{"id":2119,"date":"2016-12-31T10:14:08","date_gmt":"2016-12-31T09:14:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=2119"},"modified":"2016-12-31T10:14:08","modified_gmt":"2016-12-31T09:14:08","slug":"les-samedis-de-biton-le-bonheur-des-pauvres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/les-samedis-de-biton-le-bonheur-des-pauvres\/","title":{"rendered":"Les samedis de Biton : Le  bonheur des pauvres"},"content":{"rendered":"<p>La semaine derni\u00e8re, dans un quartier populaire, je vis trois adultes, la soixantaine tous, assis, \u00e0 m\u00eame le sol, en train de causer et de rire. V\u00eatus plus que modestement ils passaient leur temps \u00e0 rire.<!--more--><\/p>\n<p> Tout heureux. Je les regardais et je les \u00e9coutais, presque trente minutes, sans me faire remarquer, avant de continuer mon chemin. C\u2019est une pratique courante chez moi. Je monte dans un taxi-compteur ou communal pour un quartier populaire ou m\u00eame populeux afin de mieux sentir le peuple et surtout pour cr\u00e9er des personnages de romans. J\u2019ai toujours m\u00e9pris\u00e9 la litt\u00e9rature bourgeoise, celle qui ne s\u2019adresse qu\u2019\u00e0 une minorit\u00e9 de lecteurs et \u00e0 des personnages venant des milieux ais\u00e9s. Ce matin-l\u00e0, j\u2019\u00e9tais si heureux de voir ces trois personnages vivre de si peu. Ils \u00e9taient si maigres que je les savais vraiment d\u00e9munis. Il leur \u00e9tait impossible de s\u2019acquitter de la popote convenable. Ce sont des personnes qui ne pratiquaient pas de r\u00e9gime pour diminuer de poids ou de voir leur ventre grossir. Ce qui me passionne dans le cas des d\u00e9munis ou des bless\u00e9s de la vie, comme pour reprendre le mot du Pape Jean-Paul 2. Quand je les vois bavarder, rire, jouer entre eux, \u00e9couter de la musique, je me dis que la vie est belle et n\u2019est pas aussi difficile \u00e0 vivre. Les hommes pauvres sont si heureux car ils ne sont pas port\u00e9s, par leur \u00e9ducation, leur mentalit\u00e9, \u00e0  la recherche effr\u00e9n\u00e9e d\u2019un poste de responsabilit\u00e9, d\u2019un peu plus d\u2019argent \u00e0 gaspiller, de r\u00eaves de belles voitures qui co\u00fbtent plus que le budget annuel de plusieurs h\u00f4pitaux de villes moyennes ou petites. Dans les quartiers moyens ou riches, les gens ne vivent pas heureux. Ils ne dorment pas bien. Toute l\u2019\u00e9nergie est concentr\u00e9e sur la haine d\u2019un rival \u00e0 faire descendre de son pi\u00e9destal. La plupart des cadres vivent toujours de : \u00ab \u00d4te-toi pour que je m\u2019y mette. \u00bb Personne n\u2019appr\u00e9cie son prochain. Chacun est le meilleur, le plus beau et veut devenir le plus puissant. Gagner toujours un peu plus \u00e0 chaque heure de la journ\u00e9e devient un grand combat qui ne laisse aucun r\u00e9pit \u00e0 l\u2019organisme, donc \u00e0 la sant\u00e9. L\u2019homme des quartiers pauvres laisse sa vie dans la main de Dieu. Pour lui, le destin de l\u2019homme se trouve dans la main de Dieu. La grande philosophe de l\u2019Inde, Raja Jao, disait : \u00ab Regardez l\u2019Indien. Il est calme, mesur\u00e9, jamais press\u00e9. Pour lui, tout arrive \u00e0 temps dans la vie de l\u2019homme. Aller au-devant  de quelque chose, c\u2019est se cr\u00e9er des probl\u00e8mes et des probl\u00e8mes. \u00bb S\u00e9kou Tour\u00e9, le premier pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de Guin\u00e9e disait que la vie de l\u2019homme va de un \u00e0 cent ans et celui du pays \u00e0 mille ans. Voir toujours la vie avec sagesse et humilit\u00e9. Il est bon pour les gens des quartiers ais\u00e9s, se croyant toujours pauvres de quelque chose, de se rendre r\u00e9guli\u00e8rement dans les quartiers pauvres pour se mirer \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne. Ils auront, \u00e0 la longue des visites ou des promenades, de l\u2019humilit\u00e9, du r\u00e9alisme, de moins de m\u00e9chancet\u00e9 et beaucoup d\u2019amour pour leurs concitoyens. Etre heureux n\u2019est pas si compliqu\u00e9, r\u00e9duire tout simplement son aspiration d\u00e9vorante \u00e0 une situation professionnelle ou politique. Quand on voit dans un quartier populaire que beaucoup ne mangent que de l\u2019atti\u00e9k\u00e9 ou de la banane brais\u00e9e avec de l\u2019arachide grill\u00e9e, on se dit qu\u2019il est possible de bien \u00e9conomiser ou de faire un placement \u00e0 la bourse. Avec les moyens financiers de beaucoup de cadres il est bon que la bourse devienne la grande affaire du pays. Placer r\u00e9guli\u00e8rement de l\u2019argent dans des soci\u00e9t\u00e9s cot\u00e9e en bourse sera une occasion de ne plus se \u00ab battre \u00bb contre un ennemi imaginaire ou vrai. C\u2019est fonder une activit\u00e9 mat\u00e9rielle et financi\u00e8re pour \u00e9viter des ennuis de toutes sortes. L\u2019Afrique manque d\u2019\u00e9pargne. Il est urgent que des campagnes soient lanc\u00e9es afin de  pousser les riches \u00e0 faire des placements. Il est facile de rire avec la vie en adoptant un minimum de modestie. Allez devant un bar de n\u2019importe quel quartier populaire. La musique est \u00e0 fond sonore mais aussi tonitruante. Les gens dansent en chantant. Ils sont si heureux. On ne cherche pas loin le bonheur. Un peu comme le disait le Christ. A chaque jour suffit son bonheur. Tout ce qui compte, c\u2019est la vie. Se r\u00e9veiller tous les jours en vie suffit pleinement. La Fontaine a \u00e9crit une fable exceptionnelle. Il s\u2019agit de \u00ab Le savetier et le financier. \u00bb Le financier voyant le savetier, en face de lui, travailler en chantant, demanda un \u00e9change de fonction entre eux. Il n\u2019arrivait pas \u00e0 comprendre qu\u2019un homme tr\u00e8s pauvre soit dans la joie perp\u00e9tuelle et que lui, bourr\u00e9 de fric, dort peu, a m\u00eame de l\u2019insomnie et ne fait que r\u00e9fl\u00e9chir. Le savetier accepta de venir \u00e0 sa place. Au bout de quelques jours le savetier vint reprendre sa place. Il avait perdu la joie de vivre. Le bonheur se trouve dans la pauvret\u00e9. Ainsi va l\u2019Afrique. A la semaine prochaine.  <\/p>\n<p>Par Isa\u00efe Biton Koulibaly<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La semaine derni\u00e8re, dans un quartier populaire, je vis trois adultes, la soixantaine tous, assis, \u00e0 m\u00eame le sol, en train de causer et de rire. V\u00eatus plus que modestement ils passaient leur temps \u00e0 rire.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2119","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2119","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2119"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2119\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2120,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2119\/revisions\/2120"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2119"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2119"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2119"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}