{"id":19028,"date":"2020-02-07T10:35:26","date_gmt":"2020-02-07T09:35:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=19028"},"modified":"2020-02-07T10:56:17","modified_gmt":"2020-02-07T09:56:17","slug":"ce-que-nous-apprend-le-roman-policier-africain-sur-lafrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/ce-que-nous-apprend-le-roman-policier-africain-sur-lafrique\/","title":{"rendered":"Ce que nous apprend le roman policier africain sur l&#8217;Afrique"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>A propos du Blog de Jean-Paul Martin consacr\u00e9 aux polars africains : www.polars-africains.com<\/strong><br \/>\n<\/em><br \/>\n<strong> De quoi parle le polar africain ?<\/strong><\/p>\n<p>A propos du polar, une question revient sans cesse : le roman policier est-il un genre litt\u00e9raire mineur uniquement tourn\u00e9 vers le divertissement ? Pour Jean-Paul Martin, le polar est, au contraire, un genre litt\u00e9raire majeur dans sa dimension sociale et l\u2019expression des peurs nouvelles. Jean-Paul Martin d\u00e9veloppe sa passion pour le polar sur trois Blogs illustr\u00e9s de ses photographies. Parmi ces trois Blogs, le remarquable <a href=\"http:\/\/www.polars-africains.com\/\" target=\"_blank\">www.polars-africains.com.<\/a><br \/>\nPour comprendre l\u2019int\u00e9r\u00eat des polars africains, Jean-Paul Martin nous renvoie \u00e0 l\u2019article de Karen Ferreira-Meyers, \u00ab Le polar africain, Le monde tel qu\u2019il est ou le monde tel qu\u2019on aimerait le voir \u00bb, publi\u00e9 en 2012, dans la revue Afrique contemporaine : \u00ab Les intrigues des polars africains ne forment pas les parties les plus int\u00e9ressantes de ces narrations. En revanche, l\u2019information sociologique que l\u2019auteur veut partager avec son lecteur (ce qui inclut les pr\u00e9occupations concernant la mondialisation, les alliances strat\u00e9giques, les diamants, le braconnage d\u2019ormeau, le trafic de drogue international, la course aux armements, la corruption politique, la fraude et les scandales) devient quintessentielle. \u00bb Si l\u2019intrigue polici\u00e8re, le respect des codes du polar et les qualit\u00e9s litt\u00e9raires ont leur importance, ce qui est essentiel, \u00ab quintessentiel \u00bb selon le n\u00e9ologisme forg\u00e9 par Karen Ferreira-Meyers, c\u2019est bien \u00ab l\u2019information sociologique que l\u2019auteur veut partager avec son lecteur \u00bb.<br \/>\nJean-Paul Martin d\u00e9finit ainsi les sources d\u2019inspiration des auteurs africains de romans policiers : \u00ab La r\u00e9alit\u00e9 politique et \u00e9conomique post-apartheid ou post-coloniale constitue l\u2019\u00e9pine dorsale de leurs \u0153uvres : d\u00e9mocratie mise \u00e0 mal, mis\u00e8re et ch\u00f4mage end\u00e9miques, corruption, criminalit\u00e9 grandissante, violences urbaines, x\u00e9nophobie et affrontements ethniques, etc. Souvent engag\u00e9s sur le plan politique, ces \u00e9crivains donnent \u00e0 voir la r\u00e9alit\u00e9 sociale du continent. \u00bb Si l\u2019on retrouve le myst\u00e8re, le suspense et tous les codes du genre destin\u00e9s \u00e0 retenir l\u2019attention du lecteur, le polar africain, dans toute sa diversit\u00e9, appara\u00eet comme le miroir grossissant de soci\u00e9t\u00e9s malades, min\u00e9es par la violence, la corruption politique et sociale, la d\u00e9cadence des m\u0153urs et les superstitions. La trame polici\u00e8re n\u2019est que la matrice de r\u00e9cits qui abordent, sans tabous, tous les sujets et les \u00e9v\u00e9nements actuels.<br \/>\nDans son roman, Tais-toi et meurs, publi\u00e9 en 2014, Alain Mabanckou d\u00e9crit \u00ab Le monde clos de la communaut\u00e9 africaine de Paris (\u2026). Les th\u00e8mes classiques du roman noir se m\u00ealent aux pr\u00e9occupations de communaut\u00e9s vivant de petits trafics et de boulots \u00e9pisodiques, les uns comme les autres ne leur permettant pas d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la pauvret\u00e9 et \u00e0 la crainte de l\u2019expulsion. \u00bb<br \/>\n<strong><br \/>\nLa s\u00e9lection de polars africains de Jean-Paul Martin (1)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Deux curiosit\u00e9s <\/strong>:<br \/>\n\u25cf \u00ab Cameroun\/Gabon : le D.A.S.S. monte \u00e0 l\u2019attaque \u00bb (1985). Avec ce roman, Evina Abossolo nous livre une curiosit\u00e9 litt\u00e9raire, sorte de pastiche des fameux SAS de G\u00e9rard de Villiers. Un roman d\u2019espionnage qui privil\u00e9gie l\u2019action et multiplie les r\u00e9f\u00e9rences aux marques commerciales internationales (voitures, alcools\u2026).<br \/>\n\u25cf \u00ab Jaime Bunda, agent secret \u00bb (2001), \u00e9crit par Pepetela, pseudonyme d\u2019Arthur Pestana, un grand \u00e9crivain angolais (Prix Camo\u00ebs, 1997). Un roman loufoque et d\u00e9jant\u00e9, dont le h\u00e9ros est un anti-h\u00e9ros.<br \/>\nLe roman policier francophone (Extraits du Blog de Jean-Paul Martin)<br \/>\n\u25cf \u00ab Apr\u00e8s les grands pr\u00e9curseurs du milieu des ann\u00e9es 80, le Malien Modibo Sounkalo Keita (L\u2019archer Bassari) et le S\u00e9n\u00e9galais Simon Njami (Cercueil et Cie) c\u2019est au d\u00e9but des ann\u00e9es 90 que Moussa Konat\u00e9 (un autre Malien), Abasse Ndione (La vie en spirale, qui aura les honneurs de la S\u00e9rie noire, et Ramata) ou Asse Gu\u00e8ye (No woman no cry), eux aussi S\u00e9n\u00e9galais, se font conna\u00eetre d\u2019un public encore confidentiel.<br \/>\nViendront ensuite les Za\u00efrois D\u00e9sir\u00e9 Bolya Baenga avec deux romans \u00ab ethnologiques \u00bb (La polyandre et Les cocus posthumes ) et Achille F. Ngoye, avec, dans la S\u00e9rie noire, trois romans (Agence Black Bafoussa, Sorcellerie \u00e0 bout portant, Ballet noir \u00e0 Ch\u00e2teau-Rouge) ayant pour cadre Kinshasa mais aussi Paris et ses communaut\u00e9s africaines.<\/p>\n<p>La rel\u00e8ve est aujourd\u2019hui assur\u00e9e par Janis Otsiemi dont les personnages peuplent les quartiers chics ou informels de Libreville et qui n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 mettre en avant dans African tablo\u00efd ou Le festin de l\u2019aube la corruption et les errements de la soci\u00e9t\u00e9 gabonaise. Egalement par Florent Couao-Zotti qui, apr\u00e8s Notre pain de chaque nuit, fait encore de Cotonou &#8211; \u00ab ville d\u00e9glingu\u00e9e pour des vies d\u00e9glingu\u00e9es \u00bb &#8211; le d\u00e9cor de La traque de la musaraigne, entre roman d\u2019initiation et road-movie \u00e9chevel\u00e9 en Afrique de l\u2019Ouest. \u00bb<\/p>\n<p>Fin connaisseur du roman policier africain, Jean-Paul Martin nous invite \u00e0 d\u00e9couvrir des auteurs encore trop peu connus. Au plaisir de la lecture, s\u2019ajoute la port\u00e9e d\u2019\u0153uvres qui \u00ab donnent \u00e0 voir la r\u00e9alit\u00e9 sociale du continent. \u00bb Le polar n\u2019est plus une \u00ab sous-litt\u00e9rature \u00bb, il d\u00e9borde sans cesse le cadre sp\u00e9cialis\u00e9 qui lui \u00e9tait d\u00e9volu pour d\u00e9crire la part la plus obscure de nos soci\u00e9t\u00e9s et des individus. On se souvient de ce que disait Albert Camus : \u00ab Si tu veux \u00eatre philosophe, \u00e9cris des romans \u00bb.<br \/>\n<strong><br \/>\nChristian Gambotti <\/strong><br \/>\nPr\u00e9sident du think tank<br \/>\nAfrique &amp; Partage<br \/>\nDirecteur des Collections<br \/>\nL\u2019Afrique en Marche,<br \/>\nPlan\u00e8te francophone.<\/p>\n<p>(1) Tous ces romans sont analys\u00e9s sur le Blog de Jean-Paul Martin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A propos du Blog de Jean-Paul Martin consacr\u00e9 aux polars africains : www.polars-africains.com De quoi parle le polar africain ? A propos du polar, une question revient sans cesse : le roman policier est-il un genre litt\u00e9raire mineur uniquement tourn\u00e9 vers le divertissement ? Pour Jean-Paul Martin, le polar est, au contraire, un genre litt\u00e9raire [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":19029,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,20],"tags":[],"class_list":["post-19028","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-featured","category-art-et-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19028","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19028"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19028\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19034,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19028\/revisions\/19034"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19029"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19028"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19028"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19028"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}