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Du 17 au 23 mai 2026, Bobo-Dioulasso a vibré au rythme de la 6e édition du Festival International du Théâtre de Bobo. Placé sous le thème « Le théâtre, la force de la nature et l’avenir de la planète », le rendez-vous culturel a réuni des artistes, metteurs en scène, formateurs et professionnels des arts vivants venus de plusieurs pays africains, notamment du Burkina Faso, du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire et du Gabon.
Au fil des années, le FITBO s’impose progressivement comme un espace incontournable de création, de transmission et de réflexion sur le théâtre en Afrique de l’Ouest. Une dynamique portée par son directeur, Oumar Traoré, qui œuvre à faire du théâtre un outil d’éducation, de sensibilisation sociale et de dialogue culturel.
Une formation marquée par l’expérience de Delphine Yoboué
Parmi les figures marquantes de cette édition 2026, la présence de Delphine Yoboué a particulièrement retenu l’attention.
Artiste-comédienne ivoirienne, directrice de la Compagnie Siamois Expression et promotrice du Festival International de Théâtre d’Abidjan, elle était invitée pour animer un atelier consacré au jeu d’acteur et à la maîtrise de l’espace scénique.
Les séances ont été coanimées avec Nabaloum Boureima et Raoul Aoké, dans une complémentarité saluée par les participants.
Au-delà de la technique, Delphine Yoboué a surtout transmis une vision profondément humaine du théâtre. À travers des exercices sur le corps, la respiration, l’énergie et l’occupation de l’espace, elle a amené les participants à comprendre que la présence scénique commence bien avant la parole.
Comment entrer sur scène. Comment habiter un silence. Comment transformer un regard ou un déplacement en émotion. Autant d’aspects abordés durant ces ateliers intensifs.
Une proximité humaine saluée par les participants
Les bénéficiaires, majoritairement burkinabè, ont été marqués par son approche pédagogique basée sur l’écoute, la patience et l’encouragement.
Disponible et attentive, Delphine Yoboué a instauré une relation de confiance avec les jeunes artistes. Sa manière de corriger avec douceur et de transmettre sans arrogance a rapidement créé une forte proximité avec les participants, dont plusieurs la considéraient comme une véritable grande sœur artistique.
Cette dimension humaine s’est particulièrement ressentie lors des retrouvailles avec d’anciens stagiaires formés plusieurs années auparavant dans différents pays africains, notamment au Bénin. Parmi eux figurait le duo de la Compagnie Gildas du Bénin, également présent au FITBO.
Ces anciens élèves, aujourd’hui devenus artistes et formateurs, lui ont témoigné une profonde reconnaissance pour l’impact qu’elle a eu sur leur parcours professionnel.
Une scène forte au moment du départ
L’un des moments les plus marquants du séjour de Delphine Yoboué au Festival International du Théâtre de Bobo est intervenu au moment de son départ de Burkina Faso.
Avant qu’elle ne quitte Bobo-Dioulasso, plusieurs participants et anciens stagiaires sont venus lui demander prières et bénédictions. Une scène empreinte d’émotion, traduisant le respect, l’affection et la gratitude nourris à son égard.
Avec simplicité et humilité, la comédienne ivoirienne a accueilli chacun d’eux, dans une atmosphère presque familiale.
Cette séquence illustre la place particulière qu’occupe Delphine Yoboué dans le paysage des arts vivants africains : celle d’une artiste capable de transmettre bien au-delà des techniques de scène, en créant des liens humains durables.
Le FITBO, un festival à soutenir
À travers sa participation au FITBO 2026, Delphine Yoboué a également réaffirmé son engagement en faveur des initiatives culturelles africaines. Convaincue que les festivals du continent doivent évoluer dans la solidarité plutôt que dans la concurrence, elle a répondu favorablement à l’invitation d’Oumar Traoré afin d’apporter son soutien à cette initiative culturelle.
Dans un contexte où de nombreux projets artistiques peinent à survivre faute d’accompagnement financier, le Festival International du Théâtre de Bobo apparaît aujourd’hui comme une plateforme essentielle pour la formation des jeunes artistes et le rayonnement du théâtre africain.
À Bobo-Dioulasso, cette année encore, le théâtre n’a pas seulement été joué.
Il a été transmis, partagé et profondément vécu.
Mamadou Ouattara avec Gerard Batoua et sercom
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