{"id":20618,"date":"2020-05-03T22:48:30","date_gmt":"2020-05-03T20:48:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=20618"},"modified":"2020-05-03T22:48:40","modified_gmt":"2020-05-03T20:48:40","slug":"la-chronique-du-lundi-lafrique-crise-sanitairecrise-economique-crise-social-et-alimentaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/la-chronique-du-lundi-lafrique-crise-sanitairecrise-economique-crise-social-et-alimentaire\/","title":{"rendered":"LA CHRONIQUE DU LUNDI L\u2019AFRIQUE : Crise sanitaire,crise \u00e9conomique, crise social et alimentaire"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Vers une crise du financement<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Comme le pr\u00e9conise Emmanuel Macron, le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais, et comme le demande Macky Sall, le Pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais, l\u2019annulation de la dette publique africaine est une n\u00e9cessit\u00e9, car les cons\u00e9quences de la pand\u00e9mie mondiale vont \u00eatre consid\u00e9rables pour le continent, qui aura besoin d\u2019argent. Or, l\u2019endettement de l\u2019Afrique est  pass\u00e9, entre 2008 et 2018, de 38 % \u00e0 56 % de son PIB, ce qui semble \u00ab soutenable \u00bb, si l\u2019on compare l\u2019endettement de la France qui atteindra s\u00fbrement 150 % de son PIB \u00e0 l\u2019issue de la crise. Mais, comparons ce qui est comparable : les march\u00e9s financiers seront toujours dispos\u00e9s \u00e0 pr\u00eater \u00e0 la France de l\u2019argent \u00e0 taux r\u00e9duit. Pour l\u2019Afrique, qui est sur le chemin d\u2019une croissance nulle, l\u2019argent va devenir une denr\u00e9e rare.  Selon Jean-Michel Severino, pr\u00e9sident du fonds Investisseurs et partenaires, \u00ab le probl\u00e8me d\u2019un Etat n\u2019est pas tant le montant de sa dette rapport\u00e9 au PIB que sa capacit\u00e9 \u00e0 se financer. Or, les Etats africains ont un acc\u00e8s r\u00e9duit aux march\u00e9s financiers et ils en auront besoin au moment o\u00f9 l\u2019Occident sera sans doute lui-m\u00eame confront\u00e9 \u00e0 une crise des financements \u00bb. Le moratoire sur le paiement des int\u00e9r\u00eats et du capital jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2020 annonc\u00e9 r\u00e9cemment par les vingt pays les plus riches du monde n\u2019est pas suffisant. De plus, la somme de toutes les contributions annonc\u00e9es \u2013 FMI, Banque mondiale, Banque Africaine de D\u00e9veloppement (BAD), Eximbank, etc. \u2013 ne r\u00e9pond pas, non plus, aux besoins de la crise. Ce qui est vrai pour les pays les plus riches du continent est encore plus pour les pays les plus pauvres. La crise du financement va aggraver une crise \u00e9conomique qui sera d\u2019une violence inou\u00efe pour les Etats et les populations, apr\u00e8s des ann\u00e9es de croissance forte et continue. Entre 2015 et 2017, 5 pays africains, dont la C\u00f4te d\u2019Ivoire, ont connu une croissance entre 7 et 9 %., ce qui les avait install\u00e9s sur la voie de l\u2019\u00e9mergence.<\/p>\n<p><strong>Vers une croissance nulle<\/strong><\/p>\n<p>Selon Vera Songwe, secr\u00e9taire ex\u00e9cutive de la Commission \u00e9conomique pour l\u2019Afrique des Nations unies, \u00ab \u00e0 cause de la dynamique d\u00e9mographique, une croissance nulle cr\u00e9era pr\u00e8s de 50 millions de pauvres \u00bb. Symbole de l\u2019effondrement des ambitions \u00e9conomiques du continent, la compagnie a\u00e9rienne Ethiopian Airlines, d\u00e9tenue \u00e0 100 % par l\u2019Etat, lutte aujourd\u2019hui pour sa survie, alors que sa devise, \u00ab l\u2019esprit nouveau africain \u00bb, incarnait la renaissance du continent. Pour son PDG, Tewolde Gebremariam, Ethiopian Airlines, si elle ne fait pas faillite, mettra des ann\u00e9es \u00e0 se relever. Le Fonds Mon\u00e9taire International (FMI), dans ses perspectives \u00e9conomiques publi\u00e9es le 15 avril 2020, fait l\u2019analyse suivante : \u00ab l\u2019Afrique subsaharienne est confront\u00e9e \u00e0 une crise sanitaire et \u00e9conomique sans pr\u00e9c\u00e9dent qui menace de faire tr\u00e9bucher la r\u00e9gion et d\u2019inverser les progr\u00e8s constat\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es sur le front du d\u00e9veloppement \u00bb. Selon la Banque mondiale, l\u2019Afrique va conna\u00eetre, en 2020, une r\u00e9cession comprise entre -2 % et -5 % son PIB, alors que la croissance \u00e9tait annonc\u00e9e \u00e0 3,2 % avant la pand\u00e9mie. La Banque mondiale \u00e9num\u00e8re la conjugaison des facteurs responsables de ce recul dramatique : \u00ab D\u00e9sorganisation des \u00e9changes et des cha\u00eenes de valeur, qui p\u00e9nalise les exportateurs de produits de base et les pays fortement int\u00e9gr\u00e9s dans les fili\u00e8res mondiales ; r\u00e9duction des flux de financement \u00e9trangers (transferts de fonds des migrants, recettes touristiques, investissements directs \u00e9trangers, aide \u00e9trang\u00e8re) et fuite des capitaux ; impact direct de la pand\u00e9mie sur les syst\u00e8mes de sant\u00e9 ; et perturbations cons\u00e9cutives aux mesures de confinement et \u00e0 la r\u00e9action de la population. \u00bb Avec la chute des cours des mati\u00e8res premi\u00e8res, dont le p\u00e9trole, les \u00e9conomies des poids lourds africains (Nig\u00e9ria, Afrique du Sud, Angola) sont \u00e0 l\u2019arr\u00eat. Mais, il faut aller au-del\u00e0 de la crise \u00e9conomique qui touche les finances publiques et le secteur formel. Je retiens, parmi ces facteurs, deux ph\u00e9nom\u00e8nes qui vont aggraver la pauvret\u00e9 : la \u00ab r\u00e9duction des flux de financement que repr\u00e9sentent les transferts de fonds des migrants \u00bb et l\u2019arr\u00eat de l\u2019\u00e9conomie informelle. En Afrique, 7 emplois sur 10 rel\u00e8vent du secteur informel qui permet uniquement d\u2019assurer la survie au jour le jour des populations.<\/p>\n<p><strong>Vers une crise alimentaire<\/strong><\/p>\n<p>La crise sanitaire a engendr\u00e9 une crise \u00e9conomique et sociale. (Dans ma prochaine Chronique &#8211; L\u2019Intelligent d\u2019Abidjan du lundi11 mai 2020 &#8211; j\u2019aborderai la question de la crise politique). Mais, derri\u00e8re cette crise, se profile une crise alimentaire. Deux facteurs vont engendrer cette crise alimentaire : la production agricole du continent risque de se contracter entre 2,6 % et 7 % en 2020 et tous les pays africains importent massivement leurs besoins alimentaires. En raison du confinement, il est impossible de relancer les productions locales et de maintenir les importations en intensifiant le commerce intra africain. \u00ab Importations ralenties, chute des exportations, difficult\u00e9s financi\u00e8res : au-del\u00e0 du d\u00e9fi sanitaire, le continent africain doit repenser sa s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00bb, selon la journaliste Viviane Forson dans un article publi\u00e9 par Le Point Afrique. Elle ajoute : \u00ab l&#8217;\u00e9pid\u00e9mie de coronavirus met en p\u00e9ril la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des pays africains qui d\u00e9pendent des importations de denr\u00e9es alimentaires et des exportations pour les payer.\u00bb Les crises alimentaires sont provoqu\u00e9es par des probl\u00e8mes d\u2019approvisionnement et des difficult\u00e9s financi\u00e8res pour importer. Selon le Programme Alimentaire Mondial,  l\u2019Afrique est confront\u00e9 aux deux probl\u00e8mes en m\u00eame temps en ce moment.<br \/>\nLa crise du Covid 19 doit conduire l\u2019Afrique \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent sur les conditions de sa reconstruction, lorsque la pand\u00e9mie aura disparu. Tous les domaines sont concern\u00e9s, comme sont concern\u00e9es les grandes orientations des politiques publiques (sant\u00e9, \u00e9ducation, etc.). Deux domaines s\u2019ouvrent \u00e0 la r\u00e9flexion, l\u2019exportation et les importations : moins exporter des mati\u00e8res premi\u00e8res brutes en cr\u00e9ant localement des cha\u00eenes de valeur ajout\u00e9e, moins importer de produits finis en d\u00e9veloppant un r\u00e9seau dense de PME et de PMI. Est-ce possible avec autant de dettes et un simple moratoire sur l\u2019endettement ?<\/p>\n<p><strong>Christian Gambotti<\/p>\n<p>Agr\u00e9g\u00e9 de l\u2019Universit\u00e9<br \/>\nPr\u00e9sident du think tank<br \/>\nAfrique &#038; Partage<br \/>\nDirecteur des Collections<br \/>\nL\u2019Afrique en Marche,<br \/>\nPlan\u00e8te francophone<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vers une crise du financement Comme le pr\u00e9conise Emmanuel Macron, le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais, et comme le demande Macky Sall, le Pr\u00e9sident s\u00e9n\u00e9galais, l\u2019annulation de la dette publique africaine est une n\u00e9cessit\u00e9, car les cons\u00e9quences de la pand\u00e9mie mondiale vont \u00eatre consid\u00e9rables pour le continent, qui aura besoin d\u2019argent. Or, l\u2019endettement de l\u2019Afrique est pass\u00e9, entre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":20619,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,1],"tags":[],"class_list":["post-20618","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-featured","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20618","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20618"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20618\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20620,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20618\/revisions\/20620"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20619"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20618"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20618"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20618"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}