{"id":9714,"date":"2018-09-19T09:35:48","date_gmt":"2018-09-19T07:35:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/?p=9714"},"modified":"2018-09-19T09:36:20","modified_gmt":"2018-09-19T07:36:20","slug":"debat-africain-sur-rfi-quelle-rentabilite-pour-la-presse-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/debat-africain-sur-rfi-quelle-rentabilite-pour-la-presse-en-afrique\/","title":{"rendered":"D\u00e9bat africain sur Rfi : quelle rentabilit\u00e9 pour la presse en Afrique ?"},"content":{"rendered":"<p>Mahamadi Tiegna, Alaf\u00e9 Wakili, A\u00efcha Tamboura et Lancine Camara s\u2019expriment<br \/>\nMahamadi Tiegna (Directeur g\u00e9n\u00e9ral des \u00e9ditions Sidwaya), Alaf\u00e9 Wakili (DG de l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan), Lancin\u00e9 Camara (pr\u00e9sident de l\u2019Union internationale des journalistes africains) et Mme A\u00efcha Tamboura Diawara (directrice g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Institut des sciences et techniques de l\u2019information et de la communication du Burkina Faso) \u00e9taient les invit\u00e9s de l\u2019\u00e9mission \u201cLe d\u00e9bat africain\u201c, diffus\u00e9e le dimanche 16 septembre 2O18, sur les antennes de Rfi. <!--more-->Emission r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Abidjan \u00e0 l\u2019occasion de Abidjan Forum Media organis\u00e9 par l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan dans le cadre de la c\u00e9l\u00e9bration de ses 15 ans.<br \/>\nIls ont donn\u00e9 leurs avis sur les raisons pour lesquelles la presse n\u2019est pas rentable en Afrique. Ils ont \u00e9voqu\u00e9 les ressources publicitaires qui se font de plus en plus rares, avec la concurrence que livrent aux journaux, les nouveaux types de presse tels que la presse en ligne. \u00ab La difficult\u00e9 r\u00e9side dans le fait que les recettes publicitaires sont en baisse. Il y a beaucoup de demandes, la pression est donc forte. C\u2019est vrai qu\u2019il y a la presse en ligne qui nous fait la concurrence \u00bb, a lanc\u00e9 Alaf\u00e9 Wakili.<br \/>\nPour lui, les difficult\u00e9s sont aussi dues au manque de ressources pouvant permettre aux responsables d\u2019entreprises de presse de faire, \u00e0 la cr\u00e9ation, une planification sur une longue dur\u00e9e. \u00ab Je dis que nos entreprises n\u2019ont pas, \u00e0 la base, les ressources n\u00e9cessaires pour entamer un d\u00e9veloppement durable sur 2 \u00e0 3 ans, sans attendre les b\u00e9n\u00e9fices de fa\u00e7on imm\u00e9diate. C\u2019est aussi cela la difficult\u00e9. On ne peut pas tenir sur 3 \u00e0 6 mois, si l\u2019on n\u2019est pas un grand groupe, un media d\u2019\u00c9tat ou si l\u2019on n\u2019a pas de grands moyens. Pour mon exp\u00e9rience, c\u2019est cela la difficult\u00e9 de la presse africaine. Nous, l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan, sommes l\u00e0 depuis 15 ans et nous n\u2019avons jamais eu de b\u00e9n\u00e9fices, de rentabilit\u00e9 absolue. Parce qu\u2019au d\u00e9part, nous avons tabl\u00e9 sur 3 \u00e0 6 mois, avant de commencer \u00e0 avoir des b\u00e9n\u00e9fices. Et nous n\u2019avons jamais eu ces b\u00e9n\u00e9fices. Nous n\u2019avons jamais eu l\u2019investissement n\u00e9cessaire. Nous essayons donc toujours de vivoter\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<br \/>\nL\u2019analyse du Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan a \u00e9t\u00e9 amplifi\u00e9e par Mme A\u00efcha Tamboura Diawara, Directrice g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;Istic (L\u2019\u00e9quivalant de l\u2019Istc en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Ndlr). Pour elle, le probl\u00e8me se trouve \u00e0 la cr\u00e9ation m\u00eame de l\u2019entreprise de presse. \u00ab Il y a un probl\u00e8me de conceptualisation de la notion m\u00eame d\u2019entreprise de presse. Il faut respecter un certain nombre de conditions dans la cr\u00e9ation d\u2019une entreprise de presse. Il y a des fondements qui doivent \u00eatre pos\u00e9es au pr\u00e9alable, il y a des garantis \u00e0 avoir. M\u00eame au niveau de la gestion, il y a des conditions \u00e0 remplir. Une entreprise de presse doit fonctionner comme toute entreprise, peut-\u00eatre \u00e0 quelques exceptions, pour \u00eatre rentable pour s\u2019auto-suffire. Cet aspect-l\u00e0, manque au niveau des entreprises de presse en Afrique. Il faut faire un calcul sur la base du lectorat que l\u2019on vise et aligner le nombre de ses tirages sur les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude. Sinon, on court \u00e0 des pertes caus\u00e9es par un grand nombre de journaux invendus \u00bb, a-t-elle averti. Mahamadi Tiegna, directeur g\u00e9n\u00e9ral des \u00e9ditions Sidwaya (le journal public au Burkina Faso), lui, a affich\u00e9 une sorte de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 quant \u00e0 l\u2019avenir des m\u00e9dias d\u2019\u00c9tat. Il a m\u00eame pris l\u2019exemple de son organe qui selon lui, peut vivre sans l\u2019apport financier de l\u2019\u00c9tat Burkinab\u00e8. \u00ab Il est tout \u00e0 fait possible de rendre Sidwaya rentable sans les fonds de l\u2019\u00c9tat. C\u2019\u00e9tait la volont\u00e9 politique au d\u00e9part. Ce que je voulais dire, c\u2019est que l\u2019\u00c9tat a d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 ses obligations d\u2019information \u00e0 Sidwaya. Aujourd\u2019hui, nous pouvons rendre ce journal rentable. Le journal fonctionne tant bien que mal. Nous sommes d\u00e9j\u00e0 en ligne. Je ne parlerai donc pas de concurrence avec le net. Mais, il faut que nous puissions changer dans les mentalit\u00e9s. Car, l\u00e0 o\u00f9 le journaliste de Rfi a besoin d\u2019un ticket de m\u00e9tro pour un reportage, nous avons besoin d\u2019un v\u00e9hicule et 4 personnes. La machine est trop lourde\u00bb, a-t-il interpel\u00e9.<br \/>\nLancine Camara, pr\u00e9sident de l\u2019Union internationale des journalistes africains r\u00e9sidant en France, a point\u00e9 du doigt un manque de s\u00e9rieux de la presse africaine, dans le traitement de l\u2019information. Pour lui, en plus d\u2019avoir des patrons de presse trop soumis aux leaders politiques et avec une gestion qui laisserait \u00e0 d\u00e9sirer, les journalistes, eux, ne sont pas de qualit\u00e9. \u00ab J\u2019ai souvent rencontr\u00e9 des chefs d\u2019entreprises de presse. Ils m\u2019ont toujours dit que le premier facteur de rentabilit\u00e9 d\u2019une entreprise de presse, c\u2019est son efficacit\u00e9 et \u00eatre une structure de bonne gestion. Quand il s\u2019agit de rendre compte, c\u2019est-\u00e0-dire, lors qu\u2019il faut acheter un tel ou un tel autre papier, ou r\u00e9mun\u00e9rer un journaliste, tout d\u00e9pend de la mani\u00e8re dont le journal est structur\u00e9. D\u00e8s lors que l\u2019entreprise est bien structur\u00e9e avec des journalistes s\u00e9rieux, cela attire les annonceurs. En dehors du monde anglophone, il n\u2019y a pas d\u2019entreprises de presse s\u00e9rieux en Afrique. Parce que nous avons \u00e9norm\u00e9ment de journalistes qui ne sont pas de bons journalistes . En m\u00eame temps, les patrons ne sont pas de bons gestionnaires. C\u2019est pourquoi, on ne nous prend pas au s\u00e9rieux. Il faut sortir de cet \u00e9tat calamiteux, pour que le journalisme africain devienne un journalisme national et international, sans pour autant se vendre \u00e0 quelqu\u2019un qui finance au d\u00e9part le journal. Il faut se dissocier de cela. M\u00eame si un sponsor ou m\u00eame un Chef d\u2019\u00c9tat vous donne un p\u00e9cule, il faut lui dire d\u00e8s le d\u00e9part que ce n\u2019est pas du tout pour devenir le griot \u00bb, a-t-il interpel\u00e9.<br \/>\nAlaf\u00e9 Wakili a, par ailleurs, \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 se prononcer sur les raisons pour lesquelles les patrons d\u2019entreprises de presse en Afrique ne prennent pas le temps de r\u00e9aliser des \u00e9tudes de march\u00e9 et un business-plan, avant de lancer leurs entreprises. Ceci, afin de donner plus de chances \u00e0 leurs entreprises de durer dans le temps et faire des profits. Le DG de l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan a justifi\u00e9 cela par les difficult\u00e9s pour les patrons de presse d\u2019avoir le soutien des banques. \u00abC\u2019est vrai qu\u2019il faut avoir un \u00e9diteur, un imprimeur qui dira que faire pour que \u00e7a va marcher. Mais, en tant que journaliste, quand on devient \u00e9diteur, patron de presse, on int\u00e8gre tout. Si on doit faire l\u2019\u00e9tude, le business-plan et tout ce qui va avec, cela fait beaucoup d\u2019argent \u00e0 d\u00e9penser. Il faut aller voir les banques. Or, ce sont des investissements que les banques ne font pas, de fa\u00e7on \u00e9vidente. On se d\u00e9brouille avec nos moyens. On se lance avec ce qu\u2019on peut trouver comme partenariat. On se dit qu\u2019\u00e0 la bonne fortune. \u00c7a marche 3 mois ou 6 mois et on voit jusqu\u2019\u00e0 o\u00f9 on peut aller. Il y a une id\u00e9e, une vision. On veut cr\u00e9er un journal. Mais, si on devait prendre en compte tous les param\u00e8tres qu\u2019a \u00e9voqu\u00e9s Mme la Directrice pour mettre sur place une entreprise de presse, on ne ferait jamais rien. Certes, il s\u2019agit d\u2019une entreprise de presse. Mais, moi, je vois le journal comme un livre qu\u2019on veut \u00e9crire. C\u2019est donc la libert\u00e9 d\u2019une pens\u00e9e et celle d\u2019une expression \u00bb, a fait remarquer le DG Alaf\u00e9 Wakili.<\/p>\n<p><em><strong>J-H Koffo<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mahamadi Tiegna, Alaf\u00e9 Wakili, A\u00efcha Tamboura et Lancine Camara s\u2019expriment Mahamadi Tiegna (Directeur g\u00e9n\u00e9ral des \u00e9ditions Sidwaya), Alaf\u00e9 Wakili (DG de l\u2019Intelligent d\u2019Abidjan), Lancin\u00e9 Camara (pr\u00e9sident de l\u2019Union internationale des journalistes africains) et Mme A\u00efcha Tamboura Diawara (directrice g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Institut des sciences et techniques de l\u2019information et de la communication du Burkina Faso) \u00e9taient [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":9715,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,18],"tags":[],"class_list":["post-9714","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-featured","category-economie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9714","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9714"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9714\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9717,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9714\/revisions\/9717"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9715"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9714"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9714"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lintelligentdabidjan.info\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9714"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}