{"id":4441,"date":"2017-06-02T01:22:16","date_gmt":"2017-06-01T23:22:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=4441"},"modified":"2017-06-02T01:22:16","modified_gmt":"2017-06-01T23:22:16","slug":"qui-est-vraiment-amadou-gon-coulibaly","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/qui-est-vraiment-amadou-gon-coulibaly\/","title":{"rendered":"Qui est vraiment Amadou Gon Coulibaly ?"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est sans conteste le fid\u00e8le parmi les fid\u00e8les, le lieutenant d\u2019Alassane Dramane Ouattara. Amadou Gon Coulibaly est depuis quatre mois le Premier ministre de la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Une mont\u00e9e \u00ab\u2009au front\u2009\u00bb \u00e0 un moment socialement difficile. Et alors que tout le \u00ab\u2009pays politique\u2009\u00bb se pr\u00e9occupe de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de 2020.<\/p>\n<p>C&#8217;est celui qui peut se pr\u00e9valoir r\u00e9ellement de son amiti\u00e9. Qui peut s\u2019exprimer en son nom. Le num\u00e9ro\u202f 2. Le Richelieu ou le Mazarin d\u2019une longue aventure politique. Amadou Gon, c\u2019est l\u2019homme d\u2019Alassane Dramane Ouattara. Sans \u00e9tats d\u2019\u00e2me et avec une sacr\u00e9e conviction. Comme le dit le pr\u00e9sident lui-m\u00eame, entre eux, il n\u2019y a pas l\u2019\u00e9paisseur \u00ab\u2009d\u2019une feuille de cigarette\u2009\u00bb. Amadou Gon Coulibaly, enfant d\u2019une grande famille de Korhogo, a \u00e9t\u00e9 de tous les combats, d\u00e8s 1990, puis avec la cr\u00e9ation du RDR, et lors de la longue route vers le palais du Plateau. Il fut naturellement la tour de contr\u00f4le du premier mandat, tout-puissant secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la pr\u00e9sidence, ministre d\u2019\u00c9tat. Une situation dans l\u2019ombre, d\u2019influence et d\u2019impulsion.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9, le 10 \u202fjanvier 2017, Premier ministre. Un poste expos\u00e9, politique, sur la ligne des fronts. Sa pr\u00e9occupation essentielle\u2009: r\u00e9ussir, pour que le pr\u00e9sident r\u00e9ussisse. Bien entendu, rien n\u2019est simple. Les dossiers chauds s\u2019accumulent sur son bureau, et les oppositions s\u2019aiguisent. La rumeur des salons abidjanais, avant tout pr\u00e9occup\u00e9s par l\u2019agenda 2020, voit \u00e9videmment en ce \u00ab\u2009baron\u2009\u00bb de 58 ans le successeur \u00ab\u2009d\u00e9sign\u00e9\u2009\u00bb du pr\u00e9sident Ouattara\u2026 AGC lui, reste prudent, r\u00e9serv\u00e9, politique, cherche avant tout \u00e0 remplir sa mission. Et nous, journalistes, cherchons \u00e0 mieux le conna\u00eetre\u2009!<\/p>\n<p>Tentative de portrait donc (facilit\u00e9 par un entretien \u00e0 Paris sur le chemin de Washington) d\u2019un personnage multiple, militant, serviteur de l\u2019\u00c9tat, d\u2019un homme dont le parcours \u00e9pouse les chemins et les ruptures de l\u2019histoire ivoirienne. Qui croit au destin et aux circonstances. Et dont le c\u0153ur \u00e0 certainement quelque chose \u00e0 raconter.<\/p>\n<p>AUX ORIGINES<\/p>\n<p>Na\u00eetre Gon Coulibaly, c\u2019est, en quelque sorte, na\u00eetre en politique, avoir un lien intime avec le terroir et le pays, avec des origines. La famille remonte \u00e0 loin, quasiment \u00e0 la fondation de Korhogo. Son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re \u00e9tait l\u2019un des chefs supr\u00eames des S\u00e9noufos. Amadou Gon Coulibaly voit le jour le 10 f\u00e9vrier 1959 \u00e0 Abidjan. Il est le fils a\u00een\u00e9 de Gon Coulibaly, qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9put\u00e9 PDCI de 1959 jusqu\u2019en 1990. C\u2019est clair, sa route est trac\u00e9e, mais le jeune Amadou Gon ne le sait pas encore. Gon senior \u00e9l\u00e8ve ses enfants en les maintenant au contact des r\u00e9alit\u00e9s du pays. Et surtout du \u00ab village \u00bb.<\/p>\n<p>Pendant les vacances, toute la famille part r\u00e9guli\u00e8rement pour Korhogo. Des multiples allers et retours, des souvenirs, des sensations, loin de la bruyante Abidjan, qui vont durablement s\u2019inscrire dans la psych\u00e9 du jeune Amadou Gon. \u00c0 chaque fois, c\u2019est un \u00e9tonnant voyage qui commence souvent par le train. Le grandp\u00e8re maternel d\u2019Amadou Gon, Coulibaly Dramane, est cheminot, et le statut offre quelques avantages et des billets, pour les familles. Le train, donc, jusqu\u2019\u00e0 Ferk\u00e9, avant de prendre la route. Un p\u00e9riple d\u2019une bonne journ\u00e9e\u2026 Korhogo restera au centre des diff\u00e9rents univers d\u2019Amadou Gon.<\/p>\n<p>C\u2019est son ancrage, son origine, sa tradition. Il ne l\u00e2chera pas la ville. Parfois aux d\u00e9pens d\u2019autres membres de sa grande famille politiquement turbulente. Il en est maire depuis 2001. Et aujourd\u2019hui encore, une bonne partie de son temps encore libre est consacr\u00e9e \u00e0 recevoir les notables, \u00e0 \u00e9couter les demandes, \u00e0 arbitrer les conflits\u2026 Ce qui fait souvent dire \u00e0 ceux qui ne sont pas ses amis ou ses alli\u00e9s que, au fond, Amadou Gon reste avant tout un \u00ab S\u00e9noufo \u00e9troit \u00bb, engonc\u00e9 dans le clanisme et la ruralit\u00e9 du Nord, un homme plus \u00e0 l\u2019aise dans son cercle r\u00e9gional, r\u00e9fractaire \u00ab aux autres \u00bb, qui n\u2019a pas d\u2019amis \u00ab ailleurs \u00bb. Des raccourcis, des caricatures qui touchent le nouveau PM. \u00ab Ce n\u2019est parce que l\u2019on est attach\u00e9 \u00e0 la tradition, aux origines, \u00e0 son village, que l\u2019on ne peut pas \u00eatre ouvert aux autres, au monde \u00bb r\u00e9pond-il avec une certaine animation dans la voix.<\/p>\n<p>En 1977, Amadou Gon obtient son bac et part \u00e0 Paris faire ses classes pr\u00e9paratoires au lyc\u00e9e Jean-Baptiste-Say. Il se r\u00eave b\u00e2tisseur, ing\u00e9nieur, \u00e0 la construction d\u2019un pays jeune et ind\u00e9pendant. Un de ses amis, originaire d\u2019Agboville, avec qui il a pass\u00e9 le bac, Tchere Seka Th\u00e9odore, fait le voyage avec lui et se retrouve au Lyc\u00e9e Lakanal. Apr\u00e8s la \u00ab pr\u00e9pa \u00bb, Amadou Gon int\u00e8gre l\u2019\u00c9cole des travaux publics. Il travaille, il b\u00fbche, mais c\u2019est un bon vivant, il sort avec ses potes, il est amateur de reggae, du groupe Steel Pulse, il s\u2019essaye \u00e0 chanter aussi. Et c\u2019est \u00e9videmment un fan absolu de Bob Marley, ic\u00f4ne de toute cette g\u00e9n\u00e9ration. Il ira m\u00eame un jour \u00e0 un concert au Z\u00e9nith.<\/p>\n<p>Une vie parisienne et estudiantine donc sans histoires. M\u00eame si la famille est aux prises avec les secousses politiques qui agitent la C\u00f4te d\u2019Ivoire. C\u2019est la disgr\u00e2ce brutale du tout-puissant Philippe Yac\u00e9 (1980), pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale et successeur constitutionnel. Ceux qui sont proches, comme son p\u00e8re, vice-pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e, sont pris dans les remous. Le moment est rude, et Amadou Gon s\u2019en souvient encore.<\/p>\n<p>LA RENCONTRE<\/p>\n<p>En 1983, jeune dipl\u00f4m\u00e9, il entre aux Grands Travaux, service d\u2019\u00e9lite de l\u2019administration ivoirienne. Recrut\u00e9 par l\u2019incontournable Antoine Cesareo. Il est affect\u00e9 au service des ouvrages d\u2019art, dirig\u00e9 par Philippe Serey-Eiffel, qui a d\u00e9couvert la C\u00f4te d\u2019Ivoire comme volontaire du service national, incit\u00e9 par Albert Kakou Tiapani, rencontr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9cole des Ponts \u00e0 Paris. On l\u2019a dit, Amadou r\u00eave de construire le pays, des ponts et des autoroutes. Peut-\u00eatre de gravir les \u00e9chelons, une belle carri\u00e8re d\u2019administrateur, \u00e9ventuellement un jour patron des Grands Travaux\u2026<\/p>\n<p>La vie de l\u2019ing\u00e9nieur ambitieux va rapidement basculer. D\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, mod\u00e8le d\u2019une Afrique conqu\u00e9rante (incarn\u00e9e entre autres par le somptueux H\u00f4tel Ivoire et sa patinoire\u2026) entre en r\u00e9cession : baisse des prix du caf\u00e9 et du cacao, envol\u00e9e astronomique de la dette et des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, contre-chocs p\u00e9troliers\u2026 Les difficult\u00e9s provoquent aussi une mont\u00e9e de la contestation politique. La maison C\u00f4te d\u2019Ivoire est en danger. En 1989, le pr\u00e9sident fondateur, F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny, vieillissant, se r\u00e9sout \u00e0 faire appel \u00e0 une personnalit\u00e9 ext\u00e9rieure pour mettre de l\u2019ordre. Et sauver ce qui doit l\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>C\u2019est le job d\u2019Alassane Dramane Ouattara, banquier, haut fonctionnaire, form\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, pr\u00e9sident de la BCEAO. ADO s\u2019installe dans une villa attenante au palais du Plateau. Ce sera d\u00e9sormais la primature (et elle le restera jusqu\u2019\u00e0 Guillaume Soro et Amadou Gon\u2026). Install\u00e9 aux commandes, ADO cherche vite \u00e0 prendre en main les moyens de l\u2019\u00c9tat. Il demande le rattachement des Grands Travaux \u00e0 la primature. Et convoque le nouveau DG, Philippe Serey-Eiffel, accompagn\u00e9 de son adjoint\u2026 Amadou Gon Coulibaly. Dans la salle d\u2019attente, ils croisent un certain Daniel Kablan Duncan, appel\u00e9 \u00e0 un grand avenir\u2026 L\u2019\u00e9quipe des Grands Travaux int\u00e8gre les comit\u00e9s interminist\u00e9riels, dirig\u00e9s par ADO, en particulier celui sur les privatisations. Amadou Gon intervient r\u00e9guli\u00e8rement. En octobre 1990, lors du congr\u00e8s du PDCI-RDA \u00e0 Yamoussoukro, ADO le re\u00e7oit plus longuement. Le \u00ab patron \u00bb appr\u00e9cie les qualit\u00e9s de ce \u00ab jeune fr\u00e8re \u00bb motiv\u00e9. Amadou Gon quitte donc les Grands Travaux pour int\u00e9grer le cabinet d\u2019ADO en tant que conseiller technique.<\/p>\n<p>ISSOUF SANOGO\/AFPL&#8217;\u00e9poque du militantisme. Juillet 2000 : le RDR pr\u00e9pare l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d&#8217;octobre. AGC retrouve Ally Coulibaly (\u00e0.g), Henriette Diabat\u00e9 ainsi que Coulibaly Sangafowa (\u00e0 dr.). ISSOUF SANOGO\/AFP<\/p>\n<p>C\u2019est le d\u00e9but d\u2019une collaboration qui ne cessera plus, un lien fort de plus de vingt-sept ans. Amadou Gon ne se rappelle, tout au long de ces ann\u00e9es, aucun conflit r\u00e9el, aucun d\u00e9saccord majeur. Ils se comprennent. Sont \u00ab raccord \u00bb sur tous les dossiers. Ils partagent aussi une m\u00eame culture manag\u00e9riale. \u00c0 l\u2019origine de cette fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve, il y a \u00e9videmment, quelque chose qui d\u00e9passe la politique. Tout d\u2019abord l\u2019admiration de ces jeunes cadres du pays, en particulier du Nord, pour une personnalit\u00e9 qui avait r\u00e9ussi par son talent, par sa modernit\u00e9 en quelque sorte. Mais il y a aussi quelque chose de plus intime, de quasi filial. Juillet 1990. Au moment o\u00f9 il entre au service d\u2019ADO, Amadou Gon est fragilis\u00e9 par la perte de son p\u00e8re et le deuil.<\/p>\n<p>Les Ouattara de Kong et les Coulibaly de Korhogo sont proches. Le grand fr\u00e8re d\u2019ADO, Gaoussou, chef traditionnel, descendant de S\u00e9kou Ouattara, est l\u2019ami du p\u00e8re d\u2019Amadou Gon. La premi\u00e8re fille de Gaoussou a \u00e9t\u00e9 mari\u00e9e dans la cour familiale des Coulibaly \u00e0 Korhogo. Les familles sont alli\u00e9es, li\u00e9es. Dans un geste \u00e0 la fois dict\u00e9 par la tradition, mais aussi qui lui est tr\u00e8s personnel, ADO prend sous son aile Amadou Gon. Comme une adoption symbolique. Toute la force du lien se trouve l\u00e0.<\/p>\n<p>Pour AGC, les choses sont d\u00e9sormais claires. Son destin sera de se mettre au service de celui d\u2019ADO. Une conviction profond\u00e9ment ancr\u00e9e. En 1993, FHB d\u00e9c\u00e8de. C\u2019est la mort du P\u00e8re de la nation. Le d\u00e9but de ce qui sera une interminable crise de succession. L\u2019accession au pouvoir d\u2019Henry Konan B\u00e9di\u00e9. Le d\u00e9part provisoire d\u2019ADO, qui entame une carri\u00e8re politique, entour\u00e9 de ses proches. Amadou Gon quitte la primature. Il retourne \u00e0 sa maison m\u00e8re, les Grands Travaux, o\u00f9 il se retrouve DGA d\u2019un certain Tidjane Thiam (futur ministre et actuel grand patron du Cr\u00e9dit suisse).<\/p>\n<p>Le RDR a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par le brillant Dj\u00e9ni Kobina comme un courant du PDCI. Un mouvement ouvert o\u00f9 se retrouvent des personnalit\u00e9s de sensibilit\u00e9 diff\u00e9rentes. Mais, pour les proches du pr\u00e9sident Henry Konan Bedi\u00e9, il s\u2019agit avant tout d\u2019une machine de guerre au profit d\u2019Alassane Ouattara. Les affres de la succession du Vieux ont laiss\u00e9 des traces et des blessures profondes. Le concept d\u2019ivoirit\u00e9 s\u2019installe dans la vie politique. Et les cadres du Nord resserrent les rangs face \u00e0 leur marginalisation sur la sc\u00e8ne politique. C\u2019est la scission, la fin d\u2019une \u00e9poque.<\/p>\n<p>L\u2019HOMME POLITIQUE<\/p>\n<p>Dj\u00e9ni Kobina meurt soudainement le 19 octobre 1998. Amadou Gon fait partie des cadres fondateurs du RDR. Et les troupes, les cadres du parti d\u00e9couvrent progressivement un autre homme. Un politique de terrain. Ce haut cadre, d\u2019habitude polic\u00e9, pos\u00e9, tout en retenue, \u00e0 la parole calibr\u00e9e, se d\u00e9couvre lui-m\u00eame. Il donne de la voix dans les meetings, harangue, ne rechigne pas \u00e0 la bagarre. Il sait prendre des risques.<\/p>\n<p>En novembre 1995, il a remport\u00e9 le si\u00e8ge de d\u00e9put\u00e9 de Korhogo au nez et \u00e0 la barbe d\u2019un cousin de son p\u00e8re, souffl\u00e9 par l\u2019impertinence et l\u2019audace de ce \u00ab petit \u00bb. Bref, AGC impose progressivement son autorit\u00e9 sur sa r\u00e9gion et son influence au sein du parti. \u00c0 l\u2019Assembl\u00e9e, il se fait entendre, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 tancer durement le r\u00e9gime du pr\u00e9sident HKB. Pour les militants, il devient le \u00ab Lion \u00bb, l\u2019un des personnages cl\u00e9s de l\u2019opposition.<\/p>\n<p>En octobre 1999, Amadou Gon, Henriette Dagri Diabat\u00e9 et plusieurs de leurs camarades r\u00e9publicains, accus\u00e9s de violences au cours d\u2019une manifestation, sont arr\u00eat\u00e9s et condamn\u00e9s \u00e0 deux ans de prison. Tout le monde est lib\u00e9r\u00e9 deux mois plus tard, en d\u00e9cembre, \u00e0 la faveur du coup d\u2019\u00c9tat du g\u00e9n\u00e9ral Robert Gue\u00ef. Un premier bapt\u00eame du feu\u2026 Amadou Gon n\u2019en garde pas un souvenir trop difficile. \u00ab Je n\u2019\u00e9tais pas seul, racontet-il, nous \u00e9tions un groupe soud\u00e9, nos familles pouvaient venir nous voir. Et quand on d\u00e9primait, on se tournait vers Madame Diabat\u00e9 qui elle ne se plaignait jamais. Et cela nous redonnait de la force. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pisode aura-t-il contribu\u00e9 \u00e0 rafra\u00eechir jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui les relations avec le pr\u00e9sident Bedi\u00e9 ? AGC relativise. \u00ab C\u2019\u00e9tait les circonstances, le combat du moment. Les temps ont chang\u00e9, bien heureusement. Le pr\u00e9sident Bedi\u00e9 a montr\u00e9 toutes ses qualit\u00e9s de rassembleur. Nous avons d\u00e9sormais un projet commun, la r\u00e9unification des houphou\u00ebtistes, \u00e0 travers le RHDP. \u00bb<\/p>\n<p>16 janvier 2017. Ensemble, Alassane Ouatarra et Amadou Gon Coulibaly arrivent au Palais pr\u00e9sidentiel afin d&#8217;assister \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie d&#8217;investiture du vice-pr\u00e9sident. Daniel Kablan Duncan. Un nouveau poste cr\u00e9\u00e9 par la Constitution adopt\u00e9e en octobre 2016. SIA KAMBOU\/AFP<\/p>\n<p>La s\u00e9quence qui suit le coup d\u2019\u00c9tat de 1999 est tristement connue. Int\u00e9rim Gue\u00ef chaotique, \u00e9lection de Laurent Gbagbo, r\u00e9bellion, division, guerre civile, Kl\u00e9ber, Linas-Marcoussis, gouvernement d\u2019entente qui devra, un jour, mener aux \u00e9lections\u2026 Tout au long de ces ann\u00e9es, Amadou reste aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019ADO. Il entre au gouvernement comme ministre de l\u2019Agriculture. Il faut g\u00e9rer le d\u00e9partement, o\u00f9 il a une grande latitude, le pr\u00e9sident n\u2019\u00e9tant pas particuli\u00e8rement pr\u00e9occup\u00e9 par la gestion du pays\u2026 Mais aussi il faut faire de la politique, pousser \u00ab Laurent \u00bb et ses alli\u00e9s aux \u00e9lections. Entre Gbagbo et le lieutenant d\u2019ADO les relations sont minimales. Pas de complicit\u00e9, pas de petites claques dans le dos. Le pr\u00e9sident ne tente pas de s\u00e9duire ou de corrompre un homme dont il conna\u00eet l\u2019attachement et la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 son principal concurrent. De 2002 \u00e0 2008, les deux hommes se verront en t\u00eate-\u00e0-t\u00eate peut-\u00eatre une ou deux fois.<\/p>\n<p>UNE AFFAIRE DE COEUR<\/p>\n<p>Les \u00e9lections de 2011 ent\u00e9rinent la d\u00e9faite de Laurent Gbagbo et la victoire d\u2019Alassane Ouattara, enfin arriv\u00e9 au bout de sa qu\u00eate pr\u00e9sidentielle. Le scrutin tourne au fiasco et \u00e0 la crise post\u00e9lectorale. Le pr\u00e9sident battu refuse de c\u00e9der le pouvoir. C\u2019est l\u2019\u00e9pisode fameux et tragique du Golf H\u00f4tel. Amadou Gon fait partie des r\u00e9sidents forc\u00e9s. Comme d\u2019autres avec lui, c\u2019est un souvenir, une aventure d\u00e9terminante. L\u2019issue pourrait \u00eatre dramatique. Et pourtant, le pr\u00e9sident \u00e9lu reste calme, rassure, encourage, ne c\u00e8de pas \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude. L\u2019entourage est mobilis\u00e9 par le sang-froid d\u2019ADO. Amadou Gon est particuli\u00e8rement impressionn\u00e9. Des semaines de confinement. L\u2019inqui\u00e9tude partag\u00e9e. Certains ne se connaissent pas si bien que cela. Ils se c\u00f4toient. Ils mangent ensemble, ils \u00e9changent. Il y a m\u00eame des petits moments d\u2019insouciance. L\u2019\u00e9pisode va souder plus encore l\u2019\u00e9quipe, et les proches du PM.<\/p>\n<p>Pour Amadou Gon, le moment est plus particulier encore. Le lieutenant, le num\u00e9ro 2, est malade. Il le sait. Fin 2004, il est venu \u00e0 Paris, faire un bilan de sant\u00e9 habituel. Il se sentait fatigu\u00e9, un peu essouffl\u00e9. Sans plus. Les m\u00e9decins d\u00e9couvrent un probl\u00e8me cardiaque. Les examens suppl\u00e9mentaires au fil des mois et des ann\u00e9es le confirment. C\u2019est grave. Et cela n\u2019ira pas en s\u2019arrangeant. AGC s\u2019\u00e9puise. En janvier 2012, ministre d\u2019\u00c9tat, il accompagne le pr\u00e9sident Ouattara \u00e0 Paris en visite officielle. Il est au bout du rouleau. Au terme du voyage, il revoit les m\u00e9decins. Cette fois le verdict est sans appel. La seule solution, c\u2019est la transplantation cardiaque.<\/p>\n<p>Seul Alassane partagera ce lourd secret. Personne d\u2019autre, ni dans la famille ou le cercle des amis proches. Amadou Gon envisage toutes les options. Mais il ne baisse pas les bras. Le pr\u00e9sident est moralement d\u00e9terminant dans l\u2019\u00e9preuve : \u00ab Tu sais, lui dit-il, je vais prendre ce probl\u00e8me \u00e0 bras-le-corps, je vais m\u2019en occuper et on trouvera une solution. \u00bb Pour Amadou Gon, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 une immense assurance ! En mars, il est \u00e9vacu\u00e9 \u00e0 Paris. Le professeur Pascal Leprince, chef du service de chirurgie cardiaque de l\u2019h\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re prend le patient en main. Amadou Gon est plac\u00e9 sur la liste des demandes urgentes de greffe. En juin, un donneur compatible est identifi\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la nuit du 11 au 12 juin 2012, Amadou Gon entre en salle d\u2019op\u00e9ration. Son \u00e9pouse, Assetou Diallo, est \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Amadou Gon lui dit : \u00ab Ne t\u2019inqui\u00e8te pas, je pars pour revenir. Crois-moi. Mais si jamais il devait arriver quelque chose, tu pourras faire confiance au grand fr\u00e8re, \u00e0 Alassane. \u00bb \u00c0 Abidjan, c\u2019est le pr\u00e9sident Ouattara qui informe la m\u00e8re d\u2019Amadou Gon de l\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n<p>LE POUVOIR<\/p>\n<p>Amadou Gon reste d\u2019une \u00e9tonnante distance par rapport \u00e0 cette aventure entre la mort et la vie. Tout juste admet-il que cela l\u2019a rendu plus serein. Qu\u2019il relativise mieux. Qu\u2019il a pris du recul. Il se sent plus apais\u00e9. Et puis, surtout, il ne se sent plus handicap\u00e9. Il respire. Il avance. Il revit\u2026 Les contr\u00f4les de sant\u00e9 successifs et rapproch\u00e9s se passent bien. Il exerce pleinement ses fonctions. \u00c7a lui permet certainement d\u2019\u00e9vacuer les anxi\u00e9t\u00e9s. Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral et ministre d\u2019\u00c9tat, il prend toute son ampleur, au premier \u00e9tage du Palais. V\u00e9ritable tour de contr\u00f4le. Et il s\u2019amuse des rumeurs multiples de sa mort imminente que chaque voyage ou chaque contr\u00f4le m\u00e9dical \u00e0 Paris provoque.<\/p>\n<p>R\u00e9unions, d\u00e9placements, audiences, arbitrages&#8230; Pour le Premier ministre, l&#8217;emploi du temps est charg\u00e9. Ici, moment de pause dans son bureau de la primature \u00e0 Abidjan. SEIBOU TRAOR\u00c9 POUR AM.<\/p>\n<p>Amadou Gon prend la vie comme elle vient, il ne se pose pas de questions, il ne s\u2019inqui\u00e8te pas de son coeur. Il agit. Son image de \u00ab num\u00e9ro 2 \u00bb s\u2019impose. Puis, dans l\u2019imaginaire collectif ivoirien, sur la sc\u00e8ne politique, progressivement, son statut d\u2019h\u00e9ritier, de dauphin, de successeur. Il se retrouve \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne. Pour l\u2019opinion, c\u2019est le deus ex machina. L\u00e0 aussi, Amadou Gon relativise. Il reconna\u00eet une v\u00e9ritable capacit\u00e9 d\u2019influence. D\u2019inspiration. Mais il souligne aussi que le pr\u00e9sident a son syst\u00e8me. Qu\u2019il y a d\u2019autres personnes de confiance, d\u2019autres personnalit\u00e9s qui ont des postes, qui incarnent une institution. En particulier le Premier ministre Daniel Kablan Duncan. Les r\u00e9unions \u00e0 trois, ADO, AGC et DKD, sont tr\u00e8s fr\u00e9quentes. Amadou Gon et Daniel Kablan s\u2019assurent de coordonner, de se parler.<\/p>\n<p>S\u00e9quence suivante : scrutin pr\u00e9sidentiel en octobre 2015 et r\u00e9\u00e9lection haut la main d\u2019Alassane Ouattara. Octobre 2016, r\u00e9f\u00e9rendum et nouvelle Constitution. Une architecture institutionnelle diff\u00e9rente se met en place. Une organisation qui r\u00e9pond \u00e0 la volont\u00e9 du pr\u00e9sident d\u2019\u00e9quilibrer les pouvoirs, \u00e0 les repartir selon les sensibilit\u00e9s politiques et r\u00e9gionales. Le fid\u00e8le Daniel Kablan Duncan devient vice-pr\u00e9sident. Et Amadou Gon Coulibaly devient Premier ministre. En charge de mettre en place le plan ADO durant cette nouvelle phase du mandat. AGC entre en fonction dans des conditions particuli\u00e8rement difficiles, en plein coeur des temp\u00eates : r\u00e9bellions militaires, chute des prix du cacao, scandale de l\u2019agrobusiness, grogne des fonctionnaires, restrictions budg\u00e9taires\u2026<\/p>\n<p>Il mesure la diff\u00e9rence, le changement d\u2019\u00e9chelle. Au Palais, l\u2019influence, au c\u00f4t\u00e9 du Pr\u00e9sident, en retrait d\u2019une certaine mani\u00e8re, ce qui n\u2019est pas d\u00e9sagr\u00e9able. Mais Premier ministre, c\u2019est la responsabilit\u00e9 effective, c\u2019est le \u00ab front \u00bb, la premi\u00e8re ligne, surtout en p\u00e9riode de turbulences. Il n\u2019y a pas de protection, de parapluie. Il n\u2019y a plus d\u2019heures creuses. On passe de l\u2019ombre \u00e0 la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>On prend les coups. Il faut aussi g\u00e9rer la pression m\u00e9diatique. Amadou Gon aime parler aux foules, a su faire des discours et des campagnes, mais il est nettement moins \u00e0 l\u2019aise avec les journalistes. Il constate avec humour que dor\u00e9navant \u00ab il n\u2019a plus le choix \u00bb. C\u2019est essentiel, il doit communiquer, expliquer l\u2019action du gouvernement, et ferrailler avec les nombreux adversaires et opposants. Un sacr\u00e9 changement de style par rapport aux couloirs feutr\u00e9s du Palais pr\u00e9sidentiel.<\/p>\n<p>Dans le flux intense de la primature, le PM doit prendre toute sorte de d\u00e9cisions. Mais Amadou Gon, qui sait en g\u00e9n\u00e9ral ce qu\u2019il veut, sait aussi \u00e9couter. Quand le sujet est d\u2019importance ou que le propos l\u2019int\u00e9resse, son regard change, se fixe sur son interlocuteur. Il a aussi besoin d\u2019\u00eatre en confiance. Sa prudence et sa r\u00e9serve naturelle peuvent lui jouer des tours, \u00eatre mal comprises, \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es comme de la froideur, voire une forme de m\u00e9pris. Contrairement \u00e0 sa l\u00e9gende, lui-m\u00eame ne se voit pas comme un homme de r\u00e9seaux, \u00e0 placer ses hommes, ici ou l\u00e0. Et \u00e0 mener des op\u00e9rations contre X ou Y.<\/p>\n<p>Il se d\u00e9crit souvent comme un \u00ab institutionnel \u00bb, qui s\u2019appuie sur les structures. Les gens du parti. L\u2019administration. La haute fonction publique. Il cherche \u00e0 respecter les positions des uns et des autres (comme celle d\u2019Amadou Soumahoro, patron du RDR). Il y a simplement des gens \u00ab qu\u2019il conna\u00eet \u00bb plus que d\u2019autres. Des gens avec qui il est ami, ou plus proche (comme l\u2019entrepreneur Adama Bictogo). Il y a aussi les \u00ab jeunes fr\u00e8res \u00bb qui ont grandi dans la lutte, avec lesquels il partage un pass\u00e9, de la complicit\u00e9, une histoire. Comme le ministre Hamed Bakayoko, avec qui il peut avoir des diff\u00e9rents, mais jamais rien de personnel. Et puis, il y a l\u2019\u00e9quipe du boulot. Les hommes de confiance. Philippe Serey-Eiffel, acteur de toutes les aventures de l\u2019\u00e9quipe ADO depuis le d\u00e9but, devenu directeur de cabinet. L\u2019ami Tchere Seka Th\u00e9odore. Les collaborateurs de la pr\u00e9sidence qui l\u2019ont suivi \u00e0 la primature. Et l\u2019appui tr\u00e8s pr\u00e9cieux d\u2019Emmanuel Ahoutou, le directeur de cabinet adjoint, en poste sous Duncan, qui conna\u00eet parfaitement la maison et ses rouages.<\/p>\n<p>Les journ\u00e9es sont pleines, bien charg\u00e9es \u00e9videmment. R\u00e9unions de cabinet, comit\u00e9s interminist\u00e9riels, conseils des ministres, audiences diverses, n\u00e9cessit\u00e9 protocolaire, le PM ne ch\u00f4me pas. Et en soir\u00e9e, dans sa r\u00e9sidence, c\u2019est l\u2019apatam, avec des personnalit\u00e9s plus proches, les amis, et l\u2019on a dit \u00e9galement la gestion des affaires de Korhogo, les notables, les arbitrages que l\u2019on demande aussi au chef de la puissante famille des Gon Coulibaly. Un peu plus tard encore, c\u2019est la lecture des messages \u00e9crits, des SMS et des mails. Il lit la totalit\u00e9 de ce qu\u2019il re\u00e7oit, m\u00eame s\u2019il ne r\u00e9pond pas \u00e0 tout \u00ab syst\u00e9matiquement \u00bb. C\u2019est un couche-tard qui se l\u00e8ve t\u00f4t. Et tous les matins, \u00e9videment, il y a sport. Une heure. Le tapis roulant en particulier. Pour se maintenir en forme.<\/p>\n<p>Le PM n\u2019est plus un grand \u00ab sorteur \u00bb. On ne le verra gu\u00e8re dans les restaurants de la ville, les lieux publics. Sa d\u00e9tente, c\u2019est chez lui, le week-end. Des (relatives) grasses matin\u00e9es, le sport donc, la lecture des magazines\u2026 Il suit aussi l\u2019activit\u00e9 et l\u2019actualit\u00e9 de ses cinq enfants. L\u2019a\u00een\u00e9e a 30 ans. Et le plus jeune est n\u00e9 en 2003.<\/p>\n<p>DEMAIN<\/p>\n<p>Quand on lui parle de bilan, Amadou Gon reste silencieux un court moment. Le poids des ann\u00e9es de crise, la p\u00e9riode 1999-2011 p\u00e8se sur l\u2019histoire et sur les \u00e9paules de cette g\u00e9n\u00e9ration. Depuis 2011, beaucoup ont chang\u00e9, mais on sent une conscience aigu\u00eb de ce qui reste \u00e0 faire pour l\u2019avenir. Il n\u2019aime pas utiliser le mot r\u00e9conciliation, d\u00e9sormais \u00ab galvaud\u00e9 \u00bb, \u00ab politis\u00e9 \u00bb, brandi par les uns ou les autres en fonction de leurs int\u00e9r\u00eats. Pour lui, il s\u2019agit surtout et avant tout de rassemblement. De rassembler autour de principes, quelles que soient les ambitions et les contradictions qui peuvent animer le champ politique. Qu\u2019il y ait un socle partag\u00e9 par l\u2019ensemble de la communaut\u00e9 nationale. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance du RHDP.<\/p>\n<p>De r\u00e9unir les Houphou\u00ebtistes divis\u00e9s par l\u2019histoire. La fusion du RDR et du PDCI, il y croit. Il la d\u00e9fend devant les plus sceptiques : \u00ab C\u2019est dur, c\u2019est compliqu\u00e9, mais ce n\u2019est pas pour cela qu\u2019il faut abandonner. Nous avons besoin de cette \u201cr\u00e9-union\u201d, pour assurer justement le plus large socle commun \u00bb, dit-il. C\u2019est essentiel. Apr\u00e8s, il faudra \u00e9videmment mettre en place les m\u00e9canismes du pouvoir, ceux qui permettent d\u2019arbitrer les conflits, les ambitions des uns et de autres. On ne peut pas opposer ces ambitions \u00e0 la cr\u00e9ation de cette plate-forme de large rassemblement. On ne peut pas laisser subsister les germes de la division, de la fracture, simplement au nom du pouvoir.<\/p>\n<p>\u00c9tonnant chemin politique. Ce fils d\u2019une grande famille apparent\u00e9e au PDCI, cet enfant d\u2019un Nord souvent marginalis\u00e9 et aujourd\u2019hui install\u00e9 au pouvoir, ce militant et fondateur du RDR, le \u00ab Lion \u00bb, cherche aujourd\u2019hui \u00e0 promouvoir une grande synth\u00e8se.<\/p>\n<p>Certains pensent \u00e9videmment que tout cela est assez largement cosm\u00e9tique. Et que le num\u00e9ro 2 cherche avant tout \u00e0 devenir \u00e0 terme num\u00e9ro 1. Certains le poussent \u00e0 prendre plus d\u2019ampleur, \u00e0 sortir de l\u2019ombre du grand fr\u00e8re, \u00e0 prendre de l\u2019autonomie par rapport au pr\u00e9sident. Mais AGC reste fid\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame : \u00ab Je suis d\u2019abord le Premier ministre d\u2019Alassane Ouattara. Le mandat court jusqu\u2019en 2020. Ce sont des ann\u00e9es pleines qu\u2019il faut mettre \u00e0 profit, pour tous. Cette \u00e9quipe a \u00e9t\u00e9 soud\u00e9e par un combat. Par une fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 un homme. Elle doit rester en coh\u00e9sion pour assurer la r\u00e9ussite du pr\u00e9sident. Les dissensions ne seraient pas acceptables. Pour le reste, on verra plus tard. Et puis, moi, de toute fa\u00e7on, je ne calcule pas. Jamais. Ce n\u2019est pas mon \u00e9ducation, ni ma nature. Ma vie a \u00e9t\u00e9 le produit des \u00e9v\u00e9nements et des circonstances. C\u2019est \u00e7a le destin, le vrai. Plus que les grandes d\u00e9cisions. Si je n\u2019avais pas rencontr\u00e9 Alassane Ouattara en 1990, mon chemin aurait certainement \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s diff\u00e9rent. Alors, je m\u2019investis, dans ce que j\u2019ai \u00e0 faire. Dans ce qui est devant moi \u00bb.<\/p>\n<p>Hic et nunc, comme dirait Sigmund Freud : \u00ab Ici et maintenant \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est sans conteste le fid\u00e8le parmi les fid\u00e8les, le lieutenant d\u2019Alassane Dramane Ouattara. Amadou Gon Coulibaly est depuis quatre mois le Premier ministre de la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Une mont\u00e9e \u00ab\u2009au front\u2009\u00bb \u00e0 un moment socialement difficile. Et alors que tout le \u00ab\u2009pays politique\u2009\u00bb se pr\u00e9occupe de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de 2020. 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