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Du 13 au 28 mai 2026, le public abidjanais est invité à découvrir cinquante années de création du peintre ivoirien Grobli Zirignon, à l’auditorium de la CAISTAB, à Abidjan-Plateau.
L’annonce a été faite le 2 mai 2026 par l’artiste, également psychanalyste, lors d’une rencontre tenue à la Rotonde des Arts contemporains. Le vernissage est prévu le 13 mai, suivi d’une exposition ouverte jusqu’au 28 mai 2026.
Placée sous le thème « Esprit des arts premiers », cette exposition met en lumière des œuvres inspirées de forces dites surnaturelles. « Ces tableaux, ce n’est pas moi qui les fais. Je ne dessinais pas. C’est l’esprit qui me les envoie. Je ne pouvais donc pas les signer. Je les exposais dans mon appartement. Les gens défilaient pour les admirer, mais moi, j’avais peur, parce que cela venait de loin », confie l’artiste, évoquant ses débuts dans les années 1970 en France.
Le parcours de Grobli Zirignon trouve ses racines dans une histoire personnelle marquée par l’exil. Parti de la Côte d’Ivoire à l’âge de 12 ans, grâce à une bourse d’État, il vit difficilement la séparation avec ses parents. Cette rupture engendre en lui des tensions intérieures qu’il canalise progressivement à travers la peinture.
« Ce qui m’a poussé vers la peinture, c’est la quête de la paix intérieure. Pendant longtemps, je ne dormais pas. Peindre est devenu un moyen de libération. Il ne s’agissait pas de dessiner, mais d’évacuer des pulsions internes. Le gribouillage m’a beaucoup aidé. Peu à peu, des formes apparaissaient, que je délimitais au noir pour les mettre en relief », explique-t-il.
L’exposition retracera ainsi les différentes étapes de son parcours : ses années d’errance en Europe, son retour en Côte d’Ivoire en 1977, puis sa maturité artistique.
Psychanalyste de formation, Grobli Zirignon présentera également son concept de thérapie par l’art, baptisé « Psychart-thérapie », qui associe psychanalyse et création artistique. « Chaque forme que je produisais, je l’interrogeais. C’est ainsi que j’ai élaboré la Psychart-thérapie. Au départ, je pratiquais l’art-thérapie : créer puis détruire pour libérer une charge émotionnelle. Dans cet état, il n’y a ni réflexion ni stratégie esthétique », précise-t-il.
Jean-Hubert Koffo





