{"id":7090,"date":"2018-02-06T10:44:41","date_gmt":"2018-02-06T09:44:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=7090"},"modified":"2018-02-06T21:33:22","modified_gmt":"2018-02-06T20:33:22","slug":"2018-annee-de-lintelligent-dabidjan-financement-des-reportages-abonnements-wakili-alafe-promoteur-du-journal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/2018-annee-de-lintelligent-dabidjan-financement-des-reportages-abonnements-wakili-alafe-promoteur-du-journal\/","title":{"rendered":"2018, ann\u00e9e de l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan, financement des reportages, abonnements&#8230;. \/ Wakili Alaf\u00e9, promoteur du journal :  <Pourquoi 2018, ann\u00e9e de l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan>"},"content":{"rendered":"<p>Au cours de la conf\u00e9rence de presse du lancement des festivit\u00e9s des 15 ans de l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan le lundi 29 janvier 2018, Alaf\u00e9 Wakili, le patron du journal a \u00e9chang\u00e9 avec les journalistes. Des questions directes et des r\u00e9ponses directes. Ci-dessous l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des \u00e9changes.<!--more--><\/p>\n<p><strong>Comment l\u2019on peut analyser votre ligne \u00e9ditoriale? \u00cates-vous ind\u00e9pendant ou pas ?<\/strong><\/p>\n<p>Alaf\u00e9 Wakili : On est ind\u00e9pendant. C\u2019est souvent un sujet \u00e0 pol\u00e9mique. C\u2019est incompris. Nous nous consid\u00e9rons ind\u00e9pendants eu \u00e9gard \u00e0 notre exp\u00e9rience. Nous\u00a0 sommes une entreprise. Nous\u00a0 sommes comme une banque. Je vous donne\u00a0 un exemple : la\u00a0 SGBCI m\u00e8ne ses activit\u00e9s, toutes les banques \u00e9galement sous le pr\u00e9sident Ouattara.\u00a0 Elles \u00e9taient \u00e9galement l\u00e0 sous le pr\u00e9sident Gbagbo. Demain le pr\u00e9sident Alassane s\u2019en ira, est ce qu\u2019elles\u00a0 s\u2019en iront ? Donc ce ne sont pas des partisans, c\u2019est une banque ind\u00e9pendante; donc j\u2019estime qu\u2019une entreprise de presse doit \u00eatre\u00a0 pareille. C\u2019est un peut comme un m\u00e9decin. Nous sommes une entreprise de presse d\u2019abord !\u00a0 Pour le\u00a0 contenu, on nous pr\u00eate beaucoup de choses mais je tiens \u00e0 dire que nous sommes ind\u00e9pendants, c\u2019est tout ! Si nous revenons \u00e0 notre cr\u00e9ation, \u00e7a justifie pourquoi nous nous sommes donn\u00e9 le credo : \u2018\u2019Le quotidien ind\u00e9pendant dont vous avez r\u00eav\u00e9\u2019\u2019. \u00c0 l\u2019\u00e9poque quand on naissait, la presse ivoirienne \u00e9tait divis\u00e9e, o\u00f9 on parlait des 3 P (partial- partiel -partisan) o\u00f9 Zio Moussa annon\u00e7ait la mort de la presse id\u00e9ologique et partisane, mais cette presse l\u00e0, elle est toujours l\u00e0 ! Mais,\u00a0 avec ces m\u00eames difficult\u00e9s. En 2003 lorsqu\u2019on venait, la presse \u00e9tait \u00e0 gauche par-l\u00e0, \u00e0 droite par-l\u00e0, mais,\u00a0 nous savons que nous sommes neutres. Certes, il y a\u00a0 eu des laisser-aller par des \u00e9motions par rapport \u00e0 certaines situations. On a\u00a0 souvent oubli\u00e9 notre credo mais on s\u2019en excuse. Cela dit, notre vision c\u2019est cela. Nous ne pensons pas avoir aussi trahi. On\u00a0 ne peut pas \u00eatre parfait. Mais, notre objectif c\u2019est d\u2019\u00eatre un media qui r\u00e9siste au temps, aux al\u00e9as et qui garantisse des emplois\u00a0 et a une certaine vision du journalisme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>J\u2019ai 3 questions \u00e0 vous poser M. le Directeur. La premi\u00e8re question, est-ce que les festivit\u00e9s marquant les 15 ans d\u2019existence sont uniquement des r\u00e9flexions sur la\u00a0 ligne \u00e9ditoriale ou intellectuelle ? Est-ce qu\u2019il y\u2019a des divertissements qui sont pr\u00e9vus ? Deuxi\u00e8mement, en 15 ans quel bilan dressez-vous de votre entreprise ? Troisi\u00e8mement, quelle solution avez-vous pour que la presse ivoirienne sorte de la pr\u00e9carit\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous\u00a0 avons dit que nous avons une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e8nements durant\u00a0 toute l\u2019ann\u00e9e 2018. Nous aurons des \u00e9v\u00e8nements de la Saint-Valentin, des rencontres d\u2019\u00e9changes dans une dizaine de jours. On envisage de jouer un match de football, d\u2019organiser un cross. Aussi un grand \u00e9v\u00e8nement qui me tient \u00e0 c\u0153ur, je veux gagner ce pari en tant que journal, c\u2019est d\u2019organiser un concert, \u00e0 la date m\u00eame de l\u2019anniversaire c\u2019est \u00e0-dire en Septembre 2018. Cela\u00a0 demande beaucoup de moyens. Ce\u00a0 n\u2019est pas notre m\u00e9tier initial. Mais, il y\u2019a des organisateurs qui sont l\u00e0, nous allons nous associer \u00e0 ceux l\u00e0. Je pense qu\u2019un media en C\u00f4te d\u2019Ivoire et en Afrique peut faire cela. Nous avons notre notori\u00e9t\u00e9 et cr\u00e9dibilit\u00e9 qui nous permettent d\u2019avoir cette ambition. Un anniversaire sur une ann\u00e9e, \u00e7a vaut plus que 100 millions Fcfa. On\u00a0 s\u2019est pos\u00e9 la question et on s\u2019est dit comment y parvenir. C\u2019est \u00e7a le d\u00e9fi que nous nous lan\u00e7ons, mais je pense qu\u2019avec l\u2019ambition et l\u2019audace, nous pouvons y parvenir. Donc, voil\u00e0 les projets que nous avons. Concernant le sujet sur la convention, vous savez que le CNP ne joue pas avec ces choses, et le pr\u00e9sident a m\u00eame souhait\u00e9\u00a0 que la presse soit en lien avec l\u2019aide de l\u2019\u00c9tat; et cette ann\u00e9e, pour b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019appui du FSDP, les entreprises de presse ont d\u00fb montrer patte blanche vis-\u00e0-vis de la CNPS. Je crois\u00a0 qu\u2019il y\u2019a eu de l\u2019incompr\u00e9hension, par le pass\u00e9. Il\u00a0 faut dire c\u2019est une question de n\u00e9gligence.\u00a0\u00a0 Je pense aujourd\u2019hui que nous sommes dans les normes. Malgr\u00e9 l\u2019appui de l\u2019\u00c9tat, il est difficile de parvenir \u00e0 un mieux-\u00eatre. Donc, ce sont des sacrifices que nous faisons pour arriver \u00e0 un meilleur niveau. Parlant de solution, je l\u2019ai dit d\u00e8s l\u2019entame de mes propos, l\u2019une des solutions reste l\u2019abonnement. Nous\u00a0 devons avoir une politique d\u2019abonnement. Si nous (L\u2019intelligent d\u2019Abidjan) avons 1000 abonn\u00e9s annuels, je pense que nous n\u2019aurons moins de probl\u00e8me ; avec la possibilit\u00e9 de faire un recouvrement \u00e0 l\u2019avance. Avec cette manne, on peut doubler les salaires et aller au-del\u00e0 de la convention. Financer les enqu\u00eates, les grands reportages et des grands genres, faire de grands reportages. On\u00a0 pense que \u00e7a ne co\u00fbte pas cher, mais \u00e7a co\u00fbte cher.\u00a0 Avec les ressources qui sont disponibles, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019abonnement, on d\u00e9gage un cash-flow pour investir dans la production du contenu. On a la possibilit\u00e9 d\u2019acqu\u00e9rir du mat\u00e9riel de travail, des v\u00e9hicules, des ordinateurs pour tout le monde.\u00a0 On a la possibilit\u00e9 de renforcer les salaires,\u00a0 ainsi que de financer des reportages, des grandes enqu\u00eates, des grands genres, parce qu\u2019on n\u2019aura pas la pression du quotidien.\u00a0 Pendant qu\u2019on envoie des \u00e9quipes pour couvrir une conf\u00e9rence de presse, on a la possibilit\u00e9 d\u2019investir. On pense que\u00a0\u00a0 faire des\u00a0 grands genres, faire le journalisme de qualit\u00e9 ne co\u00fbte pas cher.\u00a0 \u00c7a co\u00fbte cher, une grande enqu\u00eate, un grand reportage, \u00e7a peut co\u00fbter des millions. On peut prendre 6 mois pour faire une enqu\u00eate qui remporte des Prix.\u00a0 Je ne sais pas si elle aura le Prix Pulitzer ou un autre Prix aux \u00c9tats-Unis, celle qui est all\u00e9e en Libye avec cam\u00e9ra cach\u00e9 pour faire des reportages sur les migrants, mais imaginez combien elle a pu d\u00e9penser, quels risques elle a pu prendre, quels interm\u00e9diaires elle a pu contacter,\u00a0 combien de mois son travail a pu prendre ? Mais, avons-nous les moyens pour faire de tels travaux ? Il faut financer ! M\u00eame ici quand nous partons\u00a0 \u00e0 Guiglo o\u00f9 il y a la crise, pour faire seulement deux jours, on prend le car. Le journaliste arrive l\u00e0-bas, s\u2019il a trop dur\u00e9, c\u2019est une semaine. Quand une r\u00e9daction a trop d\u00e9pens\u00e9, c\u2019est 100 milles,\u00a0 200 milles Fcfa. Mais, on doit pouvoir\u00a0 avoir des moyens pour d\u00e9penser 5 millions\u00a0 en restant dans la zone pendant un mois avec 4 journalistes. Mais comment nous faisons les reportages l\u00e0-bas dans la for\u00eat sacr\u00e9e ?\u00a0 Le journaliste fait au maximum une semaine et rencontre quelques personnes. Mais, il y aurait\u00a0 pu y faire un mois et vivre l\u00e0-bas; Vivre l\u00e0-bas au quotidien et venir avec des contenus. Nous sommes toujours dans l\u2019urgence, pourquoi ? Parce que nous n\u2019avons pas de ressources pour financer le travail sur le long terme. Parce que nous sommes press\u00e9s pour que les journalistes reviennent pour saisir l\u2019actualit\u00e9 et balancer l\u2019\u00e9v\u00e8nement pour passer \u00e0 autres choses, voil\u00e0 le probl\u00e8me. Aujourd\u2019hui, le chef de l\u2019\u00c9tat est \u00e0 Addis-Abeba, combien de journalistes ont pu partir ? La presse n\u2019a pas des moyens pour couvrir des \u00e9v\u00e8nements non seulement nationaux mais internationaux. Donc, nous devons avoir des ressources, une structure et un fonds ou du moins le Fonds de soutien au d\u00e9veloppement de la presse, doit aussi songer \u00e0 financer la production du contenu. Si d\u00e9j\u00e0, nous r\u00e9ussissons les abonnements, on aura la possibilit\u00e9 de d\u00e9gager un peu de suppl\u00e9ment en termes de ressources pour commencer nous-m\u00eames \u00e0 financer les d\u00e9placements, les reportages des enqu\u00eates, les grands genres, les interviews. Et avoir de l\u2019audace. L\u2019audace, c\u2019est quoi ? L\u2019audace, ce n\u2019est pas r\u00e9serv\u00e9 seulement aux journaux am\u00e9ricains et aux grands journaux. C\u2019est-\u00e0-dire, moi je prends un journaliste, et\u00a0 je dis tu pars aux \u00c9tats Unis, tu fais un mois, deux mois, ta mission est d\u2019obtenir une interview de Hilary Clinton\u00a0 ou du pr\u00e9sident am\u00e9ricain Donald Trump. Tu l\u2019approches, tu prends un mot,\u00a0 voyez-vous \u00e0\u00a0 Buckingham palace \u00e0 Londres les journalistes se d\u00e9guisent pour entrer dans le ch\u00e2teau pour voir les failles du syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9. Mais \u00e7a prend du temps. Pour voir comment ils arrivent \u00e0 approcher la reine. Mais si on ne sait m\u00eame pas si le journal va sortir demain, comment pouvons-nous d\u00e9velopper ces id\u00e9es-l\u00e0 ? Lorsqu\u2019on a un peu de ressources, c\u2019est pour rembourser nos dettes.\u00a0 En\u00a0 tant que patron de presse, je dis\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u2018\u2018Amani, va aux \u00c9tats-Unis, fais\u00a0 un mois, ram\u00e8ne le maximum de choses\u2019\u2019. Je ne profite pas de l\u2019assembl\u00e9e annuelle des \u00c9tats-Unis\u00a0\u00a0\u00a0 o\u00f9 tout le monde est l\u00e0.\u00a0\u00a0 Tu ne vas pas en formation, non rien mais je lui d\u2019aller\u00a0 voir comment l\u2019Am\u00e9rique est, et vit\u00a0 \u00e0 l\u2019\u00e8re de Trump .\u00a0\u00a0 Il\u00a0 dit qu\u2019on est la merde, mais\u00a0 est-ce que l\u2019Am\u00e9rique n\u2019est pas une merde? Tu pars pour deux mois,\u00a0 suivre les traces de Donald Trump. C\u2019est quoi l\u2019Am\u00e9rique d\u2019aujourd\u2019hui ?\u00a0 Il y\u2019a des sujets, mais comment les financer ? Puis avant d\u2019aller en voyage est-ce qu\u2019on a l\u2019argent ? M\u00eame\u00a0 pour financer \u00e7a en C\u00f4te d\u2019Ivoire ? L\u2019autre fois, je suis pass\u00e9 \u00e0 Adjam\u00e9 vers Renault. Je dis mais tiens, on ne va plus dans certains lieux parce qu\u2019on n\u2019a pas le temps. Pendant que j\u2019\u00e9tais l\u00e0-bas,\u00a0 cela m\u2019a donn\u00e9 une id\u00e9e.\u00a0 On peut trouver un envoy\u00e9 sp\u00e9cial. Un\u00a0 journaliste-correspondant permanent\u00a0 \u00e0\u00a0 Adjam\u00e9. il y\u2019a tellement de choses \u00e0 dire sur Adjam\u00e9. Mais aujourd\u2019hui, nous sommes combien dans nos r\u00e9dactions ? Est-ce qu\u2019on a fini de parler des choses, de certaines choses? Combien de nos journalistes peuvent accepter de passer toutes leurs journ\u00e9es \u00e0 Adjam\u00e9 dans le p\u00e9rim\u00e8tre au niveau de la gare pendant un mois et puis laisser tous les gombos? Mais, il faut financer \u00e7a, il faut payer.\u00a0 Il faut lui donner les ressources. Il faut que sa r\u00e9daction mette \u00e0 sa\u00a0\u00a0 disposition 50 mille francs par jour pendant un mois. Et tournant dans tous les coins et recoins d\u2019Adjam\u00e9, il va venir\u00a0 avec des \u00e9l\u00e9ments extraordinaires. Il va faire une monographie d\u2019une\u00a0 zone et non pas de tout Adjam\u00e9. Mais, uniquement de cette zone, il y\u2019a tellement de choses \u00e0 reconduire qu\u2019on peut produire. Il faut des ressources. Nous n\u2019avons pas ces ressources. Peut-\u00eatre l\u2019abonnement et les solutions envisag\u00e9es peuvent nous aider \u00e0 am\u00e9nager des ressources qui peuvent nous aider \u00e0 am\u00e9liorer la production de vente.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00cates-vous un patron de presse ou homme d\u2019Affaires ?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, bien s\u00fbr je suis un homme d\u2019affaires. Je suis journaliste. Mais g\u00e9rant de cette entreprise de presse. C\u2019est une affaire, c\u2019est une activit\u00e9 commerciale. D\u2019ailleurs, nos entreprises de presse sont membres de la Chambre de commerce et d\u2019Industrie. Donc, nous sommes des PME (des Petites et Moyennes Entreprises). Nous sommes une entreprise de service. Donc, c\u2019est une activit\u00e9, c\u2019est une entreprise avec un g\u00e9rant, \u00e7a vaut des affaires. Et nous avons une r\u00e9gie parce que l\u2019entreprise de presse va avec l\u2019agr\u00e9ment de r\u00e9gie. Parce que\u00a0 nous passons de la publicit\u00e9 dans nos journaux. Voyez, la diff\u00e9rence qu\u2019il y\u2019a entre un homme d\u2019affaires \u00e0 100% et un journaliste, c\u2019est que le journaliste, son m\u00e9tier est comme un virus dans son corps. Il ne peut pas s\u2019en passer. Donc, tout ce qu\u2019il gagne dans ses autres affaires, il vient l\u2019investir dans la presse. Ce, m\u00eame si son entreprise de presse ne lui rapporte rien. Mais, l\u2019homme d\u2019affaires \u00e0 100% ou l\u2019homme politique, lui, est beaucoup plus dans les calculs. Quand il constate qu\u2019il d\u00e9pense plus dans l\u2019entreprise de presse qu\u2019il n\u2019y gagne, il laisse tomber. Un journaliste n\u2019arr\u00eatera jamais. Parce que, c\u2019est son m\u00e9tier principal. C\u2019est son activit\u00e9. Du coup, il injecte dans son entreprise de presse, tout ce qu\u2019il gagne dehors. Il ne prendra pas cet argent pour construire des immeubles et vivre tranquille. Non ! La presse, c\u2019est une passion. C\u2019est un virus. Nous payons donc le prix fort de cette passion l\u00e0, mais, nous y sommes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ma question est relative \u00e0 l\u2019objectif vis\u00e9 par le Magazine. Pourquoi avoir mis l\u2019accent sur l\u2019an 1 de la 3e R\u00e9publique ?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est un rendez-vous \u00e9ditorial. Mais, en m\u00eame temps commercial et financier. C\u2019est une strat\u00e9gie marketing. Vous savez, avec le quotidien, on rend compte au jour le jour. On est press\u00e9, on est dans l\u2019urgence, dans l\u2019actualit\u00e9. Vous voyez le nombre de pages que nous avons accord\u00e9es \u00e0 certaines structures dans le magazine, on ne peut pas faire la m\u00eame chose dans le Quotidien. Si on veut parler l\u2019entreprise Artci, de la Cnps, des minist\u00e8res et des personnalit\u00e9s qui nous ont accord\u00e9s des interviews, \u00e7a ferait le journal quotidien lui seul.\u00c7a ne suffit pas. Donc, l\u2019objectif \u00e9tait de cr\u00e9er un rendez-vous pour favoriser plus d\u2019expressions, profiter pour promouvoir notre titre et profiter pour avoir un peu d\u2019argent \u00e0 travers des ressources publicitaires. Quand on regarde, l\u2019op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 b\u00e9n\u00e9fique pour nous \u00e0 100%. Mais, le potentiel n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 suffisamment exploit\u00e9. Parce que, nous avons 176 pages. Si nous prenons une page \u00e0 1 million F CFA minimum,\u00a0 nous aurions d\u00fb r\u00e9aliser un chiffre d\u2019affaires de 176 millions F CFA en vendant une page \u00e0 1 million F CFA. Mais, nous n\u2019y sommes pas parvenus.<\/p>\n<p>Je rappelle aussi que cette ann\u00e9e 2018 est l\u2019ann\u00e9e Houphou\u00ebt-Boigny. Cela a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 samedi dernier \u00e0 Yamoussoukro, parce que cela fera 25 ans que le p\u00e8re-fondateur de la C\u00f4te d\u2019Ivoire nous a quitt\u00e9s. Nous sommes venus plus de 10 ans apr\u00e8s. Je pense qu\u2019on ne pouvait pas choisir mieux, car, cela co\u00efncide. Nous avons d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9 quelque chose avec Houphou\u00ebt-Boigny, au niveau \u00e9ditorial. Nous l\u2019avons fait derni\u00e8rement pour retracer notre parcours avec Houphou\u00ebt-Boigny. Mais, nous aurons l\u2019occasion de revenir dessus. 2018 est aussi une ann\u00e9e qui sera marqu\u00e9e par beaucoup d\u2019\u00e9v\u00e8nements. Nous allons aussi int\u00e9grer Houphou\u00ebt-Boigny dans nos activit\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>On constate que des photos du magazine ne sont pas nettes.\u00a0 Et puis quel bilan faites-vous des 15 ans ?<\/strong><\/p>\n<p>Merci\u00a0 pour vos observations. Nous allons en tenir compte et am\u00e9liorer la qualit\u00e9 la prochaine fois. Comme on a dit, les \u0153uvres ne sont pas parfaites. Il\u00a0 y\u2019a des choses qu\u2019il faut am\u00e9liorer, c\u2019est important. Maintenant, en termes de conseils, j\u2019avoue, en 2003 d\u2019ailleurs, quand on d\u00e9marrait, beaucoup on dit qu\u2019on ne tiendrait pas trois (3) mois. Un an apr\u00e8s, ils disent que \u00e7a n\u2019allait pas aller loin. Aujourd\u2019hui, nous sommes l\u00e0, \u00e7a fait 15 ans. Il y\u2019a eu beaucoup de difficult\u00e9s. Il y\u2019a eu des moments o\u00f9 on a \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 d\u2019arr\u00eater. Il y\u2019a eu aussi le d\u00e9bat sur la mutation, \u00e0 faire. Fallait-il continuer le papier et ne pas prendre de l\u2019avance pour aller au num\u00e9rique et laisser le papier?\u00a0 On a fait tout ce d\u00e9bat et on est toujours l\u00e0, 15 ans apr\u00e8s. Si je devais donner des conseils, en termes de bilan, le fait d\u2019exister est d\u00e9j\u00e0 positif. L\u2019\u00c9tat certes, nous appuie, mais il faut reconnaitre avant \u00e7a en 2006, ce qui fait \u00e0 peu pr\u00e8s huit(8) ou neuf(9) ans, nous avions quand m\u00eame tenu sept(7) ans sans l\u2019aide de l\u2019\u00c9tat telle qu\u2019elle est dans sa forme. Donc, l\u2019aide de l\u2019\u00c9tat est arriv\u00e9e \u00e0 travers des appuis, des ordinateurs, en \u00e9quipement, des v\u00e9hicules \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Mais l\u2019aide publique \u00e0 l\u2019impression telle qu\u2019on la voit date de trois ou quatre ans. Avant cela, nous nous sommes d\u00e9brouill\u00e9s tout seul plus ou moins pendant une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Quand on fait une entreprise pour gagner de l\u2019argent. Maintenant, l\u2019entreprise de presse existe, avec l\u2019intelligent d\u2019Abidjan qui garantit des emplois. Elle\u00a0 fait vivre des familles et fait entendre sa voix au sein de la soci\u00e9t\u00e9 ivoirienne, dans les revues de presse aussi bien ici qu\u2019\u00e0 l\u2019international. De ce point de vue le bilan est positif. Bien entendu, au niveau de l\u2019\u00e9quilibre financier, oui il y a probl\u00e8me. Le bilan financier n\u2019est pas positif parce que nous sommes d\u00e9ficitaires de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re. Comme beaucoup d\u2019autres entreprises, nous avons des dettes fiscales, nous ne nous en cachons pas.\u00a0 Nous devons \u00e0 la CNPS, nous devons \u00e0 d\u2019autres structures, nous n\u2019avons pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 jour pendant longtemps. Nous sommes en train de r\u00e9gler cela\u00a0 \u00e0 travers des \u00e9ch\u00e9anciers, des n\u00e9gociations et il y a beaucoup d\u2019entreprises qui sont dans ce cas. Sur cet aspect, au niveau financier sp\u00e9cifiquement, la situation n\u2019est pas du tout positive. Mais en dehors de cela, par rapport \u00e0 d\u2019autres param\u00e8tres, je pense que le bilan est positif. Au niveau des ventes sp\u00e9cifiquement, la situation n\u2019est pas favorable parce que vous voyez les chiffres de ventes. On dit mais qu\u2019est-ce-qui se passe ? On a connu une progression. \u00c0 nos d\u00e9buts, nous tirions 10 000 exemplaires, nous vendions des num\u00e9ros extraordinaires. C\u2019\u00e9tait int\u00e9ressant. Nous avons fait\u00a0 des pics, nous avons r\u00e9alis\u00e9 de grands interviews avec de grands dossiers qui nous ont permis de vendre de nombreux num\u00e9ros. Mais aujourd\u2019hui, la situation est difficile. On se demande si \u00e7a pourrait marcher encore. Mais comme j\u2019ai propos\u00e9, il y\u2019a l\u2019abonnement auquel il faut songer, et puis aussi disposer de ressources pour renforcer nos contenus. Pour produire des contenus in\u00e9dits, pour investir dans la production de contenus, mettre au d\u00e9fi les journalistes, cr\u00e9er des challenges th\u00e9matiques, des sujets nouveaux qui fassent r\u00eaver les Ivoiriens. Sortir de la routine, du quotidien. Et puis, faire du focus et mettre l\u2019accent sur des choses qu\u2019on vit tous les jours, qu\u2019on ne consid\u00e8re pas mais qui pourrait int\u00e9resser, qu\u2019on pourrait mettre en vedette et autour duquel on pourrait cr\u00e9er l\u2019\u00e9v\u00e9nement. On va avoir l\u2019opportunit\u00e9 de revenir peut-\u00eatre \u00e0 un certain nombre de fondamentaux\u00a0 par nos d\u00e9buts. Il y\u2019a certaines rubriques qui ont fait notre notori\u00e9t\u00e9, que nous avons abandonn\u00e9es en cours de chemin. Nous\u00a0 allons \u00e9ventuellement y penser au moment du bilan, \u00e0 la fin de ces 15 ans. On a h\u00e9sit\u00e9 entre le relooker dans la p\u00e9riode de 15 ans. Donc l\u2019Intelligent nouveau, ce sera \u00e0 partir de 2019. Apr\u00e8s toute cette ann\u00e9e de c\u00e9l\u00e9bration dans le concept ancien. \u00c7a nous permettra de tirer les le\u00e7ons, d\u2019\u00e9couter les observations et puis d\u2019en tenir compte pour relancer l\u2019intelligent nouveau, la nouvelle marquette, le nouveau visage sur lequel\u00a0 nous allons travailler progressivement, nous allons lancer cela\u00a0 \u00e0 partir de l\u2019an prochain. Vous voyez bien que les grands \u2018\u2019 journaux \u2018\u2019,\u00a0 par exemple\u00a0 Jeune Afrique vient de proposer une nouvelle formule, une sorte de retour \u00e0 l\u2019ancien formule.\u00a0 Je ne sais pas si c\u2019est totalement nouveau. En\u00a0 parlant de Jeune Afrique, vous savez, on a choisi le nom l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan, en pensant \u00e0 Jeune Afrique, en les provoquant. Parce que quand le journal naissait en 2003, eux, ils s\u2019appelaient Jeune Afrique Intelligent et nous, c\u2019\u00e9tait l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan. Et nous pensions en nous appelant ainsi, ils s\u2019en seraient offusqu\u00e9s. Et le proc\u00e8s qu\u2019ils nous auraient fait, allait nous lancer. Mais, je pense qu\u2019ils ont compris notre petit jeu, notre provocation. Ils\u00a0 n\u2019ont pas fait de proc\u00e8s. Au\u00a0 contraire, ils ont appr\u00e9ci\u00e9 d\u2019avoir fait des \u00e9mules. Depuis ils ont cess\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u2019Intelligent, ils sont devenus Jeune Afrique tout simplement, et nous, on est rest\u00e9 avec le nom L\u2019Intelligent.\u00a0\u00a0 Mais, il y a L\u2019Intelligent de Yaound\u00e9\u00a0 au Cameroun. Il y\u2019en a dans deux ou trois pays peut-\u00eatre en Mauritanie. Et il y a des gens qui nous contactent pour ne pas prendre simplement le nom. Vous savez ce que Jeune Afrique n\u2019a pas fait, nous l\u2019avons\u00a0 fait. Le mot L\u2019Intelligent existe mais qu\u2019on en fait le nom d\u2019un journal, est ce qu\u2019on peut pr\u00e9server le nom pour en avoir la propri\u00e9t\u00e9 ?\u00a0 On a engag\u00e9 une proc\u00e9dure peut \u00eatre aupr\u00e8s de l\u2019OAPI ou m\u00eame de l\u2019Organisation mondiale de la propret\u00e9. On\u00a0 va voir si cela peut aboutir. Mais, les gens nous contactent de Dakar, de Conakry\u00a0 pour faire L\u2019Intelligent de Monrovia. C\u2019est pour cela, on a un probl\u00e8me par rapport \u00e0 notre mutation. On voulait passer de l\u2019Intelligent \u00e0 l\u2019IA. Mais est-ce que c\u2019est viable ?\u00a0 Nous allons\u00a0 voir. Ensemble, vous allez donner votre avis pour la r\u00e9flexion. On va d\u00e9cider \u00e0 la fin des 15 ans si on doit passer de\u00a0 l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan\u00a0 \u00e0 l\u2019IA. Jeune Afrique en abr\u00e9g\u00e9, fait JA mais c\u2019est JA \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du journal. Sur le march\u00e9, c\u2019est toujours jeune Afrique. Ils n\u2019ont pas franchi le cap pour devenir JA. Fraternit\u00e9 matin reste Frat-mat. Mais, nous est ce qu\u2019on doit faire\u00a0 ce que les autres n\u2019ont pas encore os\u00e9 faire. Lib\u00e9ration \u2018\u2019Lib\u00e9\u2019\u2019 mais c\u2019est toujours lib\u00e9ration. Ensemble poursuivons la r\u00e9flexion !<\/p>\n<p><strong>La R\u00e9daction<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au cours de la conf\u00e9rence de presse du lancement des festivit\u00e9s des 15 ans de l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan le lundi 29 janvier 2018, Alaf\u00e9 Wakili, le patron du journal a \u00e9chang\u00e9 avec les journalistes. Des questions directes et des r\u00e9ponses directes. 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