Dernère publication
Depuis le jeudi 6 février 2025, les machines DT ADT, pelles hydrauliques, chargeuses et graders de la société minière EPSA, basée à Angovia, localité située à 30 km de Bouaflé dans la région de la Marahoué, sont à l’arrêt. Et pour cause : près de 600 travailleurs de ce site et d’autres sites miniers du même village ont décidé d’observer un arrêt de travail pour protester contre la non-satisfaction de leurs revendications.
Ils exigent le départ immédiat et sans condition de leur directrice des ressources humaines, M’Bahia Tété Sophie, ainsi que de son staff (les superviseurs), qu’ils accusent de connivence avec la direction pour leur infliger un traitement injuste. Lors d’une conférence de presse, Sidibé Lamine, secrétaire général du syndicat des travailleurs miniers (Syntra-EPSA-Yaouré), a dénoncé les conditions de travail difficiles et discriminatoires que subissent les employés locaux depuis près de quatre ans. Selon lui, ils sont lésés, marginalisés et maltraités au profit des ouvriers expatriés. « Tout cela, simplement parce que nous avons créé un syndicat ! », a-t-il martelé, dénonçant une discrimination flagrante.
Les revendications des travailleurs
Parmi les revendications principales, figurent : Le paiement de la prime de logement et des rappels ; La régularisation du paiement des heures supplémentaires (actuellement, ils travaillent 14 jours mais ne sont pointés que 12 jours) ;Le paiement correct de la prime M2 (jugée mal calculée pour les représentants) ;Le versement de la prime de fidélité ;L’arrêt des entraves à la liberté syndicale ; La prise en charge de l’assurance complémentaire ;L’application des congés de maternité payés ;La cessation des licenciements abusifs sans indemnisation. Selon le syndicaliste, les travailleurs sont exploités par la direction espagnole, qui refuse toute forme d’organisation syndicale, ce qui est une violation des droits du travail en Côte d’Ivoire. « Nous sommes dans un pays de droit et de liberté. Pourquoi nous priver de nos acquis simplement parce que nous avons organisé une assemblée générale ? », s’est-il insurgé. Il a précisé que les travailleurs ne reprendront le travail qu’à condition d’obtenir : Le départ immédiat du DRH et de son staff ; Le paiement de la prime de fidélité ; L’engagement de la direction à ne pas exercer de représailles après cette grève. « Nous voulons négocier directement avec le patronat à Madrid. Si ce n’est pas le cas, nous paralyserons EPSA jusqu’à nouvel ordre ! », a-t-il averti.
« Réactions de la direction et des autorités locales »
M’Bahia Tété Sophie, la DRH d’EPSA, a indiqué qu’un communiqué de presse sera publié sous peu et qu’un processus de dialogue sera engagé avec les grévistes. D’après nos sources, peu après la conférence de presse, une réunion a été convoquée à Bouaflé par le préfet de région, réunissant la direction d’EPSA, les structures minières locales et la notabilité villageoise d’Angovia. Selon un ouvrier sous anonymat, la direction aurait accepté de payer la prime de fidélité à la fin du mois de février, mais aurait rejeté les autres revendications principales. Face à cela, les travailleurs refusent toujours de reprendre le travail et maintiennent leur grève jusqu’à nouvel ordre.
Harry Diallo, depuis Angovia





