{"id":4166,"date":"2017-05-15T12:07:18","date_gmt":"2017-05-15T10:07:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=4166"},"modified":"2017-05-15T12:07:18","modified_gmt":"2017-05-15T10:07:18","slug":"la-chronique-du-lundi-faut-il-se-debarrasser-du-fcfa-ou-le-conserver","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/la-chronique-du-lundi-faut-il-se-debarrasser-du-fcfa-ou-le-conserver\/","title":{"rendered":"La Chronique du Lundi : Faut-il se d\u00e9barrasser du FCFA ou le conserver ?"},"content":{"rendered":"<p>Cr\u00e9\u00e9 en 1945, le FCFA est-il un instrument de domination n\u00e9ocoloniale, reste inavou\u00e9 d\u2019une Fran\u00e7afrique qui continue, \u00e0 travers cette monnaie unique, \u00e0 asservir les pays africains ? Faut-il rappeler que FCFA signifie \u00ab Franc des Colonies Fran\u00e7aises d\u2019Afrique \u00bb ? <!--more--><\/p>\n<p>Est-il, au contraire, un facteur de stabilit\u00e9 pour les \u00e9conomies de 15 pays africains? Le d\u00e9bat est ouvert. Pour ceux qui veulent le maintien du FCFA, cette monnaie est, pour l\u2019instant, un atout. Pour ceux qui veulent s\u2019en d\u00e9barrasser, c\u2019est un handicap.<br \/>\nD\u00e9finition<br \/>\nLa \u00ab zone Franc \u00bb est un espace mon\u00e9taire, mais aussi\u00a0 \u00e9conomique, entre la France et 15 pays d\u2019Afrique. 14 pays sont regroup\u00e9s dans deux unions mon\u00e9taires, 8 au sein de l\u2019UEMOA (1), 6 au sein de la CEMA\u00a0 (2), l\u2019Union des Comores est le 15\u00e8me pays africain membre de la zone Franc. Pour tous ceux qui ont fait du discours anti-France leur fonds de commerce, ils accusent cette monnaie d\u2019\u00eatre un reliquat de l\u2019empire colonial fran\u00e7ais et de p\u00e9naliser l\u2019\u00e9conomie de pays membres de des \u00ab zones franc \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Probl\u00e9matique<\/strong><br \/>\nLe d\u00e9bat m\u00e9rite d\u2019\u00eatre ouvert \u00e0 partir des 4 questions suivantes :<\/p>\n<p>1.Une union mon\u00e9taire entre les pays africains de la zone franc est-elle un avantage pour l\u2019\u00e9conomie et le d\u00e9veloppement de ces pays?<\/p>\n<p>2.Un syst\u00e8me de taux de change fixe entre ces unions mon\u00e9taires et la France pr\u00e9sente-t-il un v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique ?<\/p>\n<p>3.Les termes des accords du maintien de cette parit\u00e9 fixe sont-ils favorables aux pays africains ou avantagent-ils outrageusement, voire scandaleusement, la France ?<\/p>\n<p>4.Les pays concern\u00e9s devront-ils, un jour (quand et comment ?) abandonner le FCFA ?<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; <em>R\u00e9ponses<\/em>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<br \/>\n<strong>QUESTION 1 &#8211; Une union mon\u00e9taire entre les pays africains de la zone franc est-elle un avantage pour l\u2019\u00e9conomie et le d\u00e9veloppement de ces pays ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>REPONSE ECONOMIQUE<\/strong> \u2013 Dans une zone g\u00e9ographique donn\u00e9e (UEMOA et CEMA), une monnaie unique se justifie, car elle est facteur de forte int\u00e9gration \u00e9conomique, de libre-circulation des hommes, des marchandises et des capitaux et elle permet la mise en place de m\u00e9canismes d&#8217;ajustement face aux chocs asym\u00e9triques. Or, le commerce intra-zone dans la zone Franc reste \u00e0 un niveau tr\u00e8s faible. Tous les pays \u00e9tant essentiellement exportateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res (70% pour l\u2019UEMOA et 90% pour la CEMAC), les \u00e9changes restent tr\u00e8s faibles, car les \u00e9conomies n\u2019\u00e9tant pas diversifi\u00e9es, les pays n\u2019ont rien \u00e0 vendre \u00e0 leurs voisins. Autre handicap : la mobilit\u00e9 g\u00e9ographique des travailleurs de la zone Franc reste faible. Autre handicap encore : les chocs asym\u00e9triques sont nombreux, car les \u00e9conomies sont extr\u00eamement d\u00e9pendantes des cours des mati\u00e8res premi\u00e8res (Exemple : le p\u00e9trole). Afin de compenser les chocs asym\u00e9triques, le budget de la zone de la zone mon\u00e9taire doit \u00eatre suffisamment important pour favoriser l\u2019int\u00e9gration financi\u00e8re et permettre une redistribution de l\u2019argent en faveur des pays affect\u00e9s par une crise budg\u00e9taire, comme dans la zone euro. Les budgets des deux zones francs \u00e9tant tr\u00e8s faibles, il n\u2019est pas possible de proc\u00e9der \u00e0 une redistribution suffisante des richesses entre les pays membres.<\/p>\n<p><strong>REPONSE POLITIQUE<\/strong> &#8211;<br \/>\nLes difficult\u00e9s \u00e9conomiques rencontr\u00e9es par les pays de la zone Franc ne sont pas provoqu\u00e9es par l\u2019existence du FCFA. Entre 2000 et 2015, la croissance y est sup\u00e9rieure \u00e0 celle du reste de l\u2019Afrique, malgr\u00e9 des troubles graves (crise politico-militaire en C\u00f4te d\u2019Ivoire, lutte contre le terrorisme au Mali, conflits ethniques au Darfour, communautaire en Centrafrique. Les faiblesses des \u00e9conomies de la zone Franc sont des faiblesses structurelles, sans rapport r\u00e9el avec la politique mon\u00e9taire, car le \u00ab climat des affaires \u00bb reste d\u00e9favorable, la corruption n\u2019est pas ma\u00eetris\u00e9e,\u00a0 l\u2019instabilit\u00e9 politique demeure et les politiques publiques ne favorisent pas la diversification des \u00e9conomies.<\/p>\n<p><strong>QUESTION 2 &#8211; Un syst\u00e8me de taux de change fixe entre ces unions mon\u00e9taires et la France pr\u00e9sente-t-il un v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>REPONSE ECONOMIQUE<\/strong> \u2013 L\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une monnaie unique qui d\u00e9pend d\u2019une banque centrale, et non pas du pouvoir politique, est de permettre la stabilit\u00e9 des prix et de juguler l\u2019inflation.\u00a0 C\u2019est le cas dans la \u00ab zone euro \u00bb, c\u2019est le cas au sein de l\u2019UEMOA ou de la CEMA. Au sein de la zone Franc, l\u2019inflation est rest\u00e9e limit\u00e9e entre 2% et 3%, alors qu\u2019elle atteint pr\u00e8s de 10\u202f% dans le reste de l\u2019Afrique subsaharienne. Cela est d\u00fb en grande partie au taux de change fixe adopt\u00e9 avec l\u2019euro, et \u00e0 l\u2019engagement de la France \u00e0 convertir \u00e0 taux fixe les FCFA en euro, cette caract\u00e9ristique fait m\u00eame du CFA une valeur refuge pour certains investisseurs africains dont les monnaies nationales sont plus volatiles. Cette stabilit\u00e9 mon\u00e9taire s\u00e9curise les principaux partenaires commerciaux, or les pays membres de l\u2019UE restent les premiers partenaires commerciaux de la zone Franc (30% des exportations).<\/p>\n<p><strong>REPONSE POLITIQUE<\/strong> \u2013 Des monnaies nationales plus faibles ou une d\u00e9valuation de FCFA permettrait aux \u00e9conomies des pays de la zone franc d\u2019\u00eatre plus comp\u00e9titives sur le march\u00e9 mondial. Pour les pays de la zone franc producteurs de mati\u00e8res premi\u00e8res libell\u00e9es en dollar (p\u00e9trole non raffin\u00e9, cacao, caf\u00e9, arachides, etc.), une d\u00e9valuation du CFA permettrait ainsi d\u2019am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9. Mais, ces m\u00eames pays, qui n\u2019ont pas une \u00e9conomie diversifi\u00e9e, verraient le co\u00fbt des biens import\u00e9s (automobile, p\u00e9trole raffin\u00e9) augmenter consid\u00e9rablement, ce qui p\u00e9naliserait le consommateur oblig\u00e9 d\u2019acheter des biens import\u00e9s. La d\u00e9valuation du CFA n\u2019est pas \u00e0 l\u2019ordre du jour, les ministres des finances de la zone Franc s\u2019\u00e9tant prononc\u00e9s \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 pour le maintien de la parit\u00e9 actuelle lors du dernier sommet des ministres de la zone Franc en avril 2017. La d\u00e9valuation brusque de 1994, sans pr\u00e9paration en amont, a eu des effets catastrophiques. CE sera encore le cas si les politiques publiques ne favorisent pas la production de biens locaux.<\/p>\n<p><strong>QUESTION 3 &#8211; Les termes des accords du maintien de cette parit\u00e9 fixe sont-ils favorables aux pays africains ou avantagent-ils outrageusement, voire scandaleusement, la France ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>REPONSE ECONOMIQUE<\/strong> \u2013 La r\u00e9ponse est ici complexe, car elle suppose une explication tr\u00e8s technique. L\u2019Institut Choiseul-Abidjan publiera une note compl\u00e8te sur la question du FCFA, r\u00e9dig\u00e9e par un sp\u00e9cialiste des questions mon\u00e9taire. Je reprends certains points de son analyse.<\/p>\n<p><strong>RAPPEL<\/strong> : en \u00e9change de la garantie accord\u00e9e par la France quant \u00e0 la parit\u00e9 du Franc CFA avec l\u2019Euro, les pays membres\u00a0 la BCEAO, la BEAC et les pays membres de la zone Franc doivent placer une partie de leurs r\u00e9serves de change sur un compte d\u2019op\u00e9ration du Tr\u00e9sor Public. Selon les termes des accords garantissant la parit\u00e9 entre le Franc CFA et l\u2019Euro, la BCEAO, la BEAC et les Etats membres de la zone Franc doivent centraliser une partie (50%) de leurs r\u00e9serves de change au Tr\u00e9sor public fran\u00e7ais. Ce placement est r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 et rapporte des int\u00e9r\u00eats aux pays de la zone Franc<\/p>\n<p>a. Les d\u00e9tracteurs du Franc CFA accusent r\u00e9guli\u00e8rement la France d\u2019appliquer des conditions qui ne sont pas favorable aux pays de la zone Franc.<\/p>\n<p>b. Les r\u00e9serves de change (or, cr\u00e9ances en or, cr\u00e9ances sur le FMI, devises \u00e9trang\u00e8res) d\u00e9tenues par la France pour le compte des pays de la \u00ab zone franc \u00bb permettent de cr\u00e9dibiliser la valeur du CFA.<\/p>\n<p>c. Ce ne sont pas la BCEAO et la BEAC qui doivent ajuster leur politique mon\u00e9taire, afin d\u2019aligner le Franc CFA sur l\u2019euro, mais la France qui fournit cette garantie et prend \u00e0 sa charge le risque de change pour le compte des pays africains.<\/p>\n<p>d. Gr\u00e2ce \u00e0 cette garantie, les pays de la zone franc n\u2019ont pas besoin de disposer d\u2019importantes r\u00e9serves de changes pour faire face aux \u00e9volutions du march\u00e9 ou aux attaques sp\u00e9culatives.<\/p>\n<p>e. Les int\u00e9r\u00eats que paie le Tr\u00e9sor fran\u00e7ais sont sup\u00e9rieurs aux int\u00e9r\u00eats que les pays de la zone franc obtiendraient s\u2019ils pla\u00e7aient librement leurs r\u00e9serves de change sur les march\u00e9s<\/p>\n<p>f. De plus, gr\u00e2ce \u00e0 la garantie fournie par le Tr\u00e9sor Public Fran\u00e7ais, le montant des r\u00e9serves de change que les pays membres doivent conserver se r\u00e9v\u00e8le m\u00eame plus faible que si les banques centrales cherchaient chacune \u00e0 maintenir la fixit\u00e9 de leur taux de change par leur propre moyen tout en offrant une meilleure r\u00e9mun\u00e9ration.<\/p>\n<p>g. Ce financement n\u2019est pas \u00ab int\u00e9ressant \u00bb pour la France, car il lui co\u00fbte plus cher de r\u00e9mun\u00e9rer les r\u00e9serves des pays africains que de s\u2019endetter sur les march\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>REPONSE POLITIQUE<\/strong> \u2013 On voit donc s\u2019opposer deux prises de position, celle de ceux qui ont fait de la d\u00e9nonciation de la colonisation un fonds de commerce et qui, \u00ab en sautant comme des cabris \u00bb, demandent l\u2019abandon imm\u00e9diat du FCFA, et celle des ministres des finances des deux \u00ab zones francs \u00bb qui, parce qu\u2019ils sont confront\u00e9s aux r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques, se prononcent, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, pour le maintien du CFA et de la parit\u00e9 actuelle avec l\u2019euro.<\/p>\n<p><strong>QUESTION 4 &#8211; Les pays concern\u00e9s devront-ils, un jour (quand et comment ?) abandonner le FCFA ?<\/strong><\/p>\n<p>REPONSE ECONOMIQUE \u2013 Chacun souhaite, y compris la France, que les pays africains puissent disposer de leur propre monnaie unique. La question est de savoir quand et comment. Le retour \u00e0 des monnaies nationales n\u2019est pas, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, la bonne solution. Au Nigeria, le naira n&#8217;a cess\u00e9 de perdre de la valeur, le pays et les entreprises croulent sous les dettes, l\u2019inflation atteint un niveau record avec plus de 18 %, la croissance en 2016 est proche de z\u00e9ro. Les th\u00e9oriciens de la d\u00e9valuation du CFA ou du retour \u00e0 des monnaies nationales, \u00e9voquant la comp\u00e9titivit\u00e9 des produits africains sur le plan international, sous-estiment la r\u00e9alit\u00e9 de la faiblesse des \u00e9conomies africaines et de la nature des exportations des zones CFA, essentiellement des mati\u00e8res premi\u00e8res (p\u00e9trole) et des produits agricoles (caf\u00e9, cacao, coton, etc.), dont les cours sont tr\u00e8s fluctuants et, aujourd\u2019hui, \u00e0 la baisse. Les effets conjugu\u00e9s de la baisse des recettes (taxes sur l\u2019export) et des prix d\u2019achat garantis entra\u00eenent automatiquement, l\u2019exemple de la C\u00f4te d\u2019Ivoire le montre, un d\u00e9ficit budg\u00e9taire accru et un cycle d\u2019endettement dangereux pour l\u2019avenir.<\/p>\n<p><strong>REPONSE POLITIQUE<\/strong> \u2013 La marche de l\u2019Afrique vers son ind\u00e9pendance \u00e9conomique et financi\u00e8re est in\u00e9luctable. La disparition du FCFA est \u00e9videmment un objectif qui s\u2019inscrit dans la construction d\u2019une Afrique nouvelle. Cela n\u2019est envisageable que si les \u00e9conomies africaines se diversifient, afin de transformer et produire des biens consommables localement. Les politiques publiques vont-elles suffisamment dans ce sens ?<\/p>\n<p><strong>Les prises de position sur la question du FCFA<\/strong><br \/>\nPOUR<br \/>\nLe Pr\u00e9sident du B\u00e9nin, Patrice Talon s\u2019est prononc\u00e9, d\u2019abord contre la d\u00e9valuation du FCFA, ensuite contre sa suppression. Le Sommet de crise des pays de la communaut\u00e9 mon\u00e9taire et \u00e9conomique des Etats de l\u2019Afrique centrale (CEMAC), qui s\u2019est tenu \u00e0 Yaound\u00e9, le 22 d\u00e9cembre 2016, a montr\u00e9 que Patrice Talon n\u2019\u00e9tait pas isol\u00e9. \u200eSon point de vue est aussi celui de Paul Biya ou d\u2019Alassane Ouattara. Pour les Chefs d\u2019Etat de l\u2019UEMOA, le niveau de production des \u00e9conomies de la zone franc n\u2019est pas encore suffisant pour aller vers une d\u00e9valuation ou un abandon du FCFA.<\/p>\n<p><strong>Patrice Talon<\/strong><br \/>\n\u00ab La d\u00e9valuation du Franc CFA va g\u00e9n\u00e9rer pour l\u2019espace ouest-africain beaucoup de pauvret\u00e9 et de mis\u00e8re dans une situation d\u00e9j\u00e0 assez difficile (\u2026).\u00a0 Le fait que le franc CFA soit en parit\u00e9 fixe avec l\u2019Euro n\u2019est pas un handicap. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Lionel Zinsou<\/strong><br \/>\nSelon Zinsou, les banques centrales africaines ont, aujourd\u2019hui,\u00a0 la totale responsabilit\u00e9 de la gestion des avoirs log\u00e9s dans le Tr\u00e9sor fran\u00e7ais : \u00ab Demandez au gouverneur de la Banque des Etats de l\u2019Afrique centrale,\u00a0 au gouverneur de la Banque centrale des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. C\u2019est eux qui g\u00e8rent les devises de nos pays. Le Compte des op\u00e9rations de tr\u00e9sor est un fantasme. Il y a 50 ans, le Tr\u00e9sor fran\u00e7ais g\u00e9rait les avoirs en devises des pays de la zone franc. Il y a eu de grandes r\u00e9formes. Ce n\u2019est plus le cas. Le Gabon comme mon pays le B\u00e9nin sont libres de g\u00e9rer leurs devises.\u00bb<br \/>\n\u00ab Quand vous savez que votre monnaie est stable, vous avez un facteur qui facilite la croissance, les investissements et les \u00e9changes. \u00bb<\/p>\n<p><strong>CONTRE<\/strong><br \/>\n<strong>La guerre contre le FCFA est d\u00e9clar\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>L\u2019activiste et chroniqueur Kemi Seba<\/strong><br \/>\nA son appel, les panafricanistes se mobilisent pour faire disparaitre le Franc CFA, la monnaie commune de la plupart des anciennes colonies africaines francophones. Une mobilisation a lieu le 7 Janvier 2017 dans plusieurs pays pour dire NON au FCFA, en France (Paris), en Belgique (Bruxelles), en Grande Bretagne (Londres), au Mali (Bamako), au B\u00e9nin (Ouidah), \u00e0 Ha\u00efti, en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (Kinshasa), en Guin\u00e9e (Conakry), au S\u00e9n\u00e9gal (Dakar). Les organisateurs ont r\u00e9clam\u00e9 \u00ab la fin de la servitude mon\u00e9taire \u00bb et des \u00ab effets pervers de cette monnaie postcoloniale\u00bb.<\/li>\n<li><strong>L\u2019\u00e9conomiste Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la prospective<\/strong><br \/>\nTout en affirmant qu\u2019il est impossible pour les pays de la zone franc d\u2019abandonner pour l\u2019instant, le FCFA, Kako Nubupko veut ouvrir le d\u00e9bat sur la gestion mon\u00e9taire.<br \/>\n\u00ab La question de la souverainet\u00e9 qui sous-tend ce d\u00e9bat est plus que l\u00e9gitime. Car, il est inconcevable que 55 ans apr\u00e8s les ind\u00e9pendances, les pays de la zone franc continuent d\u2019avoir une monnaie physiquement fabriqu\u00e9e en France, d\u2019avoir leurs r\u00e9serves de change d\u00e9pos\u00e9es aupr\u00e8s du Tr\u00e9sor public fran\u00e7ais. (\u2026) On ne peut pas en m\u00eame temps revendiquer notre ind\u00e9pendance et attendre que ce soit l\u2019ancien colonisateur qui nous donne l\u2019autorisation d\u2019agir. \u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Christian Gambotti<\/em><br \/>\n<em>Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Institut Choiseul (Paris, Abidjan)<\/em><br \/>\n<em>Directeur de la r\u00e9daction du magazine Afriki Presse<\/em><br \/>\n<em>Directeur de la collection L\u2019Afrique en marche<\/em><br \/>\n<em>Editorialiste, politologue<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9\u00e9 en 1945, le FCFA est-il un instrument de domination n\u00e9ocoloniale, reste inavou\u00e9 d\u2019une Fran\u00e7afrique qui continue, \u00e0 travers cette monnaie unique, \u00e0 asservir les pays africains ? 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