{"id":40574,"date":"2025-10-10T06:45:49","date_gmt":"2025-10-10T04:45:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=40574"},"modified":"2025-10-10T06:45:53","modified_gmt":"2025-10-10T04:45:53","slug":"golfe-de-guinee-la-flotte-chinoise-pratique-la-peche-illegale-a-grande-echelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/golfe-de-guinee-la-flotte-chinoise-pratique-la-peche-illegale-a-grande-echelle\/","title":{"rendered":"Golfe de Guin\u00e9e : la flotte chinoise pratique la p\u00eache ill\u00e9gale \u00e0 grande \u00e9chelle"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Malgr\u00e9 une surveillance accrue, les navires chinois clandestins sillonnent les eaux africaines de Monrovia (Lib\u00e9ria) \u00e0 Port-Gentil (Gabon). Op\u00e9rant en toute impunit\u00e9 dans les eaux africaines, vidant les ressources halieutiques de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et mena\u00e7ant la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, \u00e9conomique et environnementale du pays.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Combien de navires chinois sillonnent les eaux africaines, notamment dans le Golfe de Guin\u00e9e et au large des c\u00f4tes ivoiriennes ? En 2020, l\u2019Overseas Development Institute (ODI) estimait leur nombre \u00e0 17 000 dans le seul Golfe de Guin\u00e9e. Tous pratiquent la p\u00eache illicite, non d\u00e9clar\u00e9e et non r\u00e9glement\u00e9e (INN). Cette activit\u00e9, qualifi\u00e9e de pillage en r\u00e8gle, viole les lois nationales et r\u00e9gionales. Selon l\u2019ODI, 40 % des prises seraient ill\u00e9gales. Bien que les Chinois ne soient pas les seuls responsables, ils dominent largement ce trafic gr\u00e2ce \u00e0 des techniques sophistiqu\u00e9es de &#8220;d\u00e9silhouettage&#8221;.<\/p>\n<p>Officiellement plafonn\u00e9e \u00e0 3 000 navires, la flotte chinoise parvient \u00e0 multiplier les navires usine et autres chalutiers \u00e0 l\u2019aide d\u2019un syst\u00e8me complexe de propri\u00e9t\u00e9s multiples, un peu \u00e0 l\u2019image de la flotte fant\u00f4me russe. Les deux syst\u00e8mes reposent sur une architecture de pr\u00eate-noms et de pavillons de complaisance. Le navire Meng Xin 10, rep\u00e9r\u00e9 en juin dernier au large des c\u00f4tes ivoiriennes, en est un exemple frappant. Battant pavillon ghan\u00e9en, avec un \u00e9quipage local, il appartient officiellement \u00e0 une entreprise enregistr\u00e9e \u00e0 Accra. Pourtant, les officiers \u00e0 bord sont chinois, les instruments de navigation en mandarin, et les commanditaires bas\u00e9s \u00e0 Dalian, en Chine. Ces navires d\u00e9sactivent leurs syst\u00e8mes de suivi pour \u00e9chapper aux contr\u00f4les et aux repr\u00e9sailles, car certains de leurs patrons sont soup\u00e7onn\u00e9s de violations des droits de l\u2019homme. Selon la Fondation pour la justice environnementale (EJF), plus de 90 % des chalutiers industriels dans les eaux ghan\u00e9ennes seraient d\u00e9tenus par des soci\u00e9t\u00e9s chinoises.<\/p>\n<p><strong>Un d\u00e9sastre \u00e9conomique et environnemental<\/strong><\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences de cette p\u00eache ill\u00e9gale sont catastrophiques pour l\u2019\u00e9conomie et l\u2019environnement ivoiriens. Le manque \u00e0 gagner est estim\u00e9 \u00e0 11,5 milliards de dollars par an, dont 2,3 milliards et quelque 300 000 emplois pour les pays du Golfe de Guin\u00e9e. Des dizaines de milliers de personnes d\u00e9pendent de la p\u00eache. &#8220;Il n\u2019y a plus de poisson dans la mer. \u00c7a fait au moins deux ans que c\u2019est tr\u00e8s dur&#8221;, d\u00e9plore Amaka Kouam\u00e9, un p\u00eacheur ivoirien. Autrefois, il gagnait environ 3 000 euros par an, mais aujourd\u2019hui, il peine \u00e0 d\u00e9passer 1 000 \u00e0 1 200 euros.<\/p>\n<p>La production de la p\u00eache maritime en C\u00f4te d\u2019Ivoire a chut\u00e9 d\u2019environ 40 % entre 2010 et 2020, passant de pr\u00e8s de 150 000 tonnes \u00e0 environ 100 000 tonnes. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire plane sur le pays. En C\u00f4te d\u2019Ivoire, le poisson est la premi\u00e8re prot\u00e9ine animale consomm\u00e9e dans le pays. Sur le plan environnemental, la technique de chalutage non seulement ne diff\u00e9rencie aucun poisson mais d\u00e9truit aussi les habitats de fonds marins vitaux, sapant la capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des \u00e9cosyst\u00e8mes marins.<\/p>\n<p><strong>Les autorit\u00e9s face au g\u00e9ant chinois<\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 cette menace, les autorit\u00e9s ivoiriennes tentent de r\u00e9agir. La marine nationale effectue des patrouilles et des contr\u00f4les r\u00e9guliers dans la zone \u00e9conomique exclusive, aid\u00e9e par une surveillance satellite et des drones. Le gouvernement a instaur\u00e9 des zones maritimes prot\u00e9g\u00e9es et des plans de gestion des p\u00eaches. Il a \u00e9galement renforc\u00e9 sa l\u00e9gislation et sa collaboration avec des organisations internationales comme l\u2019Union Europ\u00e9enne. Le 6 juin dernier, la C\u00f4te d\u2019Ivoire a sign\u00e9 un protocole avec la Commission europ\u00e9enne, permettant aux navires europ\u00e9ens de p\u00eacher 6 100 tonnes de poisson sur quatre ans, en \u00e9change d\u2019un soutien financier de 2,9 millions d\u2019euros. Un tel dispositif pourrait \u00eatre mis en place avec la Chine. Mais P\u00e9kin est-il pr\u00eat \u00e0 payer alors que son pillage lui permet de se nourrir \u00e0 moindre co\u00fbt ?<\/p>\n<p><strong>Constantine<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 une surveillance accrue, les navires chinois clandestins sillonnent les eaux africaines de Monrovia (Lib\u00e9ria) \u00e0 Port-Gentil (Gabon). Op\u00e9rant en toute impunit\u00e9 dans les eaux africaines, vidant les ressources halieutiques de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et mena\u00e7ant la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, \u00e9conomique et environnementale du pays. 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