les matchs de l’OISSU et sont désormais aptes à encadrer des rencontres de Ligue 1.

Au-delà du football, le programme a permis l’émergence d’initiatives inédites, comme DAS Windy, le tout premier club de surf féminin en Côte d’Ivoire, ou la création de quatre clubs de goalball destinés aux femmes malvoyantes et non-voyantes.

Pérenniser l’héritage : L’appel à l’action

Si la cérémonie officielle a été rythmée par des démonstrations de taekwondo, badminton, ou encore basket-ball, l’heure est désormais à la durabilité.

Amon Mariam Touré, directrice des sports de masse et du genre, représentante du ministre des Sports, a tenu à saluer l’implication des directeurs régionaux et départementaux dans la supervision du projet. Elle a également rappelé le rôle indispensable des parents : « Quand un parent est disposé à accompagner sa fille à faire du sport, c’est toute une nation qui gagne ».

Avec la fin du programme FEF-OSC « Sport au féminin », les autorités ivoiriennes et les partenaires s’accordent à dire que ce programme de 16 mois de renforcement des compétences doit servir de fondation. L’enjeu est désormais de transformer ces réussites en politiques publiques, afin de bâtir un écosystème sportif inclusif pour toutes les femmes de Côte d’Ivoire.

 

Yaya K.

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