{"id":39929,"date":"2025-09-02T07:40:34","date_gmt":"2025-09-02T05:40:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=39929"},"modified":"2025-09-02T07:40:40","modified_gmt":"2025-09-02T05:40:40","slug":"burkina-faso-lonu-sous-le-feu-des-critiques-apres-lexpulsion-de-sa-coordinatrice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/burkina-faso-lonu-sous-le-feu-des-critiques-apres-lexpulsion-de-sa-coordinatrice\/","title":{"rendered":"Burkina Faso : l\u2019ONU sous le feu des critiques apr\u00e8s l\u2019expulsion de sa coordinatrice"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Le 18 ao\u00fbt dernier, le gouvernement burkinab\u00e8 a d\u00e9clar\u00e9 la coordinatrice r\u00e9sidente de l\u2019ONU, Carol Flore-Smereczniak, persona non grata, accusant son rapport sur les enfants et le conflit arm\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00ab mensonger \u00bb. Cette d\u00e9cision s\u2019inscrit dans une s\u00e9rie de mesures r\u00e9pressives contre les organisations humanitaires, apr\u00e8s l\u2019expulsion en d\u00e9cembre 2022 de Barbara Manzi, sa pr\u00e9d\u00e9cesseure.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Entre restrictions administratives et suspensions d\u2019ONG, les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 semblent privil\u00e9gier le contr\u00f4le politique au d\u00e9triment de l\u2019aide vitale dont d\u00e9pend une population en crise. Pourtant, en 2024, l\u2019ONU a mobilis\u00e9 plus de 505 millions de dollars pour soutenir des programmes humanitaires dans le pays. L\u2019expulsion de Carol Flore-Smereczniak marque un nouveau chapitre dans la relation tendue entre le Burkina Faso et les Nations unies.<br \/>\nLe gouvernement lui reproche d\u2019avoir co-pr\u00e9sid\u00e9 un rapport accusant les forces de s\u00e9curit\u00e9 burkinab\u00e8 de violations contre des enfants, sans preuve suffisante selon Ouagadougou. Une d\u00e9cision qui rappelle celle de d\u00e9cembre 2022, o\u00f9 Barbara Manzi, alors coordinatrice de l\u2019ONU, avait \u00e9t\u00e9 pri\u00e9e de quitter le pays pour avoir \u00ab pr\u00e9dit le chaos \u00bb sans justification.<\/p>\n<p>Cette m\u00e9fiance envers les acteurs internationaux s\u2019\u00e9tend aux ONG. Depuis juin dernier, pr\u00e8s d\u2019une dizaine d\u2019organisations, dont Geneva Call et l\u2019Institut de recherche sur la paix au Sahel, ont \u00e9t\u00e9 interdites d\u2019exercer. Selon le gouvernement c\u2019est le non-respect de la convention d\u2019\u00e9tablissement qui a motiv\u00e9 cette d\u00e9cision. Il y a peine deux mois, l\u2019ONG INSO a \u00e9t\u00e9 suspendue \u00e0 son tour apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e de collecter ill\u00e9galement des donn\u00e9es. Des leviers qui selon les observateurs sont utilis\u00e9s pour faire plier des organisations ind\u00e9pendantes. Ces mesures s\u2019accompagnent d\u2019un renforcement du contr\u00f4le administratif, avec une nouvelle loi sur la libert\u00e9 d\u2019association imposant la transmission des budgets et rapports financiers aux autorit\u00e9s.<br \/>\nPourquoi un tel durcissement ? Les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 justifient ces d\u00e9cisions par une volont\u00e9 de \u00ab remettre de l\u2019ordre \u00bb dans un secteur jug\u00e9 opaque. Derri\u00e8re cette rh\u00e9torique se cache une strat\u00e9gie de recentrage souverain, o\u00f9 la priorit\u00e9 semble \u00eatre le contr\u00f4le politique plut\u00f4t que la r\u00e9ponse aux besoins humanitaires. Une approche qui pourrait avoir des cons\u00e9quences dramatiques pour une population d\u00e9j\u00e0 en grande d\u00e9tresse.<\/p>\n<p><strong>Une population prise en otage par les tensions politiques <\/strong><\/p>\n<p>Le Burkina Faso traverse une crise humanitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent. En 2024, 6,3 millions de personnes, soit 27 % de la population, avaient besoin d\u2019une aide humanitaire. Parmi elles, 2,7 millions souffraient d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire aigu\u00eb, et plus de 2 millions \u00e9taient d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays.<br \/>\nEn cons\u00e9quence, les ONG sont pleinement engag\u00e9es pour diminuer les effets de cette situation critique. En 2024, la Croix-Rouge burkinab\u00e8, soutenue par un consortium international, a aid\u00e9 plus de 123 000 personnes avec des distributions alimentaires, des soins de sant\u00e9 et des abris d\u2019urgence. Pourtant, ces actions sont aujourd\u2019hui menac\u00e9es par les restrictions impos\u00e9es par le gouvernement. En interdisant l\u2019aide sous forme de transferts d\u2019esp\u00e8ces ou en bloquant l\u2019acc\u00e8s aux zones les plus touch\u00e9es, les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 se privent d\u2019une aide vitale pour soutenir sa population.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi, sans l\u2019aide humanitaire, les d\u00e9fis \u00e0 venir semblent immenses pour Ibrahim Traor\u00e9 et son gouvernement. D\u2019autant plus, que les r\u00e9percussions de la crise s\u2019\u00e9tendent directement sur la vie quotidienne des burkinab\u00e8. En effet, les infrastructures essentielles, comme les \u00e9coles ou les centres de sant\u00e9 sont de plus en plus cibl\u00e9es. La priorit\u00e9 devrait \u00eatre la coop\u00e9ration avec les acteurs humanitaires, pas leur exclusion. En choisissant la voie du contr\u00f4le absolu, le gouvernement burkinab\u00e8 fait le choix de laisser sa population face \u00e0 des besoins vitaux non satisfaits.<\/p>\n<p>Quelle priorit\u00e9 est donn\u00e9e par le gouvernement d\u2019Ibrahim Traor\u00e9 : la sauvegarde du pouvoir \u00e0 tout prix ou celle de sa population ?<\/p>\n<p><strong>Constantine<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 18 ao\u00fbt dernier, le gouvernement burkinab\u00e8 a d\u00e9clar\u00e9 la coordinatrice r\u00e9sidente de l\u2019ONU, Carol Flore-Smereczniak, persona non grata, accusant son rapport sur les enfants et le conflit arm\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00ab mensonger \u00bb. 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