Pôle pénal économique ,financier ,Des audiences marquées par la barrière linguistique , affaires de trafic,

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Les audiences du jeudi 30 avril au pôle pénal économique et financier ont présenté une configuration inhabituelle, marquée notamment par des difficultés de communication entre les prévenus et la juridiction.

Premier dossier examiné : celui de Barry Aboubacar, poursuivi pour trafic de cannabis entre la frontière ivoirienne et celle du Ghana. À la barre, le prévenu s’est retrouvé dans l’incapacité d’assurer sa défense, ne comprenant ni ne parlant le français. S’exprimant exclusivement en moré, un dialecte du Burkina Faso, il a nécessité l’intervention improvisée d’un agent d’entretien du pôle, de nationalité burkinabè, qui s’est porté volontaire pour assurer la traduction.

Selon les éléments évoqués à l’audience, Barry Aboubacar a accepté d’aider un individu transportant de la drogue après une panne de moto. Ce dernier lui a confié un colis qui s’est révélé contenir du cannabis lors d’un contrôle à la frontière par les forces de l’ordre. À l’issue des débats, le parquet a requis une peine de 5 ans de prison assortie d’une amende de 50 millions de francs CFA. Le délibéré est attendu pour le 28 mai.

Dans la foulée, sept autres affaires inscrites au rôle ont été renvoyées au 21 mai 2026, faute de traducteur, illustrant les contraintes opérationnelles liées à la diversité linguistique des prévenus.

Autre dossier examiné au cours de cette audience : celui de Moussa Abdoulaye et de Kobandé, poursuivis pour tentative d’exportation illicite de café et de cacao vers le Burkina Faso. Grâce à l’assistance du traducteur, il est ressorti qu’ils appartiendraient à un réseau de transporteurs burkinabè opérant régulièrement entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Ce groupe, spécialisé dans le transport de bétail et de vivriers, a dissimulé du café et du cacao dans un chargement afin d’échapper aux contrôles.

Cependant, les agents de contrôle à la frontière, à l’aide d’un scanner de détection, ont relevé des anomalies ayant conduit au déchargement du camion. La fouille a permis de découvrir les produits prohibés, cachés sous d’autres marchandises.

Pour ces faits, le parquet a requis une peine de 24 mois de prison et une amende de 30 millions de francs CFA. La décision est attendue le 21 mai 2026.

Olivier Dion avec Gerard Batoua

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