3e Conférence entomologique de Côte d’Ivoire (CECI-3): L’innovation scientifique au cœur de la lutte contre les insectes nuisibles

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 La maîtrise des  secteurs nuisibles au cœur des  réflexions

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L’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro abrite, du 5 au 8 mai 2026, la troisième édition de la Conférence entomologique de Côte d’Ivoire (CECI-3). Co-organisée par la Société entomologique de Côte d’Ivoire et le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI-PASRES), cette rencontre savante se tient autour du thème : « Innovation, contribution de l’entomologie et approches transdisciplinaires face aux défis agricoles, sanitaires et environnementaux pour un développement durable et inclusif ».

La conférence réunit chercheurs, universitaires, experts, étudiants, entreprises et décideurs venus de plusieurs pays d’Afrique, Europe et d ’Amérique. Elle vise à promouvoir l’innovation scientifique en entomologie, renforcer les capacités des acteurs et favoriser la co-construction de solutions adaptées aux enjeux agricoles, sanitaires et environnementaux.

Sur le plan agricole, les insectes ravageurs représentent une menace majeure pour la sécurité alimentaire en Afrique. Des espèces comme Spodoptera frugiperda ou Tuta absoluta causent d’importants dégâts aux cultures, impactant les rendements et les revenus des producteurs. Les spécialistes recommandent une approche intégrée combinant biocontrôle, biopesticides, outils numériques et savoirs locaux.

Sur le plan sanitaire, les maladies vectorielles demeurent préoccupantes. Le paludisme continue de faire des centaines de milliers de victimes chaque année, tandis que des arboviroses comme la dengue et le chikungunya progressent dans les zones urbaines, portées par des moustiques tels que Aedes aegypti. Les avancées en génétique et en intelligence artificielle ouvrent toutefois de nouvelles perspectives en matière de prévention et de surveillance.

La conférence aborde également le déclin des insectes bénéfiques, notamment les pollinisateurs, dont la disparition menace les équilibres écologiques. Une mobilisation collective s’impose pour préserver la biodiversité et garantir la durabilité des écosystèmes.

Organisée en format hybride, la CECI-3 prévoit environ 150 communications scientifiques et 50 posters, avec plus de 250 participants attendus. Les travaux s’articulent autour de trois axes : la gestion durable des insectes ravageurs et sécurité alimentaire, les insectes vecteurs, santé humaine et animale  et les politiques publiques et sociales  et le rôle des insectes liés au développement durable.

Le secrétaire général du FONSTI, Dr Sangaré Yaya, a insisté sur la nécessité de valoriser les résultats de la recherche afin d’éclairer les décisions publiques et améliorer les conditions de vie des populations.

Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur, Djimbala Diakité a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de l’État à faire de la recherche scientifique un levier de développement, tout en appelant au renforcement de la coopération internationale face à des défis globaux.

Peu avant, dans son discours de cadrage,  le président  de la société Entomologique de Côte d’Ivoire, Koudou Benjamin, a invité les jeunes chercheurs  à s’engager, à être curieux tout en renforçant leurs  capacités à innover. Car, a-t-il souligné,  «  Vous constituez un atout essentiel pour l’avenir de notre société savante, c’est à travers vous que se construirons  les réponses durables aux défis sanitaires environnementaux et agricoles de demain », a-t-il indiqué.

 Harry Diallo, depuis Yamoussoukro

 

 

 

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