{"id":7722,"date":"2018-04-16T10:41:27","date_gmt":"2018-04-16T08:41:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=7722"},"modified":"2018-04-16T10:41:27","modified_gmt":"2018-04-16T08:41:27","slug":"la-chronique-du-lundi-le-prive-au-secours-du-developpement-en-afrique-le-role-clef-de-proparco-la-filiale-de-lafd-qui-vient-au-financement-du-prive","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/la-chronique-du-lundi-le-prive-au-secours-du-developpement-en-afrique-le-role-clef-de-proparco-la-filiale-de-lafd-qui-vient-au-financement-du-prive\/","title":{"rendered":"La chronique du lundi : Le priv\u00e9 au secours du d\u00e9veloppement en Afrique\/ Le r\u00f4le-clef de PROPARCO, la filiale de l\u2019AFD qui vient au financement du priv\u00e9"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une \u00e9volution qui a ses limites avec une forte croissance qui ne profite pas aux populations<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La transformation de l\u2019Afrique et son \u00e9volution peuvent se lire \u00e0 travers deux titres d\u2019un m\u00eame journal qui fait autorit\u00e9, The Economist : en 2000, The Economist titrait, \u00e0 propos de l\u2019Afrique : \u00ab The hopeless continent \u00bb. En 2013, le m\u00eame journal titrait : \u00ab Africa rising: a hopeful continent \u00bb. D\u2019une vision afro-pessimiste, qui d\u00e9crit une Afrique en proie \u00e0 la guerre, \u00e0 la corruption, \u00e0 la pauvret\u00e9, on est pass\u00e9 \u00e0 un afro-optimisme qui fait de l\u2019Afrique un Eldorado pour les investisseurs et le vecteur de la croissance mondiale. Des pays autrefois \u00ab faillis \u00bb, comme la Sierra Leone, le Mozambique, le Zimbabwe, l&#8217;\u00c9thiopie ou le Botswana, connaissent un redressement spectaculaire. En 2013, 15 pays africains font partie des 22 pays qui ont enregistr\u00e9 les meilleurs taux de croissance dans le monde. L\u2019Afrique, qui est devenue l&#8217;une des r\u00e9gions les plus dynamiques du monde, conna\u00eet, apr\u00e8s la premi\u00e8re ind\u00e9pendance, l\u2019ind\u00e9pendance politique des ann\u00e9es 1960, sa deuxi\u00e8me ind\u00e9pendance, l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9conomique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De fa\u00e7on \u00e9vidente, une spirale vers l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9conomique est enclench\u00e9e, ce qui permet aux experts autoproclam\u00e9s et aux \u00ab think tank \u00bb occidentaux de \u00ab vendre \u00bb la destination Afrique aux entreprises \u00e9trang\u00e8res, ce qui est une bonne chose. D\u2019ailleurs, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Aide publique au D\u00e9veloppement, constamment en baisse, la part des IDE (Investissements Directs Etrangers) augmente fortement et celle du financement interne par la mobilisation du potentiel fiscal africain, l\u2019am\u00e9lioration du climat des affaires afin de favoriser l\u2019investissement priv\u00e9 endog\u00e8ne, la valorisation des transferts de fonds de la diaspora africaine et la lutte contre les flux financiers illicites (corruption, \u00e9vasion de l\u2019argent public vers des paradis fiscaux ou des comptes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, fondations caritatives fictives). Or, l&#8217;Afrique peut financer son propre d\u00e9veloppement \u00e0 travers des dynamiques structurelles internes aliment\u00e9es par des ressources financi\u00e8res endog\u00e8nes, publiques ou priv\u00e9es. Aujourd\u2019hui, les gouvernements africains, lorsqu\u2019ils acceptent l\u2019am\u00e9lioration de la gouvernance \u00e9conomique et la d\u00e9mocratisation des soci\u00e9t\u00e9s, voient s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le financement du d\u00e9veloppement des Etats par des ressources internes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes les sources de financement, publiques ou priv\u00e9es, externes ou internes, doivent alors \u00eatre tourn\u00e9es vers la cr\u00e9ation d\u2019entreprises (PME, PMI, ETI), afin d\u2019industrialiser l\u2019Afrique. L\u2019industrialisation est le seul moyen de cr\u00e9er des richesses et de l\u2019emploi. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, la croissance est venue non pas de la transformation industrielle, mais de la vente des mati\u00e8res premi\u00e8res brutes, du secteur des services financiers et des t\u00e9l\u00e9communications. Or, ces secteurs sont d\u00e9tenus par des capitaux \u00e9trangers. L\u2019impact sur l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des populations reste tr\u00e8s limit\u00e9. J\u2019ai donn\u00e9, dans l\u2019une de mes Chroniques, l\u2019exemple du cacao. L\u2019Afrique est le premier producteur mondial de f\u00e8ve de cacao (73 % de la production, dont 35 % pour la C\u00f4te d\u2019Ivoire), mais le continent ne capte seulement qu\u20191 % des revenus issus de sa transformation, selon\u00a0 l\u2019Organisation Internationale du Cacao. En 2015, Le Pr\u00e9sident ivoirien Alassane Ouattara a inaugur\u00e9, la premi\u00e8re usine de production de chocolat dans la capitale \u00e9conomique de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, Abidjan. Mais, c\u2019est le chocolatier fran\u00e7ais C\u00e9moi qui a financ\u00e9 la construction du site. Notons cependant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un op\u00e9rateur priv\u00e9 \u00e9tranger, ce qui pose la question de la r\u00e9partition de la plus-value. Point positif : Premier producteur mondial de cacao, la C\u00f4te d&#8217;Ivoire entend s&#8217;imposer dans des secteurs plus lucratifs de cette industrie, la transformation de f\u00e8ves et la production industrielle de chocolat. Les investisseurs ivoiriens seront-ils au rendez-vous ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le priv\u00e9 au secours du d\u00e9veloppement en Afrique (1) : le r\u00f4le essentiel de PROPARCO<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ma derni\u00e8re Chronique, j\u2019\u00e9crivais : \u00ab Afin de faire face \u00e0 l\u2019immense d\u00e9fi de la cr\u00e9ation d\u2019emplois en Afrique, il est urgent, selon les bailleurs de fonds,\u00a0 de faire la promotion de la cr\u00e9ation d\u2019entreprises. \u00bb Je citais le directeur Afrique de l\u2019Organisation internationale du travail (OIT), Aeneas Chuma,\u00a0 qui affirmait : \u00ab Au cours de la prochaine d\u00e9cennie, les principaux d\u00e9bouch\u00e9s \u00e9conomiques viendront des Africains qui montent des entreprises, cr\u00e9ent des emplois et de la richesse, et saisissent des opportunit\u00e9s de croissance \u00bb. Un chiffre publi\u00e9 par la BAD doit faire r\u00e9fl\u00e9chir : le taux de ch\u00f4mage en C\u00f4te d\u2019Ivoire, si l\u2019on inclut le travail pr\u00e9caire et l\u2019\u00e9conomie informelle, oscille entre 70 et 90 %. Qui peut alors cr\u00e9er des emplois ? De toute \u00e9vidence, le secteur priv\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019AFD (Agence Fran\u00e7aise de D\u00e9veloppement), dont le montant des engagements atteint les 10,4 milliards d\u2019euros pour des financements publics, dispose d\u2019un bras arm\u00e9, PROPARCO, d\u00e9di\u00e9 au financement du secteur priv\u00e9 \u00e0 hauteur de 1,4 milliards d\u2019euros. PROPARCO souhaite, d\u2019ici 2020, porter ses engagements \u00e0 2 milliards d\u2019euros en misant davantage sur le \u00ab private equity \u00bb. Pour simplifier, le \u00ab private equity \u00bb se d\u00e9finit ainsi : op\u00e9ration par laquelle un investisseur ach\u00e8te des titres d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 qui recherche des fonds propres, soit pour sa cr\u00e9ation, soit pour son d\u00e9veloppement. PROPARCO, qui participe ainsi au financement du secteur priv\u00e9, n\u2019a pas vocation\u00a0 \u00e0 rester au capital de la soci\u00e9t\u00e9. Au Kenya, un march\u00e9 phare en Afrique de l\u2019Est, PROPARCO est venu au financement de la soci\u00e9t\u00e9 Sanergy, une start-up qui a re\u00e7u plusieurs prix pour son impact social. Sanergy a cr\u00e9\u00e9, \u00e0 Nairobi, une cha\u00eene de recyclage des d\u00e9chets, des excr\u00e9ments humains transform\u00e9s en engrais naturels et en nourriture pour b\u00e9tail. Les toilettes s\u00e8ches install\u00e9es par Sanergy sont exploit\u00e9es et g\u00e9r\u00e9es par des habitants, des \u00ab franchis\u00e9s \u00bb qui ach\u00e8tent, souvent \u00e0 cr\u00e9dit, leur toilette s\u00e8che, un investissement rentabilis\u00e9 au bout d\u2019un an. Une m\u00e8re de 3 enfants, qui a investi dans un \u00ab kit \u00bb de toilette s\u00e8che a doubl\u00e9 ses revenus. Le montage des \u00ab kits \u00bb fournit du travail localement. PROPARCO a financ\u00e9 une coop\u00e9rative agricole, KTDA, devenu un mod\u00e8le unique dans le monde. KTDA produit du th\u00e9 et vise les march\u00e9s iranien et am\u00e9ricain, Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de PROPARCO, Gregory Clemente, constate que les fonds de \u00ab private equity \u00bb sont tr\u00e8s actifs dans les \u00e9conomies de culture anglo-saxonne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019Afrique francophone est-elle en retard dans le d\u00e9veloppement du secteur priv\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La l\u00e9gende veut que le syst\u00e8me \u00e9ducatif en Afrique francophone a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour former des fonctionnaires, alors que celui de l\u2019Afrique francophone, nourrit de l\u2019esprit anglo-saxon, fabriquerait des \u00ab businessmen \u00bb, ce qui s\u00e9duit les investisseurs. N\u2019est-ce pas le Kenya qui a invent\u00e9 le \u00ab mobile banking \u00bb et le Nigeria qui a mis en place le visa \u00e9lectronique ? Les mentalit\u00e9s d\u2019entrepreneur sont-elles vraiment d\u00e9velopp\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 anglophone ? Le c\u00f4t\u00e9 francophone est-il encore trop timide ? Les r\u00e9alit\u00e9s sont plus complexes et tendent \u00e0 \u00e9voluer. La C\u00f4te d\u2019Ivoire est devenue l\u2019un des pays les plus r\u00e9formateurs au monde. Petit d\u00e9tail : il faut seulement deux jours pour monter sa soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 Kigali, au Rwanda, soit le m\u00eame d\u00e9lai qu\u2019\u00e0 New York.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">__________________________<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1.\u00ab Le priv\u00e9 au secours du d\u00e9veloppement en Afrique \u00bb, Anne Cheyvialle, Le Figaro Economie, vendredi 13 avril 2018, p. 19. Suivi de \u00ab Le Kenya, pays de \u00ab l\u2019or vert \u00bb, premier exportateur mondial de th\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Christian Gambotti<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Directeur g\u00e9n\u00e9ral du think tank<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Afrique et Partage<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Institut Choiseul<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Directeur de la Collection<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019Afrique en marche<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00e9volution qui a ses limites avec une forte croissance qui ne profite pas aux populations<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-7722","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7722","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7722"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7722\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7723,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7722\/revisions\/7723"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7722"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7722"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7722"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}