{"id":35214,"date":"2024-10-02T00:47:22","date_gmt":"2024-10-01T22:47:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=35214"},"modified":"2024-10-02T00:47:27","modified_gmt":"2024-10-01T22:47:27","slug":"la-population-du-monde-francophone-atteint-583-millions-dhabitants-mi-2024","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/la-population-du-monde-francophone-atteint-583-millions-dhabitants-mi-2024\/","title":{"rendered":"La population du monde francophone atteint 583 millions d\u2019habitants mi-2024"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Apr\u00e8s avoir d\u00e9pass\u00e9 l\u2019espace hispanophone, et plus r\u00e9cemment l\u2019Union europ\u00e9enne, dans ses anciennes fronti\u00e8res incluant le Royaume-Uni, le monde francophone compte d\u00e9sormais 583,7 millions d\u2019habitants. Une progression essentiellement due \u00e0 l\u2019Afrique francophone, dont l\u2019\u00e9mergence d\u00e9mographique et \u00e9conomique m\u00e9riterait davantage d\u2019attention de la part des pays francophones du Nord, et notamment de la France dont les aides au d\u00e9veloppement continuent \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier principalement aux pays de l\u2019est de l\u2019Union europ\u00e9enne, au m\u00e9pris de ses propres int\u00e9r\u00eats.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>En se basant essentiellement sur les statistiques d\u00e9mographiques d\u00e9taill\u00e9es publi\u00e9es en juillet dernier par l\u2019ONU, la population du monde francophone peut \u00eatre estim\u00e9e \u00e0 583,7 millions au 1er juillet 2024. Avec une hausse attendue de 2,16 % pour cette ann\u00e9e, l\u2019espace francophone creuse notamment l\u2019\u00e9cart avec l\u2019ensemble constitu\u00e9 par l\u2019Union europ\u00e9enne et le Royaume-Uni, qu\u2019il avait d\u00e9pass\u00e9 en 2018 (519,0 millions, hors territoires fran\u00e7ais d\u2019outre-mer).<\/p>\n<p><strong>583 millions d\u2019habitants mi-2024<\/strong><\/p>\n<p> Cette estimation correspond \u00e0 la population du monde francophone dans sa d\u00e9finition g\u00e9ographique la plus stricte et la plus s\u00e9rieuse, qui ne tient compte que des pays et territoires r\u00e9ellement francophones, dans lesquels la population est donc en contact quotidien avec la langue fran\u00e7aise, \u00e0 diff\u00e9rents degr\u00e9s, et o\u00f9 l\u2019on peut \u00ab vivre en fran\u00e7ais \u00bb. Des pays et territoires o\u00f9 le fran\u00e7ais est par cons\u00e9quent, seul ou avec une langue locale partenaire, la langue de l\u2019administration, de l\u2019enseignement (pour l\u2019ensemble de la population scolaire, au moins \u00e0 partir d\u2019un certain \u00e2ge), des affaires et des m\u00e9dias, ou au moins la langue maternelle de la population, sous sa forme standard ou sous une forme cr\u00e9olis\u00e9e (un peu comme l\u2019arabe dialectal par rapport \u00e0 l\u2019arabe standard dans les pays du Maghreb).<\/p>\n<p>Le monde francophone est donc un vaste ensemble rassemblant non moins de 33 pays r\u00e9partis sur quatre continents, et dans lequel ne sont donc pas comptabilis\u00e9s les parties non francophones de pays comme la Belgique ou le Canada (respectivement la Flandre, et le Canada hors Qu\u00e9bec et Acadie du Nouveau-Brunswick), tout comme un certain nombre de pays membres \u00e0 part enti\u00e8re de l\u2019Organisation internationale de la francophonie (OIF), mais ne remplissant aucun des crit\u00e8res n\u00e9cessaires afin de pouvoir \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme francophones (tels que le Liban, la Roumanie ou encore la Guin\u00e9e-Bissau).<\/p>\n<p>Dans ce vaste espace, qui s\u2019\u00e9tend sur pr\u00e8s de 16,3 millions de km2, soit pr\u00e8s de quatre fois l\u2019Union europ\u00e9enne tout enti\u00e8re (et auxquels s\u2019ajoutent de vastes territoires maritimes, dont la zone \u00e9conomique exclusive de la France, seconde plus grande au monde avec ses pr\u00e8s de 10,2 millions de km2), les cinq premiers pays francophones sont aujourd\u2019hui la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC,  109,3 millions d\u2019habitants), la France (69,2 millions, territoires ultramarins inclus, tous statuts confondus), l\u2019Alg\u00e9rie (46,8), le Maroc (38,7) et Madagascar (32,0). Vient ensuite la C\u00f4te d\u2019Ivoire, en sixi\u00e8me position (31,9 millions). <\/p>\n<p>Avec une croissance d\u00e9mographique estim\u00e9e \u00e0 2,16 % en 2024, et un taux de f\u00e9condit\u00e9 global de 4,01 enfants par femme, le monde francophone constitue l\u2019espace linguistique le plus dynamique au monde, devant l\u2019espace arabophone, dont la croissance pr\u00e9vue s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 1,81 % et dont la population est estim\u00e9e \u00e0 497,6 millions d\u2019habitants mi-2024. Gr\u00e2ce \u00e0 ce dynamisme, le monde francophone avait d\u2019ailleurs d\u00e9pass\u00e9 l\u2019espace hispanophone en 2011. Un ensemble dont la population est estim\u00e9e \u00e0 483,1 millions d\u2019habitants, avec une progression attendue de 0,74 % pour cette ann\u00e9e, et qui a donc aussi \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment devanc\u00e9 par l\u2019espace arabophone.<\/p>\n<p>La croissance d\u00e9mographique du monde francophone devrait demeurer sup\u00e9rieure \u00e0 celle des autres espaces linguistiques, et porter la population de cet ensemble \u00e0 un peu plus d\u2019un milliard d\u2019habitants en 2060 (1,060 milliard, en se basant essentiellement sur les projections de l\u2019ONU, contre 812 millions pour l\u2019espace arabophone, et 541 millions pour l\u2019ensemble hispanophone). Le rythme de cette progression est toutefois sur une tendance baissi\u00e8re, principalement du fait de la baisse continue du taux de f\u00e9condit\u00e9 en Afrique subsaharienne francophone, qui s\u2019\u00e9tablit d\u00e9sormais \u00e0 4,98 enfants par femme, contre 7 enfants en 1975 (une diminution d\u2019environ un tiers, qui s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e cette derni\u00e8re d\u00e9cennie, mais encore en bonne partie masqu\u00e9e par les cons\u00e9quences d\u00e9mographiques de la hausse r\u00e9guli\u00e8re de l\u2019esp\u00e9rance de vie).<\/p>\n<p>Au passage, il convient toutefois de rappeler que l\u2019espace francophone demeure assez largement sous-peupl\u00e9, m\u00eame en tenant compte des territoires d\u00e9sertiques ou recouverts par de denses for\u00eats \u00e9quatoriales. \u00c0 titre d\u2019exemple, sa population actuelle n\u2019est que 12 % sup\u00e9rieure \u00e0 celle de l\u2019ensemble Union europ\u00e9enne &#8211; Royaume-Uni, qui est pourtant r\u00e9parti sur une superficie pr\u00e8s de quatre fois moins \u00e9tendue. Autre exemple plus pr\u00e9cis, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, pays le plus dynamique \u00e9conomiquement du continent africain, en tenant compte \u00e0 la fois des taux de croissance \u00e9conomique sur la derni\u00e8re d\u00e9cennie et du niveau de richesse d\u00e9j\u00e0 atteint, ne compte que 31,9 millions d\u2019habitants pour un territoire un tiers plus vaste que celui du Royaume-Uni, dans ses fronti\u00e8res europ\u00e9ennes (et non deux ou trois fois plus petit, comme l\u2019indiquent la plupart des cartes g\u00e9ographiques en circulation, terriblement d\u00e9formantes de la r\u00e9alit\u00e9\u2026 et des esprits). Ce dernier ayant une population de 69,1 millions d\u2019habitants, la C\u00f4te d\u2019Ivoire devrait alors compter non moins de 91,5 millions d\u2019habitants pour \u00eatre aujourd\u2019hui proportionnellement aussi peupl\u00e9e.<\/p>\n<p>Par ailleurs, il est \u00e0 noter que le chiffre d\u2019environ 300 millions de francophones fr\u00e9quemment avanc\u00e9 par l\u2019OIF ne correspond qu\u2019au nombre de personnes ayant au moins une assez bonne ma\u00eetrise de la langue fran\u00e7aise. Ce chiffre, obtenu, par exemple, en ne comptabilisant que le tiers de la population ivoirienne et le quart de celle du S\u00e9n\u00e9gal, ne traduit donc aucune r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9opolitique ou \u00e9conomique (la population totale d\u2019un pays ou territoire francophone \u00e9tant le seul crit\u00e8re \u00e0 prendre en compte pour \u00e9valuer l\u2019importance d\u2019un march\u00e9, ou le poids g\u00e9opolitique d\u2019un pays). De m\u00eame, il est \u00e9galement largement inappropri\u00e9 d\u2019un point de vue social, pour la simple raison que de nombreuses choses de la vie courante se font en fran\u00e7ais dans les pays et territoires francophones (m\u00e9dias, internet, administration publique, documents commerciaux et comptables\u2026), o\u00f9 l\u2019ensemble de la population est donc en contact quotidien avec la langue fran\u00e7aise, y compris dans les zones les plus recul\u00e9es et dans lesquelles le pourcentage de personnes ayant au moins une assez bonne ma\u00eetrise de la langue est moins \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Toute statistique ne tenant pas compte de l\u2019ensemble de la population des pays et territoires francophones, et diffus\u00e9e \u00e0 un large public (au-del\u00e0, donc, d\u2019un nombre restreint de hauts fonctionnaires, notamment au sein de l\u2019\u00c9ducation nationale en vue d\u2019aider \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des politiques d\u2019enseignement et de scolarisation), n\u2019a donc pour seule et unique cons\u00e9quence que d\u2019induire en erreur les acteurs et d\u00e9cideurs \u00e9conomiques et politiques, ainsi que l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 civile, en d\u00e9valorisant consid\u00e9rablement \u00e0 leurs yeux le monde francophone et la langue fran\u00e7aise. Une erreur d\u2019appr\u00e9ciation dont peuvent m\u00eame \u00eatre victimes les organismes les plus prestigieux, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019organisme publique France Invest, qui publia en 2019 un Guide sur le capital-investissement destin\u00e9 \u00e0 de grandes entreprises (\u00ab Investir dans la croissance des entreprises en Afrique \u00bb) et dans lequel \u00e9tait r\u00e9dig\u00e9e, noir sur blanc, la phrase suivante au sujet de l\u2019Afrique francophone, Maghreb inclus : \u00ab l\u2019Afrique francophone regroupe 260 millions d&#8217;habitants \u00bb (alors qu\u2019elle comptait d\u00e9j\u00e0 plus de 410 millions d\u2019habitants). Plus grave encore, les donn\u00e9es de l\u2019OIF peuvent parfois \u00eatre utilis\u00e9es par certaines parties cherchant \u00e0 d\u00e9nigrer et attaquer la langue fran\u00e7aise, en faisant croire qu\u2019elle ne concerne qu\u2019environ 300 millions de personnes dans le monde.<\/p>\n<p>Toute diffusion m\u00e9diatique des chiffres publi\u00e9s par l\u2019OIF, sans explication pr\u00e9alable et bien claire du crit\u00e8re utilis\u00e9, peut donc avoir de gravissimes cons\u00e9quences \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques, contraires aux int\u00e9r\u00eats de l\u2019ensemble des pays et peuples francophones du monde. Il est donc satisfaisant de constater que certains organismes ont r\u00e9cemment commenc\u00e9 \u00e0 prendre leurs distances avec les donn\u00e9es de l\u2019OIF, \u00e0 l\u2019instar de la direction du MEDEF (principale organisation patronale fran\u00e7aise) lors de la premi\u00e8re \u00ab Rencontre des entrepreneurs francophones \u00bb (REF), organis\u00e9e en France en ao\u00fbt 2021, et au cours de laquelle n\u2019a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 que le chiffre relatif \u00e0 la population totale de l\u2019espace francophone. <\/p>\n<p>Enfin, il convient de rappeler que la connaissance de la langue fran\u00e7aise d\u00e9passe largement les fronti\u00e8res du monde francophone et de ses 583 millions d\u2019habitants. En effet, le fran\u00e7ais est la deuxi\u00e8me langue la plus enseign\u00e9e au monde, apr\u00e8s l\u2019anglais, et son apprentissage est obligatoire dans les \u00e9tablissements d\u2019enseignement primaire et\/ou secondaire d\u2019un certain nombre de pays (comme en R\u00e9publique dominicaine, au Costa Rica ou encore, d\u00e9sormais, dans tous les pays anglophones et lusophones d\u2019Afrique de l\u2019Ouest &#8211; du moins th\u00e9oriquement, faute parfois de moyens), ou tr\u00e8s largement r\u00e9pandu dans d\u2019autres, o\u00f9 il concerne la majorit\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves (notamment dans certains pays europ\u00e9ens, ou encore au Liban). Ce sont donc quelques centaines de millions de personnes suppl\u00e9mentaires qui ont au moins quelques notions en langue fran\u00e7aise, \u00e0 travers le monde (chiffre en constante hausse et que l\u2019on peut aujourd\u2019hui estimer \u00e0 plus de 350 millions, toutes g\u00e9n\u00e9rations confondues).<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9mergence d\u00e9mographique et \u00e9conomique de l\u2019Afrique francophone<\/strong><\/p>\n<p>La progression d\u00e9mographique du monde francophone r\u00e9sulte essentiellement du dynamisme de l\u2019Afrique francophone, qui cro\u00eet \u00e0 un rythme annuel d\u2019environ 2,5 % (2,47 % pr\u00e9vus pour 2024, et 2,81 % pour sa partie subsaharienne). Ce vaste ensemble de 25 pays rassemble d\u00e9sormais 486,8 millions d\u2019habitants (ou 83,4 % de la population de l\u2019espace francophone), contre seulement 74 millions en 1950, soit \u00e0 peu pr\u00e8s autant que l\u2019Allemagne seule, \u00e0 ce moment-l\u00e0 (69,5 millions). Cette m\u00eame ann\u00e9e, la population du monde francophone \u00e9tait d\u2019ailleurs estim\u00e9e \u00e0 seulement 129 millions d\u2019habitants, soit 4,5 fois moins qu\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Ce dynamisme de l\u2019Afrique francophone se traduit notamment par la mont\u00e9e en puissance des villes africaines, qui occupent d\u00e9sormais huit des dix premi\u00e8res places du classement mondial des m\u00e9tropoles francophones. Un classement domin\u00e9 la capitale de la RDC, Kinshasa, dont l\u2019agglom\u00e9ration compte aujourd\u2019hui environ 17 millions de personnes, d\u00e9passant maintenant tr\u00e8s largement la capitale fran\u00e7aise, Paris, et ses 11,2 millions d\u2019habitants (et qui serait m\u00eame devenue r\u00e9cemment la plus grande ville d\u2019Afrique subsaharienne, devant Lagos, dont la population a toujours \u00e9t\u00e9 exag\u00e9r\u00e9e par les autorit\u00e9s du pays). Ces deux m\u00e9galopoles sont suivies, aux troisi\u00e8me et quatri\u00e8me places, par Abidjan (6 millions d\u2019habitants) et Montr\u00e9al, capitale \u00e9conomique du Qu\u00e9bec, abritant 4,6 millions d\u2019habitants et constituant l\u2019autre ville non africaine parmi les dix plus grandes villes francophones du monde. Il est d\u2019ailleurs \u00e0 noter que le Qu\u00e9bec, dont la population s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 9,1 millions d\u2019habitants mi-2024, a d\u00e9pass\u00e9 la Suisse en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, et qu\u2019il devrait \u00e9galement d\u00e9passer l\u2019Autriche en 2024, puis la Bi\u00e9lorussie en 2025. Occasion de rappeler que le Qu\u00e9bec affiche souvent le taux de ch\u00f4mage le plus faible du Canada, tout en ayant r\u00e9guli\u00e8rement le taux de criminalit\u00e9 le plus faible de l&#8217;ensemble du pays (pr\u00e8s de deux fois inf\u00e9rieur \u00e0 celui du Canada anglophone).<\/p>\n<p>Mais cet essor d\u00e9mographique du monde francophone s\u2019accompagne \u00e9galement, et globalement, d\u2019un grand dynamisme \u00e9conomique, et notamment en Afrique francophone qui constitue le moteur de la croissance africaine, en plus d\u2019\u00eatre globalement et historiquement la partie du continent la moins touch\u00e9e par l\u2019inflation, la moins endett\u00e9e, mais aussi la moins frapp\u00e9e par les in\u00e9galit\u00e9s (seulement deux pays francophones parmi les dix pays africains les plus in\u00e9galitaires, selon l\u2019indice Gini, et se classant \u00e0 partir de la neuvi\u00e8me place), la corruption, la violence (avec un nombre d&#8217;homicides globalement plus \u00e9lev\u00e9 dans les pays anglophones) et les conflits, comme on le voit actuellement au Soudan (o\u00f9 la guerre civile a d\u00e9j\u00e0 fait, en une seule ann\u00e9e, plus de victimes que les troubles observ\u00e9s dans toute l\u2019Afrique de l\u2019Ouest francophone depuis les ind\u00e9pendances, il y a plus de 60 ans), ou encore comme on l\u2019a vu r\u00e9cemment en \u00c9thiopie (o\u00f9 la guerre civile, achev\u00e9e en novembre 2022, a fait bien plus de victimes en seulement deux ann\u00e9es qu\u2019il n\u2019y en a eu dans toutes les anciennes colonies fran\u00e7aises d\u2019Afrique subsaharienne depuis leur ind\u00e9pendance \u00e9galement !).<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019Afrique subsaharienne francophone, vaste ensemble de 22 pays, a r\u00e9alis\u00e9 en 2023 le niveau de croissance \u00e9conomique le plus \u00e9lev\u00e9 d&#8217;Afrique subsaharienne pour la dixi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive et la onzi\u00e8me fois en douze ans (avec une croissance annuelle de 3,9 % sur la p\u00e9riode d\u00e9cennale 2014-2023, contre seulement 2,0 % pour le reste de l&#8217;Afrique subsaharienne), tout en enregistrant une bien plus faible inflation (4,1 % sur la derni\u00e8re d\u00e9cennie, contre 17,2 %), et un endettement davantage ma\u00eetris\u00e9 (51,3 % du PIB en 2023, contre 67,1 %, et avec seulement deux pays francophones parmi les dix pays les plus endett\u00e9s). Une diff\u00e9rence que l&#8217;on observe \u00e9galement en Afrique du Nord, avec des niveaux d&#8217;inflation et d&#8217;endettement bien plus faibles dans les pays francophones du Maghreb qu&#8217;en \u00c9gypte.<\/p>\n<p>Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, huit des dix plus fortes croissances r\u00e9alis\u00e9es sur le continent l\u2019ont ainsi \u00e9t\u00e9 par des pays francophones (un classement qui n\u2019int\u00e8gre pas le cas tr\u00e8s particulier du Rwanda anglophone, qui ne peut plus \u00eatre pris en compte \u00e9tant donn\u00e9 que les performances officielles sont largement fauss\u00e9es par le pillage massif des richesses de la RDC voisine, qui repr\u00e9sentent d\u00e9sormais pr\u00e8s de 50 % des exportations rwandaises. Un cas unique au monde, et accompagn\u00e9 de massacres de populations civiles). Un dynamisme notamment d\u00fb aux nombreuses r\u00e9formes accomplies par la plupart des pays afin d\u2019am\u00e9liorer le climat des affaires et de progresser en mati\u00e8re de diversification et de bonne gouvernance, et qui a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement important dans les pays de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest francophone (majoritairement membres de l\u2019UEMOA), qui continue \u00e0 \u00eatre la plus vaste zone de forte croissance de l\u2019ensemble du continent (5,5 % de croissance annuelle sur la d\u00e9cennie 2014-2023).<\/p>\n<p> Il convient d\u2019ailleurs de souligner que le statut de zone la plus dynamique du continent constitue une tr\u00e8s bonne performance pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest francophone, vu que la r\u00e9gion la plus pauvre du continent, et qui devrait donc conna\u00eetre la croissance la plus \u00e9lev\u00e9e, et l\u2019Afrique de l\u2019Est. En effet, cette derni\u00e8re affiche des niveaux de PIB par habitant souvent largement inf\u00e9rieurs, et ce, en plus d\u2019\u00eatre \u00e9galement la partie la plus instable du continent, puisque l\u2019on y trouve notamment les pays ayant connu les conflits les plus meurtriers de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, proportionnellement \u00e0 leur population (le Soudan, le Soudan du Sud et l\u2019\u00c9thiopie). Des conflits auxquels s\u2019ajoutent un certain nombre de probl\u00e8mes s\u00e9curitaires (terrorisme islamique en Somalie, dans le nord du Mozambique, en Ouganda\u2026), et de tensions interethniques, comme en \u00c9thiopie o\u00f9 elles avaient d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 la mort de nombreuses personnes avant m\u00eame le d\u00e9but de la guerre civile, fin 2020 (ce qui en fait l\u2019un des pays africains souffrant des plus fortes tensions sociales, avec, en particulier, l\u2019Afrique du Sud et ses plus de 27 000 homicides en 2023).<\/p>\n<p>La vitalit\u00e9 \u00e9conomique des pays francophones s&#8217;est notamment traduite par le fait que la C\u00f4te d&#8217;Ivoire a r\u00e9ussi l&#8217;exploit de devenir le pays le plus riche de toute l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest continentale, malgr\u00e9 une production p\u00e9troli\u00e8re environ 50 fois inf\u00e9rieure \u00e0 celle du Nigeria au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, et des productions p\u00e9troli\u00e8re et aurif\u00e8re \u00e9galement tr\u00e8s faibles en comparaison avec celles du Ghana voisin. Un dynamisme sup\u00e9rieur que l&#8217;on observe \u00e9galement au S\u00e9n\u00e9gal et au Cameroun, qui viennent eux aussi, en 2023, de d\u00e9passer le Nigeria en PIB par habitant, en d\u00e9pit d&#8217;une production p\u00e9troli\u00e8re 20 fois moindre pour le Cameroun au cours de cette m\u00eame d\u00e9cennie, et tout simplement encore inexistante au S\u00e9n\u00e9gal. Par ailleurs, il est \u00e0 noter que l&#8217;Alg\u00e9rie devrait d\u00e9passer cette ann\u00e9e le Nigeria en termes de PIB nominal, malgr\u00e9 une population quatre fois inf\u00e9rieure, et que le B\u00e9nin devrait \u00e9galement passer devant en mati\u00e8re de PIB par habitant.<\/p>\n<p>Par ailleurs, et gr\u00e2ce \u00e0 une croissance de 6,3 % en moyenne sur la d\u00e9cennie 2014-2023, soit la plus forte progression au monde de ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es pour la cat\u00e9gorie des pays qui avaient un PIB par habitant sup\u00e9rieur \u00e0 1 000 dollars en d\u00e9but de p\u00e9riode, la C\u00f4te d\u2019Ivoire est r\u00e9cemment devenue le premier &#8211; et encore le seul &#8211; pays africain disposant d\u2019une production globalement assez modeste en mati\u00e8res premi\u00e8res non renouvelables, \u00e0 d\u00e9passer en richesse un pays d\u2019Am\u00e9rique hispanique, \u00e0 savoir le Nicaragua dont le PIB par habitant a atteint 2 530 dollars en 2023 (hors tr\u00e8s petits pays africains de moins de 1,5 million d\u2019habitants, majoritairement insulaires et ne pouvant \u00eatre pris en compte pour de pertinentes comparaisons).<\/p>\n<p>Quant au Niger, ce pays enclav\u00e9 n\u2019est d\u00e9sormais plus le pays le plus pauvre d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, ayant d\u00e9pass\u00e9 la Sierra Leone en 2017 (618 dollars par habitant en 2023, contre 433 dollars). De plus, le pays pourrait prochainement d\u00e9passer le Liberia, autre pays anglophone c\u00f4tier (799 dollars). Apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 une croissance annuelle de 5,4 % sur la d\u00e9cennie 2014-2023, le Niger devrait d\u2019ailleurs bient\u00f4t quitter la liste des dix pays les plus pauvres du continent, et d\u00e9passe d\u00e9sormais non moins de neuf pays africains en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement humain, selon le dernier classement de la fondation Mo Ibrahim, publi\u00e9 en janvier 2023. Un classement plus fiable que celui de l\u2019ONU, aux nombreuses incoh\u00e9rences, et qui a longtemps et \u00e9trangement plac\u00e9 syst\u00e9matiquement le Niger, au taux de f\u00e9condit\u00e9 le plus \u00e9lev\u00e9 au monde, \u00e0 la derni\u00e8re position du classement (m\u00eame derri\u00e8re un pays comme le Soudan du Sud, pourtant r\u00e9put\u00e9 \u00eatre le moins d\u00e9velopp\u00e9 du continent, comme la Somalie, simplement non class\u00e9e\u2026). Il est d\u2019ailleurs \u00e0 noter que le taux de f\u00e9condit\u00e9 en Sierra Leone est pr\u00e8s de 40 % inf\u00e9rieur \u00e0 celui du Niger (3,8 enfants par femme, contre 6,1, en baisse \u00e9galement).<\/p>\n<p> Autre exemple de dynamisme, mais situ\u00e9 en Afrique centrale, le Gabon a r\u00e9affirm\u00e9 son statut de pays le plus riche d\u2019Afrique continentale, avec un PIB de 8 420 dollars par habitant en 2023, creusant ainsi l\u00e9g\u00e8rement l\u2019\u00e9cart avec le Botswana, deuxi\u00e8me producteur mondial de diamants, apr\u00e8s la Russie (7 250 dollars). Une performance obtenue gr\u00e2ce aux grandes avanc\u00e9es r\u00e9alis\u00e9es au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie en mati\u00e8re de diversification et de bonne gouvernance.<\/p>\n<p>Enfin, il convient de rappeler que l\u2019espace UEMOA est \u00e9galement la zone la plus int\u00e9gr\u00e9e du continent, devant la CEMAC qui recouvre une partie de l\u2019Afrique centrale francophone. Ces deux exemples d\u2019int\u00e9gration pouss\u00e9e, loin devant les autres ensembles r\u00e9gionaux, d\u00e9montrent d\u2019ailleurs que le panafricanisme est avant tout une r\u00e9alit\u00e9 francophone.<\/p>\n<p><strong>\u00c9changes, aides au d\u00e9veloppement et m\u00e9dias : l\u2019irrationnel manque d\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une France peu francophonophile, et d\u00e9pourvue de vision \u00e0 long terme.<\/strong><\/p>\n<p>Pourtant, force est de constater un certain manque d\u2019int\u00e9r\u00eat de la France pour l\u2019Afrique francophone, qui n\u2019a repr\u00e9sent\u00e9 que 3,4 % de son commerce ext\u00e9rieur en 2023 (et 0,8 % pour la partie subsaharienne). Cette situation, qui r\u00e9sulte notamment de la faiblesse des investissements productifs r\u00e9alis\u00e9s dans ce vaste ensemble (\u00e0 l\u2019exception de la Tunisie et du Maroc), se manifeste particuli\u00e8rement en RDC, pays strat\u00e9gique qui n\u2019est autre que le premier pays francophone du monde, et o\u00f9 l\u2019Hexagone brille par sa quasi-absence. En effet, la part de la France dans le commerce ext\u00e9rieur de la RDC, vaste comme plus de la moiti\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne, s\u2019est \u00e9tablie \u00e0 seulement 0,5 % en 2022 (comme presque chaque ann\u00e9e), tr\u00e8s largement derri\u00e8re la Chine dont la part se situe r\u00e9guli\u00e8rement au-dessus de 30 % (38,5 % en 2022, soit environ 77 fois plus !). Et comme les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, la RDC est arriv\u00e9e au-del\u00e0 de la 100e position dans le classement mondial des partenaires commerciaux de l\u2019Hexagone, dont elle n\u2019a repr\u00e9sent\u00e9 que 0,02 % du commerce ext\u00e9rieur (soit seulement 1 cinq-milli\u00e8me du total). Ce d\u00e9sint\u00e9r\u00eat de la France se traduit \u00e9galement au niveau de la part des \u00e9tudiants originaires du pays dans l\u2019ensemble des \u00e9tudiants pr\u00e9sents en France (0,7 % du total pour l\u2019ann\u00e9e universitaire 2022-2023, et seulement 1,5 % des \u00e9tudiants africains). Pourtant, la France pourrait sans grande difficult\u00e9 accro\u00eetre sa pr\u00e9sence en RDC, dont la forte d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de la Chine risque de nuire, \u00e0 terme, \u00e0 la souverainet\u00e9 et aux int\u00e9r\u00eats du pays, dont le principal cr\u00e9ancier bilat\u00e9ral est aussi la Chine).<\/p>\n<p>Le manque d\u2019int\u00e9r\u00eat de la France pour l\u2019Afrique francophone s\u2019observe \u00e9galement dans cet autre pays strat\u00e9gique qu\u2019est Djibouti, un des six pays de l\u2019Afrique de l\u2019Est francophone et qui est en passe de devenir une plaque tournante du commerce international gr\u00e2ce \u00e0 sa situation g\u00e9ographique strat\u00e9gique et \u00e0 des investissements massifs en provenance de Chine. Dans ce pays, qui a enregistr\u00e9 une croissance annuelle de 5,3 % sur la d\u00e9cennie 2014-2023, la compagnie a\u00e9rienne Air France n\u2019assure qu\u2019un seul vol hebdomadaire direct avec Paris, contre sept vols directs pour Turkish Airlines en direction d\u2019Istanbul, ou encore trois liaisons pour le groupe Emirates vers Duba\u00ef.<\/p>\n<p>De plus, tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de vient s\u2019ajouter \u00e0 une r\u00e9partition d\u00e9favorable des aides publiques au d\u00e9veloppement vers\u00e9es chaque ann\u00e9e par la France, et qui ne b\u00e9n\u00e9ficient que tr\u00e8s minoritairement au monde francophone, face \u00e0 une Union europ\u00e9enne qui se taille constamment la part du lion. Ainsi, la part des 27 pays francophones du Sud, et leurs 499 millions d\u2019habitants actuels, oscille g\u00e9n\u00e9ralement autour de 20 % de l\u2019enveloppe globale, aides multilat\u00e9rales et bilat\u00e9rales confondues. Dans le m\u00eame temps, celle de l\u2019UE se situe autour de 40 % de l\u2019effort financier de la France, et essentiellement au b\u00e9n\u00e9fice des 13 pays de sa partie orientale et de leurs 113 millions d\u2019habitants seulement (que l\u2019on appellera les pays de UE-13).<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, l\u2019UE s\u2019accapare chaque ann\u00e9e l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des dix premi\u00e8res places des principaux pays b\u00e9n\u00e9ficiaires des aides fran\u00e7aises au d\u00e9veloppement. En 2022, derni\u00e8re ann\u00e9e pour laquelle des donn\u00e9es d\u00e9taill\u00e9es et compl\u00e8tes sont disponibles, huit des dix premi\u00e8res places \u00e9taient donc occup\u00e9es par des pays membres de l\u2019UE, contre seulement deux pour le monde francophone (la C\u00f4te d\u2019Ivoire, premier pays francophone n\u2019arrivant qu\u2019en sixi\u00e8me position). Cette m\u00eame ann\u00e9e, la part du monde francophone n&#8217;a donc atteint que 20,1 % (soit 4,8 milliards d\u2019euros), alors que celle de l\u2019UE s\u2019\u00e9tablissait \u00e0 37,2 % (ou 8,9 Mds d\u2019euros). Quant aux pays de l\u2019UE-13, ceux-ci ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un effort financier 1,5 fois plus important que pour l\u2019ensemble des 27 pays francophones du Sud (soit 7,1 Mds d\u2019euros), en d\u00e9pit d\u2019une population 4,2 fois inf\u00e9rieure en 2022 (et r\u00e9partie sur un espace 11 fois moins vaste), soit un volume d\u2019aide par habitant plus de six fois sup\u00e9rieur. Des aides publiques qui sont, de surcro\u00eet, octroy\u00e9es \u00e0 des conditions plus favorables aux pays de l\u2019UE-13, car int\u00e9gralement vers\u00e9es sous forme de dons, et non assorties de la moindre condition, directe ou indirecte, ni m\u00eame ponctuelle (par exemple en mati\u00e8re d\u2019attribution de march\u00e9s).<\/p>\n<p>Ainsi, et bien que peupl\u00e9e de seulement 1,3 millions d\u2019habitants, l\u2019Estonie a re\u00e7u en 2022 une aide fran\u00e7aise au d\u00e9veloppement presque \u00e9gale \u00e0 celle re\u00e7ue par le Congo-Kinshasa (174,4 millions d\u2019euros, contre 187,6 millions), premier pays francophone du monde avec ses 101 millions d\u2019habitants d\u00e9but 2022 (soit une aide par habitant 68 fois sup\u00e9rieure !). Autre exemple frappant, le Maroc, un des plus grands et sinc\u00e8res amis de la France, et mod\u00e8le de d\u00e9veloppement et de bonne gouvernance pour le monde arabe et le continent africain, a re\u00e7u une aide de 421 millions d\u2019euros, soit bien moins que la Pologne \u00e0 laquelle a \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9e une somme de nouveau sup\u00e9rieure \u00e0 2 Mds d\u2019euros (2,2 Mds en 2022). Et ce, pour une population quasi \u00e9gale, et en d\u00e9pit d\u2019une politique \u00e9conomique et \u00e9trang\u00e8re souvent hostile aux int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Cette politique d\u2019aide au d\u00e9veloppement est contraire \u00e0 toute logique \u00e9conomique ou g\u00e9opolitique. D\u2019un point de vue \u00e9conomique, d\u2019abord parce que les pays de l\u2019UE-13 s\u2019orientent principalement et historiquement vers l\u2019Allemagne, qui arrive tr\u00e8s largement en t\u00eate des pays fournisseurs de la zone, avec une part de march\u00e9 souvent proche des 20 % (16,9 % en 2022), contre toujours environ 3 % pour la France (2,9 % en 2022), dont les aides massives reviennent donc quasiment \u00e0 subventionner les exportations allemandes. Une politique que l\u2019on pourrait r\u00e9sumer par la c\u00e9l\u00e8bre expression \u00ab travailler pour le roi de Prusse \u00bb, qui semble \u00eatre d\u00e9sormais la doctrine de la politique \u00e9trang\u00e8re de la France.\u2026<\/p>\n<p>Ensuite, parce que toutes les \u00e9tudes \u00e9conomiques d\u00e9montrent que les \u00e9changes peuvent \u00eatre bien plus importants entre pays et peuples partageant une m\u00eame langue. \u00c0 ce sujet, un seul exemple suffit \u00e0 prouver l\u2019impact \u00e9conomique du lien linguistique : les touristes qu\u00e9b\u00e9cois sont proportionnellement quatre fois plus nombreux que les touristes am\u00e9ricains \u00e0 venir chaque ann\u00e9e en France\u2026 et \u00e0 y d\u00e9penser. En d\u2019autres termes, toute richesse g\u00e9n\u00e9r\u00e9e dans un pays francophone au profit de l\u2019\u00e9conomie locale finit par \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e en bonne partie au circuit \u00e9conomique d\u2019autres pays francophones, et ce, en vertu d\u2019un m\u00e9canisme semblable \u00e0 celui des vases communicants. D\u2019o\u00f9 le concept de \u00ab zone de coprosp\u00e9rit\u00e9 \u00bb, qui est d\u2019ailleurs une des traductions possibles du terme Commonwealth. Ce lien linguistique explique \u00e9galement en bonne partie la position encore assez bonne, globalement, de la France en Afrique francophone, dont elle demeure le second fournisseur en d\u00e9pit d\u2019un certain manque d\u2019int\u00e9r\u00eat, avec une part de march\u00e9 globale estim\u00e9e \u00e0 9,6 % en 2022. Une part inf\u00e9rieure \u00e0 celle de la Chine (15,5 %, Hong Kong inclus), mais largement sup\u00e9rieure \u00e0 celle de l\u2019Allemagne, estim\u00e9e \u00e0 seulement 3,3 %, et qui arrive m\u00eame derri\u00e8re l\u2019Espagne (6,5 % et troisi\u00e8me fournisseur), l\u2019Italie (4,7 %) et les \u00c9tats-Unis (4,4 %).<\/p>\n<p>Enfin, parce que c\u2019est dans cette m\u00eame Afrique francophone qu\u2019il convient d\u2019investir massivement, d\u2019une part afin de tirer pleinement profit des opportunit\u00e9s et du dynamisme que l\u2019on trouve dans ce vaste ensemble de 25 pays, partie globalement la plus dynamique \u00e9conomiquement du continent et un de principaux relais de la croissance mondiale, et d\u2019autre part, car c\u2019est bien en acc\u00e9l\u00e9rant l\u2019\u00e9mergence \u00e9conomique de cet ensemble qu\u2019augmentera encore plus fortement le nombre d\u2019apprenants du fran\u00e7ais \u00e0 travers le monde. Et ce, au b\u00e9n\u00e9fice \u00e9conomique et g\u00e9opolitique de la France, mais aussi au b\u00e9n\u00e9fice de tous les peuples et pays francophones du monde.<\/p>\n<p>Quant au niveau g\u00e9opolitique, justement, le caract\u00e8re irrationnel de la politique fran\u00e7aise d\u2019aide au d\u00e9veloppement s\u2019explique \u00e9galement par le fait que l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des pays de l\u2019UE, malgr\u00e9 les aides massives vers\u00e9es chaque ann\u00e9e par le contribuable fran\u00e7ais, vote r\u00e9guli\u00e8rement contre les positions fran\u00e7aises au sein des grandes instances internationales, au profit des \u00c9tats-Unis (aupr\u00e8s desquels ils se fournissent d\u2019ailleurs presque exclusivement en mati\u00e8re d\u2019armements lourds, alors que les richissimes pays du Golfe et les grandes puissances \u00e9mergentes pr\u00e9f\u00e8rent souvent acheter du mat\u00e9riel militaire fran\u00e7ais\u2026). Et ce, contrairement \u00e0 la majorit\u00e9 des pays francophones, qui partage avec la France nombre de valeurs et d\u2019orientations communes en mati\u00e8re de politique \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019int\u00e9r\u00eat pour la France de consacrer une part aussi importante de ses aides et de son \u00e9nergie aux pays de l\u2019UE-13 se r\u00e9v\u00e8le donc extr\u00eamement marginal, en comparaison avec les avantages \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques qu\u2019elle tirerait d\u2019une nouvelle r\u00e9partition plus favorable aux pays du monde francophone. En d\u2019autres termes, la pr\u00e9pond\u00e9rance europ\u00e9enne dans les aides au d\u00e9veloppement ne fait incontestablement qu\u2019affaiblir la France au niveau international, tant \u00e9conomiquement que g\u00e9opolitiquement (les deux \u00e9tant d\u2019ailleurs, \u00e0 terme, \u00e9troitement li\u00e9s).<\/p>\n<p>Certes, la France est une grande puissance mondiale, la deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me en tenant compte de tous les crit\u00e8res de puissance (\u00e9conomie, capacit\u00e9s militaires, technologie, industrie spatiale, influences diplomatique et culturelle, territoire maritime\u2026). La France est territorialement pr\u00e9sente sur quatre continents et militairement sur les cinq continents, notamment gr\u00e2ce \u00e0 ses territoires d\u2019outre-mer. Gr\u00e2ce \u00e0 sa vaste zone \u00e9conomique exclusive (ZEE), elle compte non moins de 32 pays frontaliers \u00e0 travers la plan\u00e8te (dont 21 uniquement par mer), ce qui constitue un record mondial, devant le Royaume-Uni (25 pays) et les \u00c9tats-Unis (18 pays). En tant que puissance mondiale, la France se doit donc d\u2019\u00eatre financi\u00e8rement pr\u00e9sente sur tous les continents, y compris en Europe. Mais afin de consolider ce statut, la France doit privil\u00e9gier le vaste monde francophone, o\u00f9 le retour sur investissement est bien sup\u00e9rieur, \u00e0 travers les grandes opportunit\u00e9s \u00e9conomiques qu\u2019il pr\u00e9sente d\u00e9sormais, et gr\u00e2ce \u00e0 sa contribution consid\u00e9rable \u00e0 l\u2019augmentation du nombre d\u2019apprenants du fran\u00e7ais \u00e0 travers le monde, du fait de sa double \u00e9mergence d\u00e9mographique et \u00e9conomique. La langue \u00e9tant le principal vecteur d\u2019influence culturelle, avec, in fine, d\u2019importantes r\u00e9percussions \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques, la France doit donc investir prioritairement dans son espace linguistique afin d\u2019amplifier la progression de la langue fran\u00e7aise dans le monde, aussi bien au b\u00e9n\u00e9fice de ses propres int\u00e9r\u00eats que de ceux de l\u2019ensemble des pays et peuples francophones du monde.<\/p>\n<p>Pourtant, les derni\u00e8res \u00e9volutions de la politique fran\u00e7aise d\u2019aide au d\u00e9veloppement ne permettent gu\u00e8re de d\u00e9celer un r\u00e9el changement d\u2019attitude, et encore moins de paradigme, de la part des autorit\u00e9s fran\u00e7aises. De toute fa\u00e7on, tant que le monde francophone continuera \u00e0 ne recevoir qu\u2019un cinqui\u00e8me du total des aides vers\u00e9es par l\u2019Hexagone \u00e0 des pays tiers, et tant que l\u2019espace compos\u00e9 par les pays francophones du Sud recevra proportionnellement \u00e0 sa population six ou sept fois moins d\u2019aides que l\u2019ensemble compos\u00e9 par les pays de la partie orientale de l\u2019UE, toutes les d\u00e9clarations officielles en faveur de la \u00ab francophonie \u00bb ou de la \u00ab francophonie \u00e9conomique \u00bb ne seront gu\u00e8re \u00e0 prendre au s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>Mais toute red\u00e9finition en faveur du monde francophone de la politique fran\u00e7aise d\u2019aide au d\u00e9veloppement, au nom des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques de la France, grande puissance englu\u00e9e, anesth\u00e9si\u00e9e, par les obligations li\u00e9es \u00e0 son appartenance \u00e0 l\u2019UE, ne pourra se faire qu\u2019\u00e0 travers une red\u00e9finition en profondeur du fonctionnement de celle-ci. Voire, si n\u00e9cessaire, et m\u00eame probablement, une sortie pure et simple de cet ensemble qui ne fait que l\u2019\u00e9puiser financi\u00e8rement et l\u2019affaiblir, en l\u2019\u00e9loignant du monde francophone, et donc en l\u2019alignant sur les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de l\u2019Allemagne et \u00e9conomico-g\u00e9opolitiques des \u00c9tats-Unis (notamment \u00e0 travers une politique hostile \u00e0 la Russie et une anglicisation forcen\u00e9e, \u00e0 laquelle \u00e9chappent, \u00e0 leur plus grand b\u00e9n\u00e9fice, la Chine, la Russie et bien d\u2019autres puissances).<\/p>\n<p>Par ailleurs, ce manque d\u2019int\u00e9r\u00eat des gouvernants fran\u00e7ais pour le monde francophone, et leur repli sur l\u2019Union europ\u00e9enne, ont donc naturellement des r\u00e9percussions fort n\u00e9gatives sur le niveau d\u2019int\u00e9r\u00eat des Fran\u00e7ais eux-m\u00eames, qui, maintenus \u00e0 l\u2019\u00e9cart, ignorent pratiquement tout de ce vaste espace. \u00c0 titre d\u2019exemple, la quasi-int\u00e9gralit\u00e9 de la population fran\u00e7aise ne sait rien des Jeux de la Francophonie qui se tiennent tous les quatre ans (contraste frappant avec la couverture m\u00e9diatique dont jouissent les Jeux du Commonwealth au Royaume-Uni), de la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro en C\u00f4te d\u2019Ivoire (qui n\u2019est autre que le plus grand \u00e9difice chr\u00e9tien au monde, quasi-r\u00e9plique de la basilique Saint-Pierre de Rome), du concours musical \u00ab The Voice Afrique francophone \u00bb (qui f\u00fbt dans sa saison 2016-2017, relay\u00e9e par certains m\u00e9dias nationaux africains, le plus grand concours musical au monde en termes d\u2019audience cumul\u00e9e, avec son \u00e9quivalent arabophone), ou encore du peuple acadien, que bon nombre de Fran\u00e7ais situent en Louisiane\u2026<\/p>\n<p>Le cas des Jeux de la Francophonie constitue d\u2019ailleurs un exemple fort r\u00e9v\u00e9lateur de la strat\u00e9gie men\u00e9e en vue de maintenir la population fran\u00e7aise dans l\u2019ignorance. En effet, les derniers Jeux de la Francophonie, organis\u00e9s en 2023 \u00e0 Kinshasa, plus grande ville francophone du monde, ont fait l\u2019objet d\u2019une censure totale de la part des m\u00e9dias audiovisuels et de la presse \u00e9crite destin\u00e9s \u00e0 la population fran\u00e7aise (\u00e0 ne pas confondre avec les m\u00e9dias essentiellement destin\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, qui ne peuvent se permettre pareille censure, et dont le contenu diff\u00e8re donc parfois consid\u00e9rablement). Cette censure totale et syst\u00e9matique des grands \u00e9v\u00e9nements francophones, y compris par l\u2019ensemble des m\u00e9dias publics, et digne des r\u00e9gimes les plus totalitaires de la plan\u00e8te, ne peut bien \u00e9videmment avoir lieu que suite \u00e0 des instructions re\u00e7ues de la part des plus hautes autorit\u00e9s du pays. Une attitude qui s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019une volont\u00e9 politique incontestable de couper le peuple fran\u00e7ais du monde francophone, men\u00e9e avec acharnement par les europ\u00e9istes et atlantistes qui dirigent le pays depuis bient\u00f4t 20 ans. Et ce, afin de d\u00e9valoriser la France aux yeux de la population fran\u00e7aise, en lui faisant oublier son appartenance \u00e0 un vaste espace linguistique, dans le but de lui faire accepter le maintien du pays au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne et de l&#8217;OTAN. Deux ensembles pr\u00e9sent\u00e9s alors comme n\u00e9cessaires, et m\u00eame vitaux, pour une pauvre France qui ne pourrait rien faire &#8220;seule&#8221;.<\/p>\n<p>Or, cette large m\u00e9connaissance de la grande famille francophone et de sa dimension mondiale, et outre le fait de priver nombre d\u2019investisseurs et de repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile de multiples opportunit\u00e9s d\u2019\u00e9change et de partenariat mutuellement b\u00e9n\u00e9fiques, a pour cons\u00e9quence pr\u00e9judiciable de r\u00e9duire consid\u00e9rablement l\u2019attachement des Fran\u00e7ais \u00e0 leur langue. Eux, qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 si peu int\u00e9ress\u00e9s par la promotion et la diffusion de celle-ci \u00e0 travers le monde, alors m\u00eame qu\u2019elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 autant parl\u00e9e et apprise. Et ce, au grand \u00e9tonnement des francophones extra-europ\u00e9ens, auxquels est aujourd\u2019hui enti\u00e8rement attribuable la progression constante de l\u2019apprentissage du fran\u00e7ais hors espace francophone, face \u00e0 une France qui est d\u00e9sormais clairement un frein, et m\u00eame un obstacle, en la mati\u00e8re (et dont l\u2019inconscience des graves cons\u00e9quences \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques de pareille attitude d\u00e9note une \u00e9vidente immaturit\u00e9). Une ignorance fran\u00e7aise au sujet de l\u2019espace francophone qui s\u2019oppose d\u2019ailleurs \u00e0 la plus grande culture qu\u2019ont les Britanniques de leur espace linguistique, et qui explique en bonne partie leur attachement visc\u00e9ral \u00e0 leur langue, \u00e0 sa d\u00e9fense et \u00e0 sa diffusion.<\/p>\n<p>Au nom de leurs propres int\u00e9r\u00eats, les francophones situ\u00e9s en dehors du continent europ\u00e9en ne doivent plus se laisser influencer par l\u2019attitude n\u00e9faste des francophones d\u2019Europe, et notamment de France, en mati\u00e8re de promotion de la langue fran\u00e7aise, et devraient plut\u00f4t s\u2019inspirer du mod\u00e8le qu\u00e9b\u00e9cois (et des Anglo-Saxons) en faisant respecter leur langue commune au sein des diff\u00e9rentes organisations r\u00e9gionales et internationales, politiques, \u00e9conomiques, culturelles et sportives, dont ils font partie ou avec lesquelles ils sont en \u00e9troite collaboration (et notamment au niveau de l\u2019Union africaine et dans le cadre de leurs relations avec l\u2019Union europ\u00e9enne, d\u2019autant plus que l\u2019Afrique francophone est la partie la plus dynamique \u00e9conomiquement, la moins endett\u00e9e et la plus stable du continent).<\/p>\n<p>De grands efforts sont donc \u00e0 accomplir en France afin de rattraper un retard consid\u00e9rable en mati\u00e8re d\u2019information et d\u2019\u00e9ducation. Par ailleurs, l\u2019\u00e9mergence d\u00e9mographique et \u00e9conomique de l\u2019Afrique francophone devrait en toute logique s\u2019accompagner, \u00e0 terme, du transfert d\u2019un certain nombre d\u2019institutions panfrancophones des villes du Nord vers celles du Sud, et notamment vers Kinshasa et Abidjan, respectivement premi\u00e8re et troisi\u00e8me ville francophone du monde. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir d\u00e9pass\u00e9 l\u2019espace hispanophone, et plus r\u00e9cemment l\u2019Union europ\u00e9enne, dans ses anciennes fronti\u00e8res incluant le Royaume-Uni, le monde francophone compte d\u00e9sormais 583,7 millions d\u2019habitants. Une progression essentiellement due \u00e0 l\u2019Afrique francophone, dont l\u2019\u00e9mergence d\u00e9mographique et \u00e9conomique m\u00e9riterait davantage d\u2019attention de la part des pays francophones du Nord, et notamment de la France dont les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":35215,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,3],"tags":[],"class_list":["post-35214","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-featured","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35214","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35214"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35214\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":35216,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35214\/revisions\/35216"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35215"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35214"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35214"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35214"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}